Dimanche 23 décembre 2007
Selon  Rue89 , notre cher Nicolas Beytout complote abondamment dans le dos du directeur de la direction des Echos, Erik Izraelewicz. Malheureusement, ce dernier a annulé son cours ce semestre (contexte oblige?).

Nous ne connaitrons donc pas sa réponse à la de moins en moins énigmatique sentence lachée par Beytout lors de sa dernière conférence de rédaction: "Mon prédécesseur était un incapable, mon successeur sera un intrigant".

Comme le job de Beytout est une création de poste...






par JBC publié dans : Scoop communauté : Apprentis journalistes
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Samedi 22 décembre 2007
C'est Noël c'est les festoyades  les cadeaux et l'amour universel! C'est aussi maintenant que je range mon appart et que je retombe sur toutes mes feuilles, mes cahiers, que dis-je MES GRIMOIRES de perles...

(Rajoutez des photos si vous avez le courage j'ai la flemme!)

Miscelaneous:

A une soirée:

Héloïse:
"Je suis sortie avec un mec qui avait couché avec Mélanie Doutey. Donc c'est un peu comme si j'avais couché avec Mélanie Doutey en fait."

En cours:

Quentin, quand le prof du cours d'histoire po remarquait qu'on n'était pas aussi nombreux que la promo d'avant:

"On n'est que 34 au lieu de 40, apparemment y a pas mal d'étrangers qui se sont désistés. Ils ont pas du réussir leurs tests ADN."

Le prof faisant l'appel au même cours:

"Dehesdin... Hesdun... ville ou pays où a d'ailleurs résidé le gouverneur du Pays-Bas à l'époque de Charles Quint!"
"Monsieur Daoulas... mmmh vous êtes breton"
"M. Etchegaray AH vous êtes basque!"
"Mlle Feng. ... ... vous êtes de quelle origine?"
Baptiste: "Alsacienne!"
"Monsieur Mouillard... alors là c'est désespérément plat!"

Beytout: "La journée sans Sarko, c'est des couillonades!"

Au Maroc:

Marie:
"Pourquoi Guy Moquet? Pourquoi pas Loana, femme du peuple souillée dans les bains publics pour un DJ au nom composé?"

"L'un dans l'autre... l'autre c'est unisexe c'est ça que j'aime bien".

Cécile :
"Je suis une grande amatrice de seins. Personne ne me comprend!"
Julien, en chuchotant "Si si, moi jte comprends"

Baptiste:
"Je voudrais que la vie soit un dancefloor permanent"

Thibault: "Quand il y a doute, il y a chaussette"

La première soirée de la classe chez Charlotte... (Quand je dis dossier je blague pas)

Ivan:
"Line t'as ramené tout ça à manger non mais t'es folle des pieds?"

"Delanoé c'est un mec tu sais qu'il mange dans des resto qui sont lourd au niveau du décor"

JBD:
"Toute façon en soirée les putes c'est celles qui dansent les premières"

Cécile:
"Faut trop qu'on fasse genre un baraton mais avec des boîtes!.... Et  on appellerait ça euh... un boità... euh non. On appellerait pas ça un boitaton..."
par Cécile publié dans : Perles
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Jeudi 20 décembre 2007
Selon Rue 89, toute la direction du Monde démissionne (ou menace de le faire) !!! 
pour forcer la societé des rédacteurs à approuver un plan d'économie, histoire d'éponger les pertes du journal (en terme d'argent, pas de contenu...lol) et les achats de JM Colombani (celui qui disait qu'on avait le droit de voter que pour Ségo ou Sarko) !
Notre cher directeur va t il prendre des vacances à l'EDJ ???  On pourrait le voir en vrai !
Vivement les chips et le guacamol du lundi pour qu'il nous livre ses exploits anti-syndicaux !
A mort les bolcheviks !

M.




par Ecole de Journalisme de Sciences Po publié dans : A propos de journalisme communauté : Apprentis journalistes
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Jeudi 20 décembre 2007

Le journaliste, à l'instar de nombreuses autres professions (telles que l'agent secret, le mafioso ou la prostituée), a nourri l'imaginaire de nombreux auteurs à travers les âges, aussi bien sur papier qu'à l'écran, et notamment en bandes dessinées. A l'approche des fêtes de fin d'année, pour changer un peu des sujets polémiques de cette rubrique, voici un petit guide tout à fait subjectif de bandes dessinées ayant trait, de près ou de loin, au journalisme, à offrir ou à se faire offrir. 

undefinedCommençons par l'incontournable Tintin, qui cumule le double avantage d'être le reporter et le personnage de bande dessinée le plus connu dans le monde. Il a fait rêver des millions d'enfants à travers ses voyages et ses aventures, et suscité plus d'une vocation de journaliste. Soulignons d'ailleurs qu'hormis de rares exceptions, on ne le voit quasimment jamais faire son boulot de reporter. Pour ceux qui ont déjà tous les albums ou qui cherchent un beau cadeau, les éditions Casterman ont eu la bonne idée de ressortir depuis peu des fac-simile des anciennes éditions des premiers albums. A ne pas manquer (antisémitisme, racisme et anticommunisme une fois mis de côté). 

On retrouve aussi beaucoup de héros-journalistes dans la bande dessinée populaire américaine. Impossible de ne pas évoquer Peter Parker (alias Spiderman), photo reporter au Daily Bugle quand il ne saute pas d'immeubles en immeubles dans un costume ridicule. Non moins ridicule, le costume moule-boule de Superman (alias Clark Kent), qui est à la ville journaliste au Daily Planet de Metropolis. Le métier de journaliste est là aussi plus un prétexte qu'autre chose, même si dans les créations les plus récentes cet aspect des personnages est un peu plus exploré. 

Plus intéressants, les personnages de Ben Urich et Sally Floyd, qui officient respectivement au Daily Bugle et à The Alternative. Le premier est un personnage récurrent des comics Spiderman et Daredevil, journaliste d'investigation rodé et solitaire (et un peu loser façon Woody Allen). La seconde est une jeune et pimpante journaliste, un poil idéaliste. On les retrouve tous les deux dans la série de comics Civil War, sortie l'année dernière, et qui raconte la guerre civile (sans blague) entre superhéros après que le gouvernement américain ait passé une loi de sécurité intérieure obligeant les vengeurs masqués à se découvrir. Les pro-gouvernement sont menés par Iron Man et affrontent les anti-gouvernement emmenés par... Captain America. Je posterai de toutes façons quelques pages de ce comic tout bientôt.

DMZ-Vol-1-800x600.jpgPour finir avec les comics, citons le remarquable DMZ, dont le personnage principal, Matthew Roth, est lui aussi journaliste. "DMZ" pour De-Militarized Zone, ainsi que l'on nomme Manhattan depuis quelle se trouve au coeur d'une guerre civile (décidemment) américaine, qui l'a complètement dévastée - genre Sarajevo en 1993 c'est rien à côté. Notre joyeux journaliste novice se retrouve parachuté au beau milieu de cette jungle urbaine où snipers et attentats sont le lot quotidien des habitants de la zone. Et peu à peu, il apprend sur le tas son métier, se met à faire des reportages, devient une figure reconnue, d'autant plus facilement qu'il est le seul journaliste sur place. C'est très bien réalisé graphiquement et remarquablement écrit. 

Revenons à la bande dessinée européenne, avec la sortie de Chroniques Birmanes, de Guy Delisle. L'auteur n'est pas journaliste, mais peut y être assimilé tant ses récits autobiographiques sont comme de grands reportages édifiants. Guy Delisle n'en est  en effet pas à son coup d'essai, puisqu'il a déjà pu raconter avec Shenzen et Pyongyang l'expérience de deux autres dictatures asiatiques. A chaque fois, il raconte dans un style graphique simple et d'une écriture légère et pertinente ses voyages dans des pays encore trop méconnus. Bref, c'est vraiment bien !

Les-mauvaises-gens.jpgDans la même veine de ce que l'on commence à appeler le "journalisme de bandes dessinées", citons l'excellent Etienne Davodeau, qui s'est fait une spécialité des albums-reportages en province, avec des vrais gens. Dans Rural ! il nous raconte l'histoire d'un groupe de jeunes agriculteurs du Maine qui décident de se convertir à l'agriculture biologique et responsable, alors qu'une autoroute est en construction dans la région. Les Mauvaises Gens est consacré au passé militant et syndical de toute une génération d'habitants des Mauges, région très traditionnelle comme on peut en trouver à l'ouest. Enfin on ne saurait que trop conseiller Un Homme est Mort, récit en collaboration avec Kris, à la précision journalistique admirable, de la mort d'un militant méconnu lors des grandes grèves de Brest dans les années 50. 

Pour finir, évoquons Le Photographe, bande dessinée de Guibert déclinée en trois tomes se basant sur les photographies de Didier Lefèvre, photo reporter en Afghanistan, décédé cette année. Le dessin est épuré, le propos est particuièrement saisissant, la série  récompensée cette année à Angoulème. Et surtout, je compte sur vous pour ajouter de nombreuses autres bandes dessinées à cette liste, de Ric Hochet à Fantasio, les journalistes dessinés ne manquent pas !

par Louis publié dans : A propos de journalisme
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Lundi 17 décembre 2007
Kourmanbek Bakiev, un vrai fieffé félon, veut garder son fief du Kirghizistan. Maintenant maintenant, une élection c'est trop long. Si facile de bourrer des urnes si complaisantes et d'oublier les désirs nés un soir de grand vent.
Soufflant sur les vieux, sur les fades despotes, le grand vent redevenu petit ne ramène que des sous-fifres, des bouffons qui font font font et gesticulent vainement. Oh vraiment ? Et Saakashvili ? Et Ioutchenko ? Quelqu'un m'a dit qu'il y avait encore de l'espoir, serait-ce possible alors ?
Oh la Révolution des oranges pourries
Oh la Révolution des roses piétinées
Oh la Révolution des tulipes fanées.



 

par Q publié dans : Chroniques communauté : Apprentis journalistes
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Lundi 17 décembre 2007
Carla Bruni mesure 8cm de plus que Nicolas Sarkozy.

1m76
vs 1m68


par Q publié dans : Scoop communauté : Apprentis journalistes
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Dimanche 16 décembre 2007

Il y a trois semaines, en stage d'observation chez Gamma ("Dites bonjour! C'est Cécile, elle fait un stage de 3ème mais elle est à Sciences-Po!"), ils ont eu la gentillesse de m'envoyer suivre des photographes.

Mercredi 28 novembre, j'étais donc dans la cour de l'Elysée, derrière le cordon de sécurité qui parque les photographes (beaucoup plus de place qu'à l'avant première de Bee movie d'ailleurs)

Extraits:

Un groupe de quatre photographes assez jeunes s'ennuient (pas d'action entre 8h et 9h30 à l'Elysée), ça donne:

- Alors il sort avec Ferrari?

- Mais pas du tout il sort avec Dati! Nan attends je t'explique, vous avez vu cette image de Dati je sais plus où, ils étaient tous en costumes noirs et BAM Dati en rouge: Elle porte une petite robe rouge, c'est un signe, elle sort avec le président! En plus, elle a un prénom en "a"...

Deux mètres plus loin, les blagues fusent:

- Ma grand-mère a raté une marche!

- J'ai raté ma mayo!

- Pas de problème! J'appelle tout de suite le président!

Dans un coin, ça discute sec de l'annonce de Sarkozy "Ces jeunes [ceux qui ont tiré sur des policiers après les évènements de Villiers-Le-Bel) iront aux Assises!"

- Oui bon c'est un effet d'annonce, mais en même temps c'est l'évidence qu'ils vont aller aux Assises

- Seulement si c'est une tentative de meurtre

- Tirer sur quelqun avec un fusil à pompe c'est un peu une tentative de meurtre non?

Pendant ce temps-là, ceux qui ont suivi Sarkozy en Chine racontent leurs problèmes

- Le truc avec les Chinois, c'est que pour eux le contact c'est à 10 mètres, ils comprennent pas qu'on veuille être plus près. Du coup à la sortie du premier discours c'était chaud y a eu de la bousculade, y a même eu une fille de BFM qui s'est pris un taquet!

Et là, enfin, Sarkozy et les ministres arrivent. Le président en premier, mais pas avant que son équipe de sécurité s'approche de nous et lâche "Pas d'images! Pour Sarkozy pas d'images!". Les photographes et les cameramen regardent passer Sarkozy d'un air de quoi le fuck. Sarko fait coucou, réalise qu'il y a un truc étrange, ressort des portes de l'Elysée en levant la tête genre qu'est-ce qui se passe vous prenez pas ma photo? et les journalistes de montrer leur appareil puis l'équipe de sécurité. Sarko ne comprend rien mais il est pressé, il refait coucou et s'en va.

Cinq minutes plus tard c'est la révolution, jusqu'à ce qu'on apprenne l'erreur de communication: on avait dit "pas de direct, pas de plateau" et non pas "pas d'images". L'équipe de com' est pas contente fachée tout rouge contre la sécurité...

Fillon, Boutin, montent les marches après un petit salut, et là arrive Amara qui fonce droit devant. Les journalistes: "Bonjour! Bonjour! .... Aaah... Pas bonjour."

Dati enchaîne (pas en petite robe rouge = sort pas avec le président!) "Bonjour! Boooonjour! ... Au rvoir..."

Et là débarque MAM, comme une reine, à pied. Elle s'est faite lacher par son chauffeur devant la cour histoire de montrer qu'elle est vachement open aux médias, pas comme ses collègues. Les journalistes la hèlent "Un petit mot madame Alliot-Marie!" et elle de répondre "Je vous en ai dit plein des mots, hier soir, cette nuit, ce matin!".

Plus tard ressortiront les familles des deux jeunes morts à Villiers-Le-Bel. L'air paumé, ils s'arrêteront quand même pour les journalistes, mais leur avocat parlera pour eux.

10h30: frigorifiée, je ne sens plus mes doigts de pied. Le photographe de Gamma me dit de filer avec ses cartes mémoires, lui attendra le conseil des ministres. Je repars récupérer ma carte d'identité à l'entrée, dommage, j'aurais bien gardé le badge "visiteur". J'aurais surtout aimé rentrer dans l'Elysée, mais ça c'est juste pas possible. Les journalistes eux même ne peuvent pas tous rentrer ils sont obligés de s'organiser en pool. Pour oublier le froid les journalistes papotent, sautent sur place, s'échangent des conseils techniques, tapent la discute aux gens de la com' et à David Martinon, et me draguent (Je t'ai vu vieux beau de France Inter avec tes cheveux poivre et sel et tes yeux bleus!).

par Cécile publié dans : A propos de journalisme communauté : Apprentis journalistes
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Samedi 15 décembre 2007

A regarder jusqu'au bout... ah ces journalistes français.

par JBC publié dans : télévision
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Samedi 15 décembre 2007

        « La première fois que je suis rentré dans une prison (Saint Paul à Lyon) avec Axel Lochen, l'aumônier de la prison, à peine avions-nous fait un pas dans le couloir, que des appels retentissaient :« Axel, il faut que tu viennes me voir. » Il se dégageait une grande attente de la part des prisonniers. Là je me suis senti utile. »
Être utile, être présent pour les autres à travers la foi, voilà ce qui importe à ce pasteur protestant qui se définit comme un amoureux de la vie, un chercheur de l'humain. De son propre aveu, il apprend beaucoup de ses rencontres avec les détenus, partager toujours plutôt que simplement donner. Son charisme, son empathie et sa joie de vivre l'ont amené a tissé des relations très fortes avec les condamnés dont il s'occupe.

       
        « La première fois qu’il est rentré dans ma cellule j’ai été impressionné par ce grand bonhomme, raconte François* un ancien détenu. Il a une grande présence. Il est entré dans un monde plutôt triste avec le sourire, sans arrière-pensée, sans a priori et sans peur. » L'approche très « amicale » de Jean-Marc Dupeux va profondément toucher l'ancien délinquant. « Il a agit comme quelqu’un qui t’apprends à marcher et qui recule en même temps. A chaque fois c’est à toi de faire un pas de plus. »
À chaque séance l'aumônier propose un texte à son interlocuteur et lui propose de se l'approprier. Ainsi François peut-il transcrire le Psaume 27, alinéa 14 « Compte patiemment sur le seigneur; ressaisis-toi, reprends courage, » dans sa propre langue: « relève-toi ma gueule ».

   
        Si Jean-Marc Dupeux sait aussi bien choisir les passages de la Bible qui conviennent à chacun, s'est que « je suis tombé dans la Bible quand j'étais petit. » Né dans une famille protestante il a été assidu au catéchisme et au temple. La foi l'a toujours accompagné, pourtant la vocation ne lui est pas venu tout de suite.

   
        En 1971, il est en math sup. Lors d'une manifestation le 9 février pour la défense des immigrés, Gilles Guiot, un de ses camardes de classe, est arrêté et condamné sur le champ à 6 mois de prison ferme. Très vite ses amis s'organisent poussés par « un besoin de justice et de liberté ». En 48 heures, ils ont mis tous les lycées parisiens en grève. Puis c'est toute la France des Lycéens et des étudiants qui s'embrase. Le 18 du même mois la libération de Gilles Guiot, provoque une scène de liesse place Saint Michel. Le « sentiment de puissance » qu'ont ressentie les artisans de cette victoire sociale les a marqués et les a poussés à s'impliquer dans la vie de la société. Beaucoup se lanceront en politique, « On s'est sentie fort, avoue Jean-Marc Dupeux ».
Lui, décide de s'impliquer dans la société au travers de sa compagne de toujours, la Bible. Il quitte sa classe préparatoire et s'engage dans des études de théologie. L'affaire Guiot a laissé des traces chez le jeune homme toute sa vie sera marquée par la défense des immigrés et des détenus « il n'y a pas de hasard affirme-t-il ».

 

« Quand j’aide quelqu’un à aller mieux cela me donne de la joie pour une journée !»

 

          Pas de hasard mais du doute et des hésitations. En 1977 il passe en même temps un DESS de théologie et un diplôme d'école de commerce à Strasbourg. Il n'est pas encore prêt à faire un choix qui l'engagerai pour toute sa vie. Alors il se laisse des portes ouvertes et du temps pour réfléchir. Il part pour deux ans, avec sa femme au Cameroun, occuper un poste de professeur de mathématiques. Durant ce séjour il est victime d'un abcès au cerveau. Rapatrié d'urgence en France, il se réveille avec la conviction que l'errance doit cesser. Il tire de cet accident la force nécessaire pour faire un choix et la volonté de « me structurer », pour agir bien sûr.

   
        Il rentre dans l'église réformée de France et devient pasteur à Grenoble d'abord puis à Lyon. C'est là qu'il va rencontrer son maître, le frère de Taizé Axel Lochen. C'est lui qui va lui demander de devenir aumônier des prisons, de venir faire évoluer son message au contact d'individus privés de liberté. Tout au long de son engagement on retrouve les deux problématiques qui lui sont chers:

la défense des immigrés, il sera secrétaire général de la CIMADE (Comité intermouvements auprès des évacués) pendant 8 ans
et le soutien aux prisonniers, il est aumônier national des prisons depuis 2004.

   
        Bien sûr toutes les rencontres ne sont pas toujours aussi positives que celle de François.« Je me souviens d’un détenu qui m’inquiétait un peu, raconte Jean-marc non sans humour. Il était très agité, ses vêtements étaient déchirés. Je décide de prendre un avis médical. » Le psychologue rassure le pasteur. Ce détenue ne s'en prend qu'aux personnes qu'il aime or Jean-Marc Dupeux n'en est qu'à sa seconde visite, il n'y a donc pas encore de lien affectif entre eux. L'aumônier retourne donc finir sa visite. « La première chose qu’il me dit quand j’ouvre la porte de sa cellule c’est : « Jean-Marc je t’aime !! » » Heureusement, il sortira de la cellule indemne tant physiquement que psychologiquement. Sans se blinder il fait la part des choses et positive toutes ses expériences. Il ne se démotive jamais « parce que j’appartiens à une grande famille à travers la Bible. Mon métier c’est juste d’être là et d’écouter. C’est tellement simple de donner de la présence à ceux qui en ont besoin, pourquoi s‘en priver ? » Alors il va continuer à aller voir les détenus, dans toutes les prisons de France pour leur donner de la présence et recevoir aussi «quand j’aide quelqu’un à aller mieux cela me donne de la joie pour une journée !». Ainsi ils seront de plus en plus à pouvoir dire comme François « j’ai eu la chance de tomber sur Jean-Marc ».

 

 

* le prénom a été modifié

Olivier Monod

par Olivier publié dans : écrit communauté : Apprentis journalistes
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Vendredi 14 décembre 2007

ken-loach.1180260649.jpgLundi 10 décembre, 19h30, près de 500 personnes sont massées dans la plus grande salle de cinéma d'un complexe du centre de Paris. Ce soir on joue en avant-première « It's a free world », le nouveau film de Ken Loach. Le réalisateur britannique est bien connu du public français, lui qui a déjà reçu deux fois la Palme d'Or à Cannes, pour « Land and Freedom » en 1995 et « Le vent de lève » en 2006. Ses films sont tous marqués par une forte conscience sociale et un engagement politique affirmé (il avait appelé à voter Besancenot aux dernières élections présidentielles françaises), et son dernier long-métrage ne déroge pas à la règle.

 

« It's a free world » traite en effet des travailleurs immigrés en Angleterre, notamment originaires de l'Europe de l'Est, que l'on fait venir en leur promettant monts et merveille et qu'il s'agit en fait d'exploiter à moindre coût. Le personnage principal du film, Angie, est une ancienne collaboratrice d'une entreprise de recrutement de travailleurs étrangers, qui décide de monter sa propre boîte dans le secteur avec une associée, Rose. Petit à petit, l'activité se développe, l'engrenage dans lequel elles ont mis le doigt se met en branle, et la logique de profit prend de plus en plus le pas sur la raison humaine, jusqu'à outrepasser la loi.

 

A la fin du film, Ken Loach entre dans la salle, accueilli par une standing ovation. Il va rester une demi-heure pour répondre à quelques questions à chaud de l'assistance. C'est cette séance de questions/réponses, assez éclairante, que j'ai voulu retranscrire plutôt que de faire une critique du film que vous aurez tout le loisir de découvrir par vous mêmes...

 

Pourquoi avez-vous choisi de traiter ce thème du travail immigré du point de vue de l'exploiteur plutôt que de l'exploité ?

Effectivement, on aurait pu faire un film en suivant un travailleur immigré depuis son départ de son pays jusqu'à son arrivée en Angleterre, puis décrire sa vie sur place. C'est la construction classique. Il m'a semblé plus intéressant, plus déroutant, d'essayer de montrer la logique de l'exploiteur plutôt que celle de l'exploité, car elle est plus complexe et plus insidieuse.

Par exemp
le, dans le film, le personnage d'Angie nous est sympathique au départ : elle se fait harceler à son travail, se fait licencier car refuse les avances de ses supérieurs, décide de prendre son courage à deux mains et de monter sa propre entreprise... Mais au fur et à mesure du film elle va changer, et les logiques qui sous-tendent se changement son mises à jour. Angie quelque part symbolise un peu « l'air du temps ». On nous demande à tous d'être des entrepreneurs aujourd'hui...


Pourquoi avoir choisi un personnage principal féminin ?

On a choisi un personnage féminin car on attendrait plus un homme dans cette situation. C'est une volonté délibérée de montrer que les femmes ne sont pas plus douces parce qu'elles sont femmes, et qu'elles peuvent être tout aussi dégueulasses que les hommes. Vous savez, on a eu Thatcher... Elle était moins sexy qu'Angie mais bien plus terrible. L'idée c'est de faire parcourir un plus long chemin au public. Aujourd'hui encore on serait enclin à penser qu'une femme est plus sympathique qu'un homme. Le film est donc plus complexe, plus intéressant je crois.

Pourquoi vous ne montrez pas que les entreprises peuvent tout à fait réussir par des voies légales, et que c'est justement un
scandale que certaines contreviennent à la loi ?


Il y a des entrepreneurs qui n'enfreignent pas la loi bien sûr. Je crois que j'en ai rencontré un. (sic) Mais je voulais montrer toute l'importance qu'a pris ce système de travail immigré à bas salaires. Tout ce qui est dans les supermarchés est produit par des gens exploités comme ceux du film. On a calculé que le prix des fruits dans les supermarchés n'est pas possible en payant les gens légalement, avec des salaires décents. Mais on sait bien que ça arrange le gouvernement qu'il y ait des travailleurs de ce type, des working poor, pour préserver l'économie. Non seulement c'est toléré mais c'est en plus nécessaire à nos économies.

130269-1-it-s-a-free-world.jpgPour faire le film nous avons rencontré des travailleurs immigrés. On a entendu des choses horribles, on aurait pu faire un film complet à partir de toutes ces histoires qu'on nous a racontées. Par exemple, celle d'un Chinois qui est arrivé en Angleterre à l'arrière d'un camion de marchandises, qui travaillait 24 heures sur 24 pour rembourser son passage. Il est mort d'une hémorragie cérébrale. Il y a aussi cette soixantaine de Lituaniennes qui travaillent dans une exploitation agricole du Kent, avec des horaires très durs, logées dans des baraquements indécents. Nous avons demandé à l'exploitant si il ne pouvait pas embaucher des gens du coin. Il nous a répondu tout simplement : « Non, personne n'accepterait ces conditions de travail ». Et cette histoire n'est pas une exception.

Pourquoi n'insistez vous pas plus dans le film sur la responsabilité du gouvernement ?

Nous avons préféré laisser la question ouverte au public. Il y a une responsabilité collective : les syndicats doivent organiser la main d'oeuvre immigrée, ils doivent s'emparer de cette question. Dans mon pays, vous savez, il n'y a que des partis libéraux, et ce qu'on voit dans le film, c'est le monde qu'ils ont voulu. Puisqu'on ne peut pas les convaincre, il faut qu'on les remplace.

Quel est le rôle de Rose, l'associée d'Angie, dans le film ?

C'était plus intéressant d'avoir deux personnages, puisqu'il peut alors y avoir un partage des idées, du travail, des dialogues. Rose est un peu comme Angie au début mais à un moment elle ne peut plus accepter ce que fait son associée, devenue obsessive. Elle finit par apporter un point de vue moral, comme le fait le personnage du père d'Angie depuis le début.

Votre film est particulièrement intéressant parce qu'on retrouve les mêmes schémas qu'en France, avec des sans-papiers traqués et exploités...


Il est clair que c'est un problème qui dépasse les frontières. Il faut aider les immigrants partout où ils sont, et dénoncer ce système qui les pousse à quitter leurs pays en quête d'un rêve qui n'est que de la poudre aux yeux.

Comment expliquez-vous que le cinéma anglais arrive à traiter de sujets vraiment populaires, engagés, alors qu'en France pas vraiment ? Et qu'allez vous voir comme films au cinéma ?

Oh, je suis sûr qu'il y a des cinéastes français qui s'emparent aussi de ce type de sujets. Je suis allé voir un film français sorti tout récemment, « La Graine et le Mulet » [NDLR : d'Abdellatif Kéchiche], qui était très intéressant. Je suis sûr qu'il y en a plein d'autres. Sinon oui, je vais au cinéma de temps en temps...


La plupart de vos films sont sublimes. Quelles difficultés rencontre un cinéaste comme vous pour réaliser son oeuvre ? De quoi vous inspirez vous ?

Je travaille avec un scénariste écossais qui vit à Madrid. On s'envoie des articles de journaux qui nous intéressent, on s'appelle souvent, on s'échange des résultats de matches de foot, etc. J'ai du mal à expliquer mon travail comme ça... On peut nourrir son travail en s'engageant, et à travers l'engagement, les gens qu'on rencontre, les histoires qu'ils racontent, tout ça compte beaucoup. Les gens qui se battent me redonnent du courage, quand le spectacle de la politique est terriblement tragique.


Vous aimez le chocolat Cadburry ? Jeudi j'étais dans une usine Cadburry en Angleterre, ouverte depuis 200 ans, qui va être délocalisée en Pologne. L'usine est dans une petite ville et tout le monde travaille dans cette usine. Il pleuvait des cordes et il y avait pourtant 600 personnes qui ont manifesté. Dans le cortège, il y avait toutes ces histoires, des générations entières qui ont travaillé pour l'usine. C'étaient des gens très innocents, déterminés à se battre. Ils savent pourtant que l'époque ne leur est pas favorable. Et si c'est un drame aujourd'hui, c'est aussi un drame pour demain. On sait bien que la génération suivante de cette ville aura des problèmes de drogue, de divorces, etc.

Quand vous me demandez ce qui me pousse, je trouve que faire des films est une option « soft » en matière d'engagement...

Vous auriez pu traiter de la même question dans un documentaire, pourquoi avoir choisi de faire une fiction ?

Effectivement, ça aurait pu aussi être un documentaire. Mais avec un film de fiction, on peut mettre à jour les conflits de façon bien plus complexe. En écrivant les personnages de la famille d'Angie, on a voulu traiter de thèmes annexes, comme les générations d'avant, les changements dans le monde du travail, les difficultés d'élever un enfant en étant une femme seule, le point de vue de l'enfant aussi... On voulait rendre tous ces sujets implicites mais présents. Avec la fiction on peut être plus subtil. Même si il y a un propos politique dans le film et que dans sa préparation il y a une démarche de documentariste, la fiction me semble plus riche.
 
 
 
 
 
par Louis
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