Jeudi 14 février 2008

Crunch time

Cette fois, ça sent le souffre. On a beau disserter (et moi le premier), sur la beauté du tournoi des VI nations, sur les valeurs du rugby, à un moment où à un autre  vient le temps de la vérité. Et il n'est de vérité plus crue, plus âpre, plus acide, que celle d'un France-Angleterre. 

Le contexte est tout trouvé: d'un côté, une équipe de France séduisante mais un peu fragile sur la voie d'un hypothétique grand chelem, de l'autre, un XV de la rose  qui a du mal à se dire qu'il n'est plus qu'un rouleau-compresseur rouillé  et qui s'est incliné à domicile contre le Pays de Galles avant de gagner chichement en Italie. On est tenté de se dire que la venue de la perfide Albion (Albion est le géant grec tutélaire de l'île de Grande-Bretagne) au Stade de France le samedi 23 février prochain (et en prime time !) permettra de prendre une revanche sur la désillusion de la demi-finale de la Coupe du monde. 

Mais voilà, ce n'est jamais si simple le sport, même à haut niveau. Car les Anglais sont, et il faut bien, la gorge serrée, le reconnaître, toujours dangereux lorsque on les prend de haut. En un instant, cette équipe solide mais sans génie peut se transformer en machine de guerre, et les Français doivent s'en souvenir. L'hiver dernier, à la même période, nous faisions les coqs en calculant à l'avance la raclée que nous allions leur infliger dans leur temple de Twickenham. Résultat, une défaite 26-18 et un Grand Chelem imperdable perdu. Et si la plaie du mondial était coterisée, je reparlerais de cette immonde soirée d'octobre.

Bref, il faut toujours se méfier des Anglais, surtout quand on ne les attend pas. Concepteurs de ce jeu, ils en maitrisent les méandres (sportifs et extra-sportifs) mieux que quiconque et sont passés maître dans l'art de régler le cursus du fair-play, notamment quand vient le "crunch time" comme la presse londonienne surnomme ces magiques France-Angleterre, ses batailles finissantes sur de  cyniques "good game" de la part de nos adversaires, où de Marseillaises endiablées. Car la seule chose qui importe dans ce match, c'est de gagner (au diable la manière !), contre les apotres du "win ugly", pour venger le pêché originel (non, je ne parle pas de Jeanne d'Arc), celui de la condescendance héréditaire de ses fils d'aristos pour les paysans et les ouvriers bourrus du sud-ouest français, renforcés par quelques médecins: les britanniques se veulent plus coubertinistes que Coubertin !

par François publié dans : Chroniques communauté : Apprentis journalistes
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Vendredi 8 février 2008

Sur le site de Télérama, une série d'articles intéressante sur le traitement du conflit au Tchad par les JT de France 2 et TF1...

http://television.telerama.fr/television/25120-le_tchad_dans_les_jt_les_ressortissants_vont_bien_merci.php

Bonne lecture

par Ecole de Journalisme de Sciences Po publié dans : A propos de journalisme
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Mercredi 6 février 2008

Le chardon manquait de piquant, le trèfle portera-t-il bonheur ?

Le rugby est un curieux monde où se croisent faune et flore. La France s'enorgeuillit de son gallinacé chantant fièrement sur des torses bombés et bodybuildés, ce que font aussi les Argentins avec leur jaguar (injustement assimilé à un puma), les Australiens avec leur wallaby et les Sud-africains avec leur gazelle (springbok).

Dans le tournoi néanmoins, les Bleus sont les seuls représentants du règne animal. Les Italiens ont opté pour une impériale couronne de laurier, les Anglais ont leur piquante rose, les Ecossais leur diabolique chardon, et les Irlandais leur vert trèfle (à trois feuilles, ce qui est en soi un symbole). Les Gallois, eux, réalisent un syncrétisme des règnes en associant le poireau aux plumes d'autruche.

Voilà pour la partie culture G, retour au labeur. L'équipe de France a bien joliment entamé son tournoi le week-end dernier en fessant les Ecossais à Edimbourgh (27-6), et en offrant un projet de jeu alléchant basé sur la vitesse, l'évitement, la prise d'initiative. On attendait au tournant cette nouvelle équipe dont l'identité devait se construire en réaction au jeu austère des années Laporte, et l'on ne fût pas déçu. Dans la presse, les louanges succédèrent aux interrogations, et voici que Vincent Clerc (auteur d'un match magistral avec 2 essais au compteur) se vit nommé "meilleur ailier du monde" par l'Equipe...
Soit, le résultat fût à la hauteur des espérances, mais il ne faudrait pas être trop dithyrambique avec ces jeunes bleus, et ne pas oublier que l'opposition offerte par les guerriers des Highlands était bien faible et décevante. D'autant que de nombreux secteurs restent à travailler: la mêlée (qui s'est réglée en deuxième période), le jeu au pied (très approximatif), et un gout de l'attaque aux limites de la témérité qui aurait pu couter cher contre d'autres équipes.

Autre lieu, autres moeurs, aux Ecossais succèdent les Irlandais, fiers porte-étandards du "fighting spirit" et de la Guinness, et dont les choeurs envahiront les rues et les pubs de Paris ce week-end. Vainqueur dans la douleur de leur premier match face à l'Italie (16-11), les Verts d'Irlande sont d'un autre tonneau que les marines Ecossais. Equipe puissante, compacte et expérimenté, elle est capable d'imposer ses shémas de jeu aux autres nations (oui, le jeu de rugby relève bien de l'architecture). Bien que vieillissante et victime d'un manque de renouvellement chronique qui la plombe depuis l'an dernier, ce groupe garde de sérieux arguments, dont un jeu au pied et une touche conquérants.

Tout cela, Marc Lièvremont le sait bien, et l'a incorporé dans sa composition d'équipe. Le groupe de 22 joueurs reste inchangé, à l'exception du forfait du troisième ligne Elvis Vermeulen remplacé par le Montpeliérain Louis Picamolles, mais le XV de départ change. Au total, ce sont six modifications qu'apportent les sélectionneurs.
Le solide catalan Nicolas Mas sera titulaire à droite de la mêlée pour apporter son poids à un secteur chahuté à Murrayfield. Swarzweski, Bonnaire et Skrela, remplaçants en Ecosse, entreront pour amener de l'expérience et, pour l'ouvreur parisien, un jeu au pied rodé au niveau continental. En deuxième ligne, signe de la science de l'adaptation des sélectionneurs, le rugueux albigeois Arnaud Méla relayera le plus joueur Loic Jacquet. Place au roulement aussi à l'aile, où Aurélien Rougerie prendra la place de Vincent Clerc, signe que rien ne sera acquis dans cette nouvelle équipe de France.
Malgré tout, avantage à la France, elle qui n'a pas perdu face aux coéquipiers de Brian O'Driscoll depuis 2003, et dont le  trèfle nous porte généralement chance.

Mais, comme à chaque match, la seule vérité qui compte sera celle du pré, et toutes les conjectures seront vaines si les Bleus ne gagnent pas. Le syndrome de la coquille vide frappera alors les commentateurs sportifs, qui reviendront à leur instrument favori, le poignard.
par François publié dans : Chroniques
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Lundi 4 février 2008
drwho6bg.jpgNouvelle divagation à propos de journalisme : l'épisode 7 de la saison 1 des nouveaux Dr Who ! Mais qu'est-ce que c'est ? Dr Who est une série anglaise culte produite par la BBC depuis les années 1960. Après un arrêt, la production d'épisodes a repris en 2005 et vous pouvez les voir en français toutes les semaines sur France 4, qui diffuse actuellement la troisième saison de ces nouveaux Dr Who.  Le synopsis de base : le Docteur est un voyageur temporel, son vaisseau (le TARDIS) a la forme d'une cabine téléphonique londonienne, et il a embarqué Rose, une humaine de notre époque, dans ses aventures. Bref, c'est tout à fait britannique, à la fois drôle et bien foutu (c'est pas Julie Lescaut quoi).

Dans l'épisode en question, le Docteur, Rose et Adam (qu'ils ont embarqué à l'épisode précédent) débarquent en l'an 200 000 sur le Satellite 5 qui est totalement dédié aux médias. ils vont y découvrir les nouvelles méthodes de travail des journalistes du futur... C'est un peu long (40 minutes) et en VO, mais ça en vaut la peine :

http://player.sidereel.com/player.html?file=http://69.10.34.106/rar1/doc/doc107.rar

En meilleure qualité : http://www.fanpop.com/spots/doctor-who/videos/684194

Enjoy !
par Louis publié dans : A propos de journalisme communauté : Apprentis journalistes
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Dimanche 3 février 2008
Les journées portes ouvertes de l'école de journalisme de Sciences-Po auront lieu le samedi 16 février de 10h à 18h.


Une table ronde est prévue à 16h, en présence de Laurent Beccaria (XXI), Edwy Plenel (Mediapart), Xavier Monnier (Bakchich) et Pierre Assouline (La République des livres), sur le thème : "Livres, journaux, Internet, où va l'enquête ?"






Recto.jpgJPOVerso.jpg
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
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Dimanche 3 février 2008
Cela fait plus de deux jours  que le directeur de la publication d'In Vodka Veritas est retenu en otage  par Rupert Murdoch. Ensemble, mobilisons-nous . Ne l'oublions pas.undefined
par Ecole de Journalisme de Sciences Po publié dans : Perles
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Vendredi 1 février 2008
Pour un portrait de Laurence, une smokeuse en résistance, que je faisais pour un cours (et que je publierai ici promis), j'ai vu Laurence deux-trois fois. Elle m'a toujours tutoyée et je l'ai toujours vouvoyée, alors qu'une fois j'étais à un "happy nicotine", un happening de clopeurs fâchés tout rouge où j'étais complètement embedded avec elle et ses potes.

La fois d'après, on s'est vues juste toutes les deux et elle m'a dit texto "Tu peux me tutoyer tu sais" Me voilà bien gênée... Ca m'a fait penser au post que Jérôme (www.c0wb0yz.com) m'avait laissé sur Facebook:

"coucou say, je suis attentivement ton blog et celui d'ivan, c'est très intéressant, je me faisais simplement une réflexion : vous apprenez le métier et vous partagez chacun vos impressions sans trop vous censurer (ce qui rend aussi l'expérience intéressante, j'en ai bien conscience), mais mine de rien parfois ça donne l'impression que vous vous prenez bien le chou sur pas grand chose. Par exemple, le coup d'Ivan de dire : "Je me suis laissé tutoyer et j’ai cédé, j’ai tutoyé - la faute ! c'est pas un peu exagéré ? bref ton avis m'intéresse."

AAAAAAAAAAAAAAAARGH! COMMENT IMPUDENT? SE PRENDRE LE CHOU POUR RIEN? MAIS NE SAIS DONC TU PAS LES QUESTIONS EXISTENTIELLES QUE PROVOQUE LE TUTOIEMENT CHEZ LES JOURNALISTES?

Pas de problème, bienvenue dans notre monde:

Ivan avait donc enquêté sur Seybah Dagoma candidate socialiste dans le 1er arrondissement de Paris, et avait donc parlé à plein de gens dans la section socialiste. Et il écrivait:

Je me suis laissé tutoyer et j’ai cédé, j’ai tutoyé - la faute ! Je connais la théorie, mais je n’ai pas eu le réflexe de refuser, ou plutôt pas su comment formuler le refus. C’est le genre de choses qu’on regrette immédiatement, dès qu’on prononce “tu”. Est-ce que je demande à revenir au “vous”?

J'avais répondu, toute auréolée de ma bienpensance
"Je comprends que tu n’aies rien dit quand il t’a tutoyé, mais pourquoi l’avoir tutoyé en retour?
Je veux dire, t’aurais juste pu continuer à le vouvoyer même alors qu’il te tutoyait nan?
On arrive bien à vouvoyer bérangère et stéphanie [assistantes de la direction à l'Ecole] alors qu’elles ont juste genre deux ans de plus que nous!"

Et bien oui, c'est un grand problème chez les journalistes, le tutoiement. Genre le big no-no.
Si possible tu ne te laisses pas tutoyer. MAIS SURTOUT SURTOUT TU NE TUTOIES PAS SINON TU MEURS!

Pourquoi? L'idée c'est que le tutoiement est un rapprochement, même s'il est purement sémantique ou grammatical, et qu'en tant que journaliste, tu es censé toujours garder une certaine distance. Il faut pas que ton interviewé pense que tu es son pote. Il risque de pas comprendre quand tu sors ton article sur lui/elle où il y aura logiquement un aspect critique, voire de se sentir trahi! ou alors de te prendre pour son organe de comm'.

Je me rappelle de Gérard Bonos, un de nos profs de radio, qui nous avait dit "Je vouvoie toujours mes collaborateurs. Un "Vas te faire foutre" part beaucoup trop vite quand vous tutoyez". Le "tu" est tout de suite plus dans l'affect, non?

Y a pas que nous et nos profs qui en parlent:



Au moment des présidentielles, Le Monde avait eu une -- à mon avis-- très bonne idée, demander aux journalistes qui suivaient Sarkozy et Royal d'écrire un making off. Ca a donné "Ma vie avec Sarko" et "Ma vie avec Ségo"

Dans "Ma vie avec Sarko", Philippe Ridet écrivait

"Tout Sarkozy est là : s'appuyer sur une relation ancienne et professionnelle - elle date du milieu des années 1990 - et surjouer la connivence pour mieux déjouer la critique. Axiome sarkozyste : on ne peut me faire le reproche de ce que je ne cache pas. Problème journalistique : comment profiter de sa proximité avec son sujet sans en être l'otage ? Resurgissent de nombreuses heures passées à suivre son activité. Ici, des rendez-vous dans son bureau de maire de Neuilly lorsqu'il s'empiffrait de chocolat, rongeant son frein de ne pouvoir partir à la conquête du RPR en 1999. Là, un retour en voiture d'Amiens à Paris, après une réunion publique, où il évoque son divorce et son souci de toujours : envoyer une carte postale à ses enfants où qu'il se trouve. Ailleurs, des félicitations pour un mariage, une naissance. Ne pas exclure qu'il puisse être sincère. L'intime et le politique imbriqués au point de ne faire qu'un. Et ce tutoiement qui s'est installé entre nous. Comment dire vous à celui qui vous dit tu ? Pas trouvé."

Sur Acrimed, j'ai trouvé (http://www.acrimed.org/article2560.html) une retranscription d'Arrêt sur images de février dernier

- Daniel Schneidermann : « Et, vous, vous le tutoyez ? »
- Philippe Ridet : « Oui, parce que j’ai pas considéré que... Enfin... C’est-à-dire que je me disais que répondre "vous" à quelqu’un qui me disait "tu", je trouvais qu’il y avait quelque chose d’un peu impoli ou d’agressif, et comme j’étais pas particulièrement gêné par ça... Alors, il est arrivé que je trouve que ce soit gênant, puis d’autres fois où je me dis que c’est pas gênant. Enfin... En fait, c’est un travail d’ajustement permanent, quoi. C’est ça qu’est agréable, en fait. »


Ben non, c'est gênant moi je trouve de tutoyer. C'est vrai que c'est un peu bizarre de vouvoyer mais c'est quand même mieux. Pour en revenir à Laurence, après lui avoir expliqué mon problème, elle m'a dit qu'elle comprenait très bien. Quand elle avait voulu à un moment interviewer quelqu'un qui lui était cher, elle l'avait vouvoyé alors que d'habitude elle le tutoie. Elle avait eu beaucoup plus de réponses en faisant ça, à son avis.
 Elle m'a proposé de nous tutoyer quand nous étions en mode "off", avant et après une interview, quand je n'avais pas mon carnet de notes ouvert quoi, et de repasser en vouvoiement dès que j'étais en mode journaliste.
Solution testée, qui n'était pas trop bizarre, mais est-ce la bonne? Est-ce qu'on n'est pas toujours un peu journaliste même quand on n'est pas en train de noter ce qui se passe?

Vous en pensez quoi?
par Cécile publié dans : Les grands débats communauté : Apprentis journalistes
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Vendredi 1 février 2008
XV de France: fin de l'ère Madrange-Lustucru, retour au      gigot-haricot des familles

Comme réclamé par certains (parfois avec insistance, ce qui me fait plaisir), je vais m'épancher sur les tribulations de l'ovalie pendant la durée du tournoi des VI nations. Pour ceux qui ne sont pas du sérail, un simple rappel: le vénérable tournoi qui commence dimanche existe de puis l'hiver 1882-1883, lorsque Gallois, Ecossais, Irlandais et Anglais ont décidé de taquiner ensemble la vessie de porc qui servait de ballon à l'époque.
Pour rappel, le rugby n’était à l’époque qu’un sport d’aristocrates anglo-saxons décidés à se tirer la bourre sous d’apparentes règles… Et c’est à ce petit jeu que furent conviés les Français en 1910.

Le tournoi des V nations n’a véritablement acquis sa légitimité historique (celle qui a fait rêver des millions d’hommes et de jeunes garçons de part et d’autre du chanel) dans les années 1950 et 1960. Et comme toujours, c’est la sacro-sainte TV qui popularisa l’événement en diffusant les viles empoignades de ses gaillards aux tronches si peu cathodiques.

Auparavant, le rugby à XV avait failli mourir en France. En effet, de 1930 à 1939, la France fut exclue du tournoi pour « professionnalisme » et « brutalité ». Car, et c’est bien connu, il n’y a pas plus frileux en matière de coubertinisme et de fair-play que ces (très chers Lords britanniques. Toujours est-il que la fuite de ses biceps vers le rugby à XIII lui fut quasi-fatal.

Le tournoi, c’est du patrimoine, qui a infiniment plus de valeur viscérale que cette petite Coupe du monde pour nouveaux riches et sponsors. D’ailleurs, tous les Anglais vous le diront, ce qui se tient, le mondial étant une invention Française (et oui ma bonne dame). Enfin point de franchouillardises exacerbées ni de chauvinisme mal placé. Juste un constat, qui me permet de citer notre prof de dépêches François Grangié : « les Anglais, ils sont sympas, mais ils ne sont vraiment pas comme nous ». Tout est dit. 

Bon, j’arrive à l’équipe de France, enfin. Maintenant que les gens du nord de la Loire sont capables de citer au moins un joueur de rugby Français, ce qui n’était pas le cas il y a encore 15 ans si l’on excepte Serge Blanco, les Bleus intéressent tout le monde (enfin beaucoup de gens). Le profane qui regardera le match de dimanche contre l’Ecosse sera malgré tout très sûrement en manque de repères. Mais où est donc passé le petit chauve à lunettes qui enguirlande avé l’accent de Gaillac ses fiers colosses aux oreilles en « chou-fleur » ? Et où est son cerbère chevelu-barbu mangeur d’enfant ?
Et bien ils sont en exil mon bon monsieur. Le sieur Laporte apprend la politique avec Roselyne, et l’homme des cavernes s’en est retourné à ses études anglaises.
A la place, on découvrira un trio d’entraîneur. Marc Lièvremeont, un fils de militaire un peu rigide, aîné de 12 enfants; Emile Ntamack, la panthère toulousaine des années 1990, et Didier Retière, un obscur ex-talonneur qui a fait une thèse spéciale « fonDAmentaux » (à lire avec l’accent : touche et mêlée).
 

Plus de pub, fini notre secrétaire d’Etat à la pèche au jambon ou aux coquillettes, ou aux parts de casinos dans le sud-ouest. Dieu merci, il lui reste des vacances au Cap-Ferret, peut-être sans Sarko qui le délaissera pour une virée à Disneyworld avec Carla et les Balkany. Place aux jeunes, aux simples, aux laborieux, revanche de la terrine sur le jambon et de l’aligot sur les pâtes. 
Quant aux joueurs, point de Chabal, point de Dominici, point de Michalak… Charles Villeneuve est heureux, il n’aura pas à sous-traiter les matchs sur Eurosport, France Télévisions s’occupe de tout. Car notre immense service public va avoir le privilège de présenter aux nouveaux rugby-friendly la vie de François Trinh-Duc, de Julien Brugnaut, de Fulgence Ouedraogo et de Julien Malzieu… Trop sexy. 

D’ailleurs, trouvez le capitaine ? Lionel Nallet. Qui ? Lionel Nallet, l’homme sacrifié pendant la Coupe du monde sur l’hôtel de la Chabal-TF1-mania. Un deuxième ligne sans cheveux abondants mais avec des oreilles abîmées, des genoux cagneux, des os cassés. Et qui préfère les salades de doigt (comprenez des échanges entre joueurs peu anglo-saxons) aux paillettes, et les tartines à la guimauve de Thierry Gilardi. Bref, du poulet fermier, élevé au grain à Bourgoin-Jallieu (point commun avec Chabal) puis à Castres. Pas de maillot rose, pas de pom-pom girl, pas de calendrier. 

La revanche des modestes ? Enfin, quel mauvais esprit ! Le sport ne fait pas de politique, du moins pas dans le coubertiniste tournoi. Et c’est pour cela que, comme tous les ans et avec un plaisir toujours renouvelé, je vais me faire 4 heures 30 de télé-rugby ce week-end.

Ecosse-France, Dimanche à 16 heures sur France 2

P.S Je n'ai rien de personnel contre Sébastien Chabal, qui est par ailleurs un bon joueur et quelqu'un de bien, mais contre l'icône médiatique qu'on a fait de lui à des fins peu sportives.

P.S 2: carton rouge aux faiseurs de calendrier. En effet, le Top 14 continue pendant le tournoi. C'est ce qu'on appele un "doublon", ou une "connerie". Et oui, on marche sur la tête.

par François publié dans : Chroniques
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Jeudi 31 janvier 2008


La résistance comme seule obédience


« J’ai vécu les présidentielles de 2007 comme une honte pour la France et pour la démocratie, un vrai scandale ! » s’insurge Laurent Dupuis : « la campagne avait été fabriquée par les grands médias, il n’y a pas eu de vrais débats, que de la com’ bipolaire ».
Comme plusieurs milliers d’autres, c’est en écoutant François Bayrou qu’il ressent le besoin de l’engagement : « entre les deux tours, Bayrou a dit qu’il voulait faire de la politique autrement avec un nouveau parti transcendant les clivages. Je me suis dit : chiche ! ».

Dans la même semaine, Laurent Dupuis prend sa carte à ce qui est encore l’UDF, va à la Mutualité écouter le leader centriste, et se retrouve suppléant de Séverine de Compreignac aux législatives dans la 7e circonscription du Val-de-Marne. Le duo prend la 3e place du premier tour avec 14% des voix. Laurent Dupuis vient, à 45 ans, de connaître sa première campagne électorale, sa première expérience militante.
Finie la 7e, cap sur Nogent-sur-Marne, cette ville aisée de l’est parisien où la famille Dupuis est installée depuis 5 ans. Laurent entend en devenir le maire, et rompre avec l’étouffante mainmise historique de la droite conservatrice sur cette ville agréable qui compte près de 30.000 habitants.
 

Jusqu’au 18 mars, date du second tour des élection municipales, la vie de Laurent Dupuis ressemble plus au trafic de l’autoroute A4 voisine qu’au tranquille cours de la Marne, point cardinal des Nogentais. Des distributions de tracts sur les marchés aux réunions privées que ses sympathisants organisent chez eux avec quelques voisins, la tête de liste du MODEM déclame le sens de son engagement : « notre équipe se base sur des valeurs, celles de l’humanisme, de l’écoute, du respect, de la démocratie et de l’innovation ». « Nous voulons donner l’image d’un groupe uni et ouvert à toutes le bonnes volontés : les bonnes idées ne sont ni de droite ni de gauche, elles sont au service du bien commun. Nous voulons faire passer le message de notre compétence et de notre savoir-faire pour mener la ville de Nogent » ajoute-t-il. Et Laurent Dupuis sait ce que sont le management et l’innovation.
 

Né à Paris, ce père de deux enfants âgés de 8 et 12 ans a fait ses études à l’ESC (Ecole supérieure de commerce) de Rouen, avant de partir en coopération à Chicago. Rentré en France, il travaille pour Unilever avant de devenir son propre patron, en 1992, date à laquelle il fonde sa PME de conseil en stratégie de l’innovation pour les entreprises. 

Seules cinq personnes, des voisins, ont ce soir là répondu présentes à l’invitation de Martine Prunier à venir chez elle pour écouter et découvrir le candidat du parti bayrouiste à la mairie. Tout juste retraitée du service de presse d’Air France, la directrice de communication de la campagne de Dupuis a elle aussi tourné à l’orange au printemps 2007. « Je votais généralement UDF pour ses valeurs européistes et libérales, mais je ne suis entrée en politique qu’en rencontrant Laurent, quelqu’un d’ouvert, qui sait écouter les gens, un fédérateur et un leader pour une équipe ». Dans ses pas, elle est partie sur les chemins de la refondation : « il n’y avait que sept adhérents à l’ancienne UDF de Nogent, plus quelques élus. Ils sont tous partis à droite, nous avons créé une section MODEM, et nous sommes désormais 70 ».

« Comme ailleurs, le MODEM est devenu un parti jeune, très dynamique, fédérateur. Les membres de notre liste viennent du centre-droit, du centre-gauche et de Cap 21. Ce qui nous rassemble, c’est cette volonté de travailler ensemble pour nos concitoyens » précise Laurent Dupuis, « pour Nogent, on veut montrer notre capacité à gérer la ville, prouver nos compétences en gouvernance publique », tout en avouant  que « nous sommes plutôt issus de classes moyennes ou aisées, même si nous sommes de tous horizons ».

Insatiablement, Laurent Dupuis présente le programme de « Nogent passionnement » tout au long du défilé d’un power-point. Debout, cet homme de taille moyenne aux lunettes rectangulaires et au front dégarni sous une chevelure poivre et sel essaie de convaincre du bien-fondé de sa démarche d’opposition. En bon conférencier, il s’assure d’être bien compris, de répondre aux questions avec précision comme pour affirmer qu’il connaît bien ses dossiers.

Ce qui ne l’empèche pas de lancer quelques piques à l’adresse de ses prédecesseurs : « le maire sortant a fortement augmenté les impôts en se cachant derrière de fausses raisons, il fait primer ses interêts sur ceux de la commune et c’est un roi du clientélisme. Nous, nous voulons remettre l’homme au centre des politiques publiques, ne pas faire de démagogie ».

Interrogé sur ses ambitions, le discours se fait direct et persuadé : « la victoire, c’est tout ce qui nous interesse, et nous pouvons le faire. L’équipe est compétente, soudée. En plus, il y a trois listes à droite qui se tirent systématiquement dans les pates. Et comme le PS, même rose pale,  n’a aucune chance de gagner ici, cela nous ouvre une fenètre de tir. En tout cas, nous y croyons et nous mettons toute notre énergie dans la bataille ». Reste à convaincre les électeurs d’une ville conservatrice de faire le grand saut au centre. Pour mettre en avant ses valeurs, l’équipe Dupuis a choisi l’abeille comme symbole : « nous voulons retrouver le travail en équipe et le sens de la collectivité, comme dans une ruche ». Pour cela, Laurent Dupuis décline invariablement ses « trois R » : rassemblement,  renouvellement, refondation démocratique. 

Mais surtout, Laurent Dupuis rappelle qu’il pourrait retourner très vite de là d’où il vient : « si je ne croyais pas en cette équipe, je retournerais dans ma PME, je ne suis pas un politicien. L’engagement en politique est dur, on se fache avec des gens, on en rencontre beaucoup d’autres. Mais la campagne,  c’est comme avoir deux temps-plein en même temps, une vraie course de fond. C’est difficile pour ma famille qui ne me voit pas beaucoup en ce moment. J’ai déserté mon club de tennis de table et ranger le vélo jusqu’à nouvel ordre ». Mais pour lui, le jeu en vaut la chandelle : « les gens sont sensibles à l’innovation, au langage vrai et à des engagements réalistes ». En attendant de faire de Nogent-sur-Marne « la ville phare de l’est parisien », Laurent Dupuis entend faire briller son auréole orangée.

par François publié dans : écrit
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Samedi 26 janvier 2008
Editions spéciale Rey (vendredi, EVN, 14h45-16h45)

Premier cours de 2008:
"D'abord bonjour à tous. Je voulais vous souhaiter une très bonne année à vous, votre famille, vos amis, vos femmes vos maris vos amants vos maitresses..."

Réagissant au commentaire d'un reportage sur un camp de réfugiés en Afrique, où sur une image de petit enfant au visage émacié, le commentaire faisait "Ce petit enfant... combien de temps lui reste-t-il à vivre?"
Rey répond: "Il existe déjà une mère Thérésa... elle n'est pas encore morte!"
(On n'a pas osé le contredire)

La série Julien D. / P. Rey:

Julien, avant de lancer son sujet : "Je me souviens plus de ma voix, mais je crois que je cours"
Rey : "Alors, vous voyez Solenn et Aurélie elles ont des voix un peu mâles... et parfois toi Julien tu es un peu... fémi...."
(Julien sort).
(Julien rerentre)
Rey enchaîne: "Et là c'est un moment dramatique! On s'interroge: Va-t-il revenir? Ne va-t-il pas revenir?"

Et le cours d'après:
Rey : "La voix y a du progrès. Bon. Je trouve pas que tu aies non plus une grosse voix pleine de biceps et de muscles mais..."

Spécial Marina:

EVN sur la tempête aux Etats-Unis (quelque part dans le Midwest on sait pas trop où). 

Commentaire de Marina "Autre décor, même situation d'urgence. Nous sommes dans le Missouri..."
Julien: Comment tu sais que c'est le Missouri?
Marina: Ben... j'lai un peu inventé mais bon...

Fin de son reportage: images d'un camion sorti de la route à cheval sur une barrière qui sépare les deux voix d'une autoroute. commentaire: "Les autorités restent sur le qui vive, prêtes à intervenir" 
(Rires dans la salle)
Marina: "J'croyais qu'il était stationné"!

Cécile en Newsroom
"Tu sais, à un moment dans les footings de Clara Rojas... les footageuh.. les "footage" (prononcer à l'américaine). Enfin les rush quoi!"
par Keth/Cé publié dans : Perles communauté : Apprentis journalistes
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Boulevard 117

Le blog collectif et non-officiel de M. Panda, étudiant en première année de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po

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