Lundi 3 décembre 2007

Une semaine « embedded » dans le commissariat de police de Cherbourg (Manche), ça fait un peu peur au début, mais finalement ça se passe bien. Chronique d’un dépucelage en 6 épisodes.


Mardi 27 novembre

 
Ce matin, c’est la tournée du commissaire. On se retrouve au café de l’Hôtel de Ville dès 8 h 30 pour le « p’tit jus » du matin. Les mauvais esprits seront déçus d’apprendre que nous ne buvons que du café, avant d’assister aux audiences du tribunal de police, où Michel Le Cavorzin siège en tant qu’officier du ministère public. Peu de choses intéressantes à la barre : seulement des affaires de voisinage qui tournent en noms d’oiseaux, et entraînent les justiciables devant des tribunaux où ils semblent un peu perdus. En quelques minutes, les audiences sont expédiées par la cour.

 

La tournée continue, en voiture cette fois. J’embarque avec le commissaire dans sa Citroën C5 banalisée, pour une inspection des différents quartiers de la circonscription dont il a la charge. Le commissaire s’intéresse aujourd’hui à quelques exploitations agricoles, où il a l’intention de contrôler les ouvriers qui y travaillent. Cette opération a pour but de vérifier les conditions dans lesquelles exerce cette main d’œuvre souvent peu qualifiée. En clair, il s’agit de contrôler la régularité de leur situation, même si Michel Le Cavorzin se défend de faire la chasse aux sans papiers. Rappelons quand même que le préfet de la Manche faisait partie de ceux qui ont été convoqués il y a quelques semaines par Brice Hortefeux, notre rougeaud ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, sous le motif qu’ils procédaient à un nombre insuffisant d’expulsions. Le contrôle, ce sera pour plus tard. Dans les exploitations agricoles que nous visitons, personne ne bosse. « Ca, c’est les Normands », explique mon Breton de commissaire.

 

Pendant que nous sillonnons la campagne du Cotentin, le commissaire me parle très librement de la police, de son métier, de ses hommes. Depuis que j’ai intégré le commissariat de Cherbourg, je suis frappé de la liberté de ton des fonctionnaires de police. Alors que j’imaginais me heurter à des murs pleins de méfiance à l’égard d’un journaliste, qui plus est frappé de l’étiquette « Sciences-Po », je découvre des hommes et des femmes qui sont tous prêts à évoquer leur activité, comme si je servais tantôt de défouloir, tantôt de tribune, tantôt de confident.

 

Michel Le Cavorzin me répond sans ambages sur le système des indics, qui servent d’informateurs à la police. Comment réussir à faire de quelqu’un son indic ? « Par un coup de pompe dans le cul ou par une petite rémunération », me répond le commissaire. « C’est une question d’attitude. » Un exemple concret permet de saisir le jeu du chat et de la souris qui lie le policier et son indic. « Un étranger en situation irrégulière se verra attribuer plus facilement une carte de séjour pour quelques mois s’il donne des infos, mais il ne sera pas régularisé définitivement. » Leçon n°1 : il faut toujours récompenser son indic pour bons services rendus, mais ne jamais oublier de conserver un moyen de pression sur lui. Ou comment mettre en pratique la politique du bâton et de la carotte. J’apprends également qu’il existe deux sortes d’indics. Les institutionnels d’abord. Ceux qui perçoivent une rémunération pour leur collaboration – « pas suffisante pour vivre uniquement de ça », prévient le commissaire. Ceux-là sont répertoriés au ministère de l’Intérieur. Et connus de tous les fonctionnaires de police un peu curieux. L’autre espèce d’informateurs est composée par ceux que le commissaire appelle les « honorables correspondants ». En gros, des quidam qui balancent des infos sans rémunération par goût du civisme ou par désir que l’ordre soit maintenu. Des mauvaises langues pourraient les qualifier de « délateurs citoyens »…

 

La tournée du patron se termine à la gare de Cherbourg, où les lycéens en « colère » contre la loi Pécresse se sont rassemblés. Ils sont un peu plus d’un millier selon la police (j’ai enfin compris pourquoi les chiffres de la police étaient toujours plus bas que les autres : c’est parce qu’ils n’aiment pas reconnaître que leur territoire est en proie à l’agitation. Question d’honneur : le maintien de l’ordre est la première des missions de la police nationale). « Les lycéens, il faut s’en méfier, m’explique le commissaire. Ils sont incommandables et imprévisibles. Ca saute partout, sans se rendre compte des dangers d’une manifestation. Faut pas qu’il y ait de martyrs, vous comprenez. » Tout se déroulera bien, les brigades « violences urbaines » n’auront même pas à intervenir. « Cherbourg, c’est pas Villiers-le-Bel », ne manquent pas de me rappeler la plupart des policiers avec qui je discute.

 

L’après-midi, je continue ma visite des locaux, des services et des unités, en compagnie du brigadier-chef Bourdin. Pas la langue dans sa poche, l’homme évoque les difficultés rencontrées par la police dans la France d’aujourd’hui. « On nous en demande toujours plus, mais sans les moyens qui suivent. » Le commissaire Le Cavorzin établit un constat similaire : « on nous demande de plus en plus de technicité. Il faut être compétent partout et dans tous les domaines. » Malgré une augmentation du budget de l’Intérieur pour l’année 2008, les fonctionnaires de police se plaignent de façon presque consensuelle du manque de crédits et des conditions de travail. Il faut dire que le commissariat de Cherbourg, construit il y a quarante ans, et rénové seulement par intermittence, fait peine à voir. Les bureaux du Groupe d’appui judiciaire (GAJ), où sont reçus les mis en cause lors des confrontations ou lorsqu’on recueille leurs dépositions, sont exigus, bourrés de papiers, de dossiers et d’archives, si bien que les agents peuvent difficilement cohabiter. Les murs sont couverts d’une peinture alternativement jaune ou bleue, qui se fend et craquèle sous le poids du temps. Au plafond, les néons produisent une lumière blafarde qui accroît l’aspect glauque et sinistre du central. Difficile de se sentir en confiance quand on pénètre pour la première fois dans cet environnement hostile. L’atmosphère est froide, malgré les éclats de rire que l’on entend parfois dans les couloirs. Si les policiers sont tous d’accord pour déplorer leur cadre de travail, la plupart reconnaissent cependant que l’ambiance est bonne. Et puis, « Cherbourg, c’est tranquille, on est bien… »

 

Il suffit de quelques discussions avec les hommes et les femmes qui peuplent le commissariat pour démonter le mythe du policier en action, toujours le flingue à la main. « Pour ça, il faut regarder la télé, s’amuse le commandant Ledanois, et il faut être assez naïf pour le croire. » On ne tarde pas à s’apercevoir que les agents passent le plus clair de leur temps devant un ordinateur, à respecter des démarches administratives sans fin. « La procédure est devenue tellement lourde aujourd’hui », souligne avec dépit le brigadier-chef Bourdin. Tout mouvement effectué par le moindre policier est acté sous forme de procès-verbal. D’où la constitution d’archives gigantesques et de dossiers sans fin.

Autre plainte récurrente dans  les couloirs du central : le manque de moyens. Beaucoup regrettent d’obtenir cette même réponse, dès lors qu’ils font une demande auprès de leur hiérarchie : « Y’a pas de sou ». La formule est même devenue une private joke à l’intérieur du commissariat. Inutile de demander à suivre une formation pour être un meilleur policier, la réponse est invariablement négative, selon les policiers. Inutile également de chercher à s’enquérir d’une nouvelle étagère ou d’équipements rafraîchis. Le brigadier-chef Bourdin me cite l’exemple de son attirail « violences urbaines » : il est obligé de l’envelopper dans un sac poubelle. Ca nuit un peu à la crédibilité du flic sur le terrain. Le manque de moyens est criant partout. Il n’est qu’à pénétrer dans les bureaux pour constater leur vétusté : les meubles y sont rares et semblent tout droit revenus des années 60 (l’usure en plus).

 

Et Sarkozy alors ? Il n’a rien fait pour améliorer le sort des policiers ? « Vous savez, il est beaucoup moins populaire ici que ce que l’on pourrait croire, corrige le brigadier-chef Bouchin. Il n’a pas été un mauvais ministre de l’Intérieur, mais il s’est servi de la police pour sa carrière politique. » Dans ce commissariat, on ne vénère pas le Président. Comme ailleurs, il y a les pour et les contre. Mais tous reconnaissent que son passage place Beauvau n’a pas été la révolution à laquelle il voudrait faire croire. « Surtout des effets d’annonce, concède le commissaire Le Cavorzin. Sarkozy, en fait c’est trois choses : des réductions d’effectifs, la privatisation de la police et l’instauration d’une culture du résultat. » Le reste n’est que littérature.

par Jérôme Lefilliâtre publié dans : écrit
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Dimanche 2 décembre 2007

Une semaine « embedded » dans le commissariat de police de Cherbourg (Manche), ça fait un peu peur au début, mais finalement ça se passe bien. Chronique d’un dépucelage en 6 épisodes.

 

 

Lundi 26 novembre

 

C’est à 8 h 30 que j’ai rendez-vous au commissariat de police de Cherbourg. Je retrouve Michel Le Cavorzin, le commissaire, dans son bureau. Souriant et sympathique, il m’accueille d’un énigmatique « Ah, elle est belle la France », référence à l’actualité des faits divers qui ont émaillé le week-end : mort de deux jeunes et violences à Villiers-le-Bel, meurtre d’une étudiante dans le RER D à Creil, découverte du cadavre d’une femme un an après sa mort à Calais. Le commissaire me détaille la liste de ces événements dramatiques et enchaîne rapidement sur l’histoire qui a marqué le week-end à Cherbourg. Un homme en situation de contrôle judiciaire, placé sous surveillance électronique, a été interpellé peu après que son rottweiler a mordu sa compagne. L’homme avait 1,4 gramme d’alcool dans le sang et a réussi peu après l’agression à se défaire de son bracelet électronique avec un simple couteau à dents. Michel Le Cavorzin ne cessera de revenir sur cette affaire tout au long de la matinée. Du gros dossier, apparemment.P1040389.JPG

 

Après les formalités d’usage, le commissaire m’invite à assister à une réunion où siègent les trois commandants du centre de police. L’objectif est de faire le point sur les événements qui ont secoué la paisible Cherbourg les deux jours précédents. « M. Lefilliâtre est étudiant en journalisme à Sciences-Po. Donc il ne faut pas tout lui dire. » Voilà pour les présentations. Je souris bêtement.

 

Nous prenons peu après la direction du port de Cherbourg. C’est aujourd’hui que doit être inauguré le tout nouveau fréteur de la compagnie de transport maritime Brittany Ferries. Le navire a été baptisé le Cotentin. La cérémonie a lieu en présence du Secrétaire d’Etat aux transports, Dominique Bussereau. Michel Le Cavorzin est sur le qui-vive : il est en charge de la sécurité du site où se déroule l’inauguration. Il doit se rendre sur place pour vérifier que la brigade de déminage a bien fait son travail. « Vous avez de la chance, vous. Vous arrivez à Cherbourg le jour où il y a une grosse opération de police. » Le commissaire parle-t-il d’homicide, de descente ou de démantèlement de réseau ? Non. Si les troupes sont particulièrement mobilisées ce matin, c’est parce que l’actualité sociale est chaude dans le Cotentin : les étudiants et lycéens peuvent bouger, mais ce sont surtout les salariés de la Sanmina – une entreprise locale, en cours de délocalisation – qui risquent de venir troubler la belle cérémonie.

 

P1040408.JPGC’est à bord de la voiture du commissaire, frappée du sigle « Police » à l’extérieur du pare-soleil, que j’arrive sur le parking du port réservé aux invités. A peine descendu, je tombe sur mes confrères de La Presse de la Manche et d'Ouest France, avec qui j’ai travaillé lors de mon passage dans la grande famille de la PQR.

« Ben alors, Jérôme, qu’est-ce que tu fous là ? T’as changé de voie, tu passes le concours de police ou quoi ? (Eclats de rire.)

-         Non, je suis en stage d’observation au commissariat. C’est Sciences-Po qui m’a affecté à Cherbourg.

-         En stage d’observation ? Tu vas observer quoi : l’alcoolisme au travail ? » (Eclats de rire partagés.)

 

C’est avec ces mêmes collègues que je rejoins la tribune officielle pour assister à l’inauguration. La classe : je m’assois sur les bancs de la presse. Peu de choses à dire sur la cérémonie, où se succèdent les orateurs pour une litanie qui me semble interminable. Malgré la météo clémente, une batterie de parapluies est prête à ma gauche, au cas où la pluie ferait son apparition. A Cherbourg, le parapluie est le prolongement naturel du bras droit, comme le pastis à Marseille.

La musique est très présente lors de la cérémonie : l’harmonie municipale, d’abord, s’évertue à réchauffer l’air plutôt frais qui baigne le port d’une douceur "normande". Puis c’est une fanfare bretonne de la Marine nationale, le « Bagad de Lann-Bihoué », qui nous gratifie de solos de biniou, sur fond de cornemuses. Surprise : l’ensemble est plutôt rock’n’roll. Même que ça swingue. Dernier participant à cet ensemble choral, un homme frêle, pas charismatique pour un sou. Il s’avance seul au milieu des musiciens à la fin de l’inauguration pour chanter les hymnes français et finlandais – c’est en Finlande que le bateau a été construit. Quand il prononce les premières phrases dans un finlandais approximatif, je ne peux m’empêcher d’esquisser un petit sourire en coin, partagé avec mon voisin. Jusqu’à m’apercevoir que le mec a du coffre et que c’est vachement couillu de chanter, en finnois, et devant cinq cents personnes, des paroles auxquelles on ne comprend absolument rien. Chapeau l’artiste.

 

Je retrouve le commissaire peu après le traditionnel lancer de bouteille de champagne sur la coque – un instant toujours fun, qui sert à baptiser le navire. Il me raconte comment ses hommes ont bloqué les manifestants de la Sanmina à quelques mètres de la cérémonie. « J’ai eu la brillante idée d’installer un double barriérage à l’entrée du port, m’annonce-t-il avec un sourire ironique. Une délégation a été reçue par un conseiller du ministre et le dircab du préfet. Les manifestants sont déjà tous partis. » Traduction : succès de l’opération de police. Michel Le Cavorzin prend son talkie walkie et annonce à un interlocuteur mystérieux : « on peut alléger les troupes. »

 

Dans le fréteur, où nous – journalistes, élus et officiels – sommes montés pour la visite, ça chambre entre députés et sénateurs. Dominique Bussereau y va de sa petite vanne, genre « si vous les sénateurs, vous foutiez quelque chose, ça se saurait. » Merde, je me surprends à me marrer, moi aussi. Tout ce petit monde rejoint ensuite le « cocktail déjeunatoire » organisé par la Brittany Ferries. Bien aidé par l’entrain de mes collègues de PQR, je m’empiffre de langoustines, d’huîtres, de noix de Saint-Jacques et de verrines. Trop dure, la vie de journaliste. Pourquoi ne suis-je pas devenu prof de français ? (A suivre...)

par Jérôme Lefilliâtre publié dans : écrit
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Samedi 1 décembre 2007
Ivan, lui aussi,  y est allé de sa petite touche.

"A 8h30, Nicolas Beytout, ex-directeur de la rédaction de Echos puis du Figaro embauché par Bernard Arnault pour diriger les médias de LVMH, nous raconte son outing de la semaine dernière par le Président de la République. Vous savez bien de quoi je parle.

“J’étais très emmerdé.”

Il nous impressionne en racontant l’embauche secrète de Nicolas Sarkozy en 1995, après plusieurs jours de négo, pour le feuilleton de l’été des Echos, les Lettres de mon Chateau. On gigote quand il avoue qu’il est bien passé au Fouquet’s le dimanche 6 mai à l’invitation de Nicolas Sarkozy, juste “une demi-heure.” Et bravo quand il refuse de prendre la direction de toutes les rédactions du groupe TF1 parce que “le niveau intellectuel des journalistes à la télé est inférieur à ceux de la presse écrite” (ah oui à l’Ecole tout le monde veut faire du grand reportage en presse écrite). Au final, on n’a pas appris grand chose mais c’est du conversation-fuel pour 1 semaine ! Cécile a tout retranscrit ici."

C’est dommage car Ivan et Cécile reviennent peu finalement sur les explications de Beytout sur l’affaire Sarko/les Echos. Je n’ai pas de notes et deux semaines plus tard, je dois fouiller ma mémoire.

En substance, Beytout nous a dit que Sarko, « ce qui était une erreur », n’a fait que « s’interroger avec les journalistes des Echos  des rumeurs en cours », que « Sarko n’a pas affirmé mais demandé. » M. Beytout a également affirmé que « depuis deux mois et demi, j’essaye de ne plus avoir aucun contact avec Sarko, pour éviter ce genre de désagréments justement. » Et que donc, comme le retranscrit Ivan, « j’étais très emmerdé ».
Pour justifier ses propos, Beytout nous a expliqué qu’il avait contacté 4 des 6 personnes présentes lors de la réunions Sarko/les Echos. Il n’a pas parlé au président et au responsable de la fuite.
Ces 4 personnes lui ont toutes affirmé « que les propos de Sarko avaient été déformés par Rue 89 et par le mouchard. »

Ainsi, pour lui, "évidemment Nicolas Sarkozy n'a rien à voir avec ma nomination."


PS : "ah oui à l’Ecole tout le monde veut faire du grand reportage en presse écrite." Sympa pour Caroline, Sophie, Aurélie et les autres qui pense
nt à la télé.... :)

 

par Quentin publié dans : Scoop communauté : Apprentis journalistes
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Samedi 1 décembre 2007
On fait confiance à Cécile pour prendre des notes,  on lui demande
"tu prends des notes pour le blog ?" (sous-entendu Boulevard117)
"Oui, oui"
Et évidemment, elle met tout sur son blog, et une histoire Sciences Po par excellence passe sur I was like.
Alors
Entendu en classe
et retranscris par Cécile
Beytout, le seul, l'unique.

Beytout et Les Echos:

“Les journalistes des Echos ont signé une clause de cession de 2ans, ça veut dire que pendant deux ans, les journalistes ne vont pas pouvoir compter sur une équipe en place, puisque si l’un d’entre eux trouve un autre emploi, il peut faire jouer la clause et se barrer. D’habitude c’est six mois une clause de cession (même si devant les prud’hommes, ça se défend jusqu’à 2ans)”

Beytout et le modèle français :


“On paye ce qui s’est passé les dernières 50 années: après la 2ème Guerre Mondiale, on dit , “il faut préserver la diversité de la presse”, du coup on met en place des règles législatives, comme la Loi Bichet, pour que quiconque voulant faire un journal puisse le faire, pour qu’il y ait des conditions d’égalité parfaite.

Exemple: je veux créer Plouc magasine, le magasine de référence des Ploucs, j’en tire 200 000 exemplaires et les kiosquiers sont obligés de le prendre. En plus ce n’est pas le kiosquier qui règle la quantité mais l’éditeur.

Du coup ça fait monter des petits journaux mais ça a aussi empêché des grands journaux de s’imposer. Il y a d’autres modèles, celui-là empêche de grands groupes de presse de se renforcer. On voulait faire beaucoup de journaux riches et indépendants aujourd’hui on en a peu, ils sont pauvres et dans les mains de grands groupes dont ce n’est pas le métier. “

Beytout, la presse et les grands groupes:

“Quel est l’intérêt pour un groupe industriel d’investir dans la presse française si ce n’est pas pour avoir une plateforme médiatique?” (je n’ai pas bien compris là dessus: il est en train de dire que les grands groupes veulent une plateforme médiatique pour eux-mêmes, c’est à dire genre pour faire passer leurs messages, ou il est en train de dire que les grands groupes investissent dans la presse pour avoir une plateforme de différents médias, un groupe multimédia i.e presse écrite, télé, radio, etc? je penche pour la deuxième version)

En France, on a cette idée que les journalistes doivent être propriétaires de leur journal, comme au Monde. On arrive à un système, où comme les journalistes élisent leur patron, on a jamais un consensus pour celui qui a une politique salariale serrée mais pourrait investir, mais au contraire pour celui qui ne travaille pas pour le journal mais pour ceux qui y travaillent.”

Beytout et les blagues

“Bon, j’ai lu qu’en janvier on rachète TF1, en février on rachète le Financial Times, et en mars on rachète le Figaro! Et bien sûr je dirige tout ça tout seul.”

Beytout, la presse écrite et la télévision:

“La qualité intellectuelle moyenne des équipes de journalistes à TF1 et à la télévision en général est plus réduite que dans la presse écrite” voyant que je prends activement des notes “Et ho, c’est off !!!” “oh bah non…” “bon ben prenez bien en note ce que je dis alors, ne déformez pas” si vous voyez une déformation dîtes moi, parce que j’ai arrêté de noter trente secondes quand il a dit c’est off!
“Ce que je veux dire, c’est que l’input intellectuel que vous mettez dans un journal écrit n’est pas le même que dans un journal télé, c’est logique, un journal télé entier c’est l’équivalent en texte d’une page du Figaro!”

Beytout et Etienne Mougeotte:

“Vous connaissez le proverbe Mon prédécesseur était un incapable mon successeur sera un intrigant! Mais bien sûr ce n’est pas du tout ce que je pense d’Etienne. C’est un très grand journaliste. Après son image, son indépendance, ce sera à lui de la démontrer tous les jours, mais bon voilà.
Il y avait d’autres candidats pour le Figaro, Mougeotte est quand même quelqu’un d’ouvert, je veux dire, prenez des sujets au coeur du Figaro, comme l’homosexualité : la façon dont le Figaro a traité le PACS c’est d’un ringardisme incroyable! TF1 était beaucoup plus ouvert et tolérant là-dessus. C’est pas étonnant puisque TF1 suit l’audience et cherche le consensus, donc si la société évolue TF1 évolue”.

 




par Quentin publié dans : Scoop communauté : Apprentis journalistes
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 novembre 2007
 
     Bilan de sa journée chez Leclerc par Lorraine:


"Sinon, il y a un mec pas mal du tout , Guillaume du service qualité. Demain je dois  le voir dans son bureau  pour qu'il m'explique la certification.... (sourire  entendu et gloussement pré-orgasmique*)

Il est un peu comme Paul**... Mais moins bien, parce que bon on est chez Leclerc quand même"



* Désolée Lorraine, je n'ai pas trouvé d'autres mots pour exprimer ce rire si particulier
** Les noms des personnages ont été volontairement modifiés, à la demande de l'intéressée

par Natalène publié dans : Perles
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 27 novembre 2007
Cette semaine de stage ne doit pas être une raison pour se détourner du potin qui agite le milieu. Nicolas Sarkozy serait-il avec Laurence Ferrari? 

Oui, bien sûr, on va encore nous dire que ce n'est pas notre rôle de journaliste de commenter ce genre de rumeur ou de divulguer ce type d'information. Enfin, toujours est-il que l'info court dans les médias étrangers depuis quelques jours, et que certains sites Internet français commencent même à la relayer. On parle d'ores et déjà de photos plus ou moins volées du couple en voyage à Marrakech que s'apprêterait à publier un journal suisse.

Ca vous rappelle quelque chose? Une certaine affaire de divorce, peut-être? Ou bien encore les frasques hollando-royalistes?

C'est toujours la même rengaine. Le milieu politico médiatique glose et commente pendant quelques jours, la presse étrangère prend le taureau par les cornes (La Tribune de Genève pour le divorce, Le Daily Mail à propos de Laurence Ferrari), la blogosphère française se met progressivement en émoi et, enfin, la presse "sérieuse" finit par annoncer la nouvelle une fois qu'elle a été officialisée par les principaux intéressés.

Une seule chose est sûre. La presse française va encore sortir grandie de ce genre d'épisode. Dans son article, le Daily Mail donne déjà dans l'euphémisme vachard en qualifiant ses homologues français de "notoriously cautious".

Bref, on va nous resservir un nouvel avatar du débat sur le rôle des journalistes face à la vie privée des hommes politiques. Christophe Barbier pourra se fendre d'un nouvel édito hypocrite dans le genre "on-savait-mais-on-a-rien-dit-parce-qu'-on-en-parle-que-quand-il-y-a-des-conséquences-politiques-et-quand-même-la-vie-privée-du-Président-de-la-République-c'est-pas-comme-si-ça-en-avait". Et finalement, le prochain ragot politique éclatera exactement de la même façon.

Il serait peut-être temps de traiter ce genre d'info autrement, non?
par Jean-Baptiste publié dans : A propos de journalisme
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Lundi 26 novembre 2007
Face à l'enthousiasme général déclenché par le premier post de cette rubrique de questionements sur le métier de journaliste, récidivons. Voici un extrait de l'excellent documentaire de Marcel Ophuls "Veillées d'Armes", consacré aux correspondants de guerre pendant le conflit en Yougoslavie il y a quinze ans. Pour ceux que ça intéresse, je suis l'heureux possesseur dudit documentaire en DVD, donc n'hésitez pas...

L'extrait suivant est très court mais soulève une question assez profonde : un journaliste peut-il "aimer" couvrir des conflits ? Un journaliste peut-il "s'amuser" à raconter la mort et la destruction ? Les journalistes ont-ils pris leur pied le 11 septembre 2001 ? Inconsciemment certainement, et ça fait partie des côtés détestables de ce métier. Maintenant, l'essentiel est-ce que ce n'est pas d'avoir conscience de ce phénomène inconscient ?


Veillées d'armes
envoyé par vodeo

par Louis publié dans : A propos de journalisme
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Samedi 24 novembre 2007

clip-image002.jpg













            

          

          Dressed in a black suit, very classy, with a bow tie, he just comes from a TV show he made for Tele Monte-Carlo, a French televisi
on, where he disguised himself in Mrs Doubtfire, his favourite character. Alain Robin is a doppelganger of the American actor Robin Williams. The official one. “The only one all over the world”, he says proudly.

           

Now he is 53 but the comedian has been playing the role of another person since 1994. It was several months he had in mind to become Robin William’s double, but he really decided it when the film Mrs Doubtfire came out that year. “Everybody was talking about this movie and I went to a cinema in Paris to see it. It was cold. I went there alone. In the path leading to the cinema, I heard people say "It’s Robin Williams". They asked me if it was true and I answered in a poor English "Yes, I am, but don’t say anything, I’m here incognito".” He repeated this scene a second time. Other people had same reactions. He knew on that moment he got a new job.

 

            When he describes his profession, Alain Robin – not his real name, but the way he wants to be called – can not stop telling stories linked to his resemblance with the international star. One day in Los Angeles, California, a few weeks after the film Jumanji was shot, he entered the studios of Paramount with a friend. Everybody thought he was the real one. “Technicians who had worked on that movie couldn’t believe me when I told them I was the French doppelganger of the actor. They only answered "It is bullshit. Stop making fun of us, Robin."”

           

Alain Robin lives in the 18th district of Paris, somewhere between Montmartre and Pigalle. The door of his flat hangs a panel where the inscription “Entrée des artistes” is written. His role is to play Robin William’s double but he defines himself as a comedian. He has been doing this job for more than 25 years. Alain first worked as a cooker and a seller.

           

He confesses that he sometimes had problems to play this role. “In the first times, I wasn’t myself anymore. I was speaking only about him, about Robin. I was always trying to look exactly like him”. When he talks about himself, Alain Robin keeps sitting quietly on the couch, but he gets up as soon as he tells another doppelganger story, with large gestures around him in the air, raising his voice. Even during an interview, Alain Robin remains a comedian.

           

“People often ask me how I feel being a double. I do not have to compel myself. For me, it is a game I play. But it is very important to make the difference between the person I am, Alain, the person I imitate, Robin Williams and Mrs Doubtfire, the character I play as an actor.” He says these words as if he had pronounced them a million times. Alain Robin is used to meet people that are very curious about his singular way to make a living.

           

He plays his show – which recalls the different roles and movies of Robin William’s career – in theatres, bars, restaurants and schools, even in retirement houses. He also made commercials and played in movies – Podium for example, directed by Yann Moix, telling the story of a doppelganger of Claude François, a famous French singer from the seventies. He asserts that he does not have any problem to find contracts because he is now “well-known” in the show-business. He is very friend with the doppelgangers of Bruce Willis, Whoopi Goldberg and Sean Connery. “We call ourselves Robin, Bruce, Whoopi or Sean, never by our real names”, he says with a little smile.

 

Alain admits he is a little afraid when he thinks about his future. “I really care about tomorrow. It will be a new day and I can not rest like lots of famous actors and actresses. I worry about Robin’s career. I check every month on the internet if there are rumours about him. I hope he will soon make Mrs Doubtfire 2.”


Jérôme Lefilliâtre

 

 
par Ecole de Journalisme de Sciences Po publié dans : écrit communauté : Apprentis journalistes
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Vendredi 23 novembre 2007


(photo parue dans le JDD du 4/11/07 et mise en ligne le 6/11/07 - Raymond Delalande/JDD)

 

Une avocate noire de 29 ans se présente aux militants de la section socialiste du 1er arrondissement, le mercredi 3 octobre. Elle n’y connaît personne, mais veut être élue tête de liste pour les élections municipales dans quinze jours. Face à elle, troix rivaux : Alain Le Garrec, 61 ans, conseiller de Paris depuis 12 ans; Aurélien Chevallier, 35 ans, ancien secrétaire de la section pendant 10 ans; et Françoise Fabre, 59 ans, trésorière. Seybah Dagoma les battra tous.

 

Elle est ambitieuse, et bien que « personne ne la connaisse » elle n’a pas peur de demander à Le Garrec de se désister: « Je lui ai proposé d’être mon second. Il me paraissait important d’associer nos forces : la considérable expérience de terrain d’Alain et ma motivation. Alain a donc décidé de me soutenir. » Le candidat « naturel » de la section admet avoir eu « un déclic négatif » quand Patrick Bloche, le premier secrétaire de la fédération de Paris et directeur de campagne de Bertrand Delanoë, lui parle de faire équipe avec elle. Mais il finit par accepter, officiellement séduit par sa personnalité. « Elle est très bien organisée dans sa tête. Elle sait écouter, elle prend le temps de parler aux gens. Surtout, elle a une grande envie d’apprendre. » A sa manière, Françoise Fabre, la trésorière historique de la section, confirme ce trait de caractère : « Elle a les dents qui déchiquettent le parquet, mais elle est loin d’être sotte; elle apprend vite !» Tout le monde comprend aussi que la jeunesse de Dagoma est un atout pour tenter de gagner – enfin – le 1er arrondissement, le plus petit de Paris, où l’élection de 2001 s’est jouée à 285 voix.

 

L’expérience militante de Seybah Dagoma est pourtant limitée. Née en 1978 à Nantes de parents tchadiens, sa famille s’installe à Sarcelles lorsqu’elle a cinq ans. A quinze ans, elle participe à une association de soutien scolaire pour les enfants issus de l’immigration noire africaine, France Espoir. Lors des élections municipales de 1995, elle commence à « militer sans carte » au Parti Socialiste. Sarcelles est la ville de Dominique Strauss-Kahn, conseiller municipal depuis 1989, dont elle se rapproche alors. L’adhésion au PS a finalement lieu en 2005, dans le 3ème arrondissement, quand elle déménage à Paris. « Elle n’était pas très militante de terrain, de base. On ne la voyait pas toutes les semaines, mais quand elle venait aux réunions elle participait activement aux réflexions théoriques, surtout sur la vie économique » se souvient Flora Bolter, la secrétaire de section du 3ème.

 

A Paris, Dagoma ne quitte pas les réseaux strauss-kahniens et s’implique dans A Gauche en Europe, le think-tank de Strauss-Kahn. En 2006, elle est l’un des deux animateurs du groupe de travail sur l’aide au développement, présidé par Michel Rocard. En 2007, elle contribue au forum national de la rénovation « Les Socialistes et le marché » sur le thème des fonds d’investissement, dont elle est spécialiste. Diplômée en droit de la Sorbonne, titulaire d’un DEA en droit des affaires et de l’économie, elle poursuit actuellement et depuis janvier 2007 une thèse sur la restructuration des dettes de société à la Sorbonne. Entre son DEA et sa thèse, elle a travaillé dans le cabinet d’avocats d’affaires Cleary Gottlieb. «La ville de Paris pourrait mettre à profit ses compétences » estime Le Garrec.

 

Jeune, noire, un CV sans faute : Dagoma symbolise le renouvellement, mais comment expliquer que les militants aient élu cette inconnue totale ? Pour Aurélien Chevallier, un des perdants de l’investiture, Seybah Dagoma « est là pour compléter le dispositif parisien de Bertrand Delanoë. » Traduire : le Maire de Paris veut que ses vingt têtes de listes soient à parité hommes-femmes et représentent la diversité du parti. Un militant local approuve : « Ça va bien de parler de diversité, mais à un moment il faut que ça se concrétise. »

 

Delanoë met donc tout son poids pour faire pencher les militants vers son « ticket gagnant » : le 8 octobre à son premier meeting à la Mutualité, il rencontre Dagoma - pour la première fois - et insiste pour que Le Garrec lui laisse sa place. Le 11 octobre, sept jours avant le vote, il lui écrit une lettre de soutien qui sera diffusée aux militants : « ta désignation représente un signe de renouvellement, de féminisation et d’attention à la diversité de nos candidats, ce qui est, nous en convenons tous, un enjeu majeur que nous ne pouvons plus négliger. » Le 14, il se déplace sur le marché de la rue Montmartre, tient Dagoma par la manche et demande explicitement aux militants de la « désigner ». Et le 15, il envoie Patrick Bloche en service commandé à l’assemblée générale de la section, où les candidats à l’investiture doivent débattre devant les militants.

 

Dagoma y est mal à l’aise dans la position de « parachutée. » Surtout que les militants, en votant pour elle, votent en réalité pour Le Garrec. C’est l’arrangement suggéré par Bloche : en cas de victoire, Le Garrec pourrait prendre la mairie d’arrondissement, tandis que Dagoma serait appelée par Delanoë pour devenir son adjointe, un poste incompatible avec celui de maire du 1er. « J’ai dit aux militants qui me demandaient qui serait maire que je ne pouvais pas m’engager sur quelque chose que je ne pouvais pas faire respecter (…) En tout état de cause, je me présente pour être maire, et je m’engage à ce que Le Garrec soit mon numéro deux. » Mais Le Garrec lui-même n’exclut pas qu’un tel arrangement puisse envoyer Dagoma auprès de Delanoë: « Elle n’aurait pas été élue si j’avais maintenu ma candidature; les militants ont en réalité voté pour moi. Tout le monde – y compris elle – le sait. Quant à la question de savoir qui sera maire, pour l’instant c’est elle, mais évidemment elle peut être appelée à d’autres fonctions. On ne sait pas ce qui peut se passer.»

 

Qu’importe, Dagoma évoque quelques idées centrales de son projet pour le 1er: engager une réflexion sur la création de crèches d’entreprises, et développer l’offre de « logements à prix abordables. » Avant de définir plus précisément son programme, elle a l’intention d’organiser des discussions « participatives » avec les habitants du 1er.

 

Le 18 octobre, Seybah Dagoma remporte l’investiture par 46 voix contre 33 à Aurélien Chevallier (la troisième candidate, Françoise Fabre, s’est retirée au profit de Chevallier pour contrer Dagoma). Désormais, la nouvelle tête de liste ne veut plus entendre parler de parachutage: « J’ai été clairement désignée par les militants. On a joué projet contre projet, et j’ai gagné. »

par Ivan publié dans : écrit
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 21 novembre 2007
boomp3.com

 


Amusez-vous bien !

François Mazet

En cadeau, quelques "dirctor's cut "bien savoureux

boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com boomp3.com 

Et un mélange pour donner un bon gros mal de crâne (Quentin) boomp3.com
par François publié dans : radio communauté : Apprentis journalistes
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander

Boulevard 117

Le blog collectif et non-officiel de M. Panda, étudiant en première année de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po

117 boulevard Saint-Germain

75006 Paris

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Derniers Commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus