Boulevard 117

Blog collectif des étudiants de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris. Reportages, papiers, chroniques, actualités de l'école.

117 boulevard St Germain
75006 Paris

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Jeudi 31 janvier 2008
par François


La résistance comme seule obédience


« J’ai vécu les présidentielles de 2007 comme une honte pour la France et pour la démocratie, un vrai scandale ! » s’insurge Laurent Dupuis : « la campagne avait été fabriquée par les grands médias, il n’y a pas eu de vrais débats, que de la com’ bipolaire ».
Comme plusieurs milliers d’autres, c’est en écoutant François Bayrou qu’il ressent le besoin de l’engagement : « entre les deux tours, Bayrou a dit qu’il voulait faire de la politique autrement avec un nouveau parti transcendant les clivages. Je me suis dit : chiche ! ».

Dans la même semaine, Laurent Dupuis prend sa carte à ce qui est encore l’UDF, va à la Mutualité écouter le leader centriste, et se retrouve suppléant de Séverine de Compreignac aux législatives dans la 7e circonscription du Val-de-Marne. Le duo prend la 3e place du premier tour avec 14% des voix. Laurent Dupuis vient, à 45 ans, de connaître sa première campagne électorale, sa première expérience militante.
Finie la 7e, cap sur Nogent-sur-Marne, cette ville aisée de l’est parisien où la famille Dupuis est installée depuis 5 ans. Laurent entend en devenir le maire, et rompre avec l’étouffante mainmise historique de la droite conservatrice sur cette ville agréable qui compte près de 30.000 habitants.
 

Jusqu’au 18 mars, date du second tour des élection municipales, la vie de Laurent Dupuis ressemble plus au trafic de l’autoroute A4 voisine qu’au tranquille cours de la Marne, point cardinal des Nogentais. Des distributions de tracts sur les marchés aux réunions privées que ses sympathisants organisent chez eux avec quelques voisins, la tête de liste du MODEM déclame le sens de son engagement : « notre équipe se base sur des valeurs, celles de l’humanisme, de l’écoute, du respect, de la démocratie et de l’innovation ». « Nous voulons donner l’image d’un groupe uni et ouvert à toutes le bonnes volontés : les bonnes idées ne sont ni de droite ni de gauche, elles sont au service du bien commun. Nous voulons faire passer le message de notre compétence et de notre savoir-faire pour mener la ville de Nogent » ajoute-t-il. Et Laurent Dupuis sait ce que sont le management et l’innovation.
 

Né à Paris, ce père de deux enfants âgés de 8 et 12 ans a fait ses études à l’ESC (Ecole supérieure de commerce) de Rouen, avant de partir en coopération à Chicago. Rentré en France, il travaille pour Unilever avant de devenir son propre patron, en 1992, date à laquelle il fonde sa PME de conseil en stratégie de l’innovation pour les entreprises. 

Seules cinq personnes, des voisins, ont ce soir là répondu présentes à l’invitation de Martine Prunier à venir chez elle pour écouter et découvrir le candidat du parti bayrouiste à la mairie. Tout juste retraitée du service de presse d’Air France, la directrice de communication de la campagne de Dupuis a elle aussi tourné à l’orange au printemps 2007. « Je votais généralement UDF pour ses valeurs européistes et libérales, mais je ne suis entrée en politique qu’en rencontrant Laurent, quelqu’un d’ouvert, qui sait écouter les gens, un fédérateur et un leader pour une équipe ». Dans ses pas, elle est partie sur les chemins de la refondation : « il n’y avait que sept adhérents à l’ancienne UDF de Nogent, plus quelques élus. Ils sont tous partis à droite, nous avons créé une section MODEM, et nous sommes désormais 70 ».

« Comme ailleurs, le MODEM est devenu un parti jeune, très dynamique, fédérateur. Les membres de notre liste viennent du centre-droit, du centre-gauche et de Cap 21. Ce qui nous rassemble, c’est cette volonté de travailler ensemble pour nos concitoyens » précise Laurent Dupuis, « pour Nogent, on veut montrer notre capacité à gérer la ville, prouver nos compétences en gouvernance publique », tout en avouant  que « nous sommes plutôt issus de classes moyennes ou aisées, même si nous sommes de tous horizons ».

Insatiablement, Laurent Dupuis présente le programme de « Nogent passionnement » tout au long du défilé d’un power-point. Debout, cet homme de taille moyenne aux lunettes rectangulaires et au front dégarni sous une chevelure poivre et sel essaie de convaincre du bien-fondé de sa démarche d’opposition. En bon conférencier, il s’assure d’être bien compris, de répondre aux questions avec précision comme pour affirmer qu’il connaît bien ses dossiers.

Ce qui ne l’empèche pas de lancer quelques piques à l’adresse de ses prédecesseurs : « le maire sortant a fortement augmenté les impôts en se cachant derrière de fausses raisons, il fait primer ses interêts sur ceux de la commune et c’est un roi du clientélisme. Nous, nous voulons remettre l’homme au centre des politiques publiques, ne pas faire de démagogie ».

Interrogé sur ses ambitions, le discours se fait direct et persuadé : « la victoire, c’est tout ce qui nous interesse, et nous pouvons le faire. L’équipe est compétente, soudée. En plus, il y a trois listes à droite qui se tirent systématiquement dans les pates. Et comme le PS, même rose pale,  n’a aucune chance de gagner ici, cela nous ouvre une fenètre de tir. En tout cas, nous y croyons et nous mettons toute notre énergie dans la bataille ». Reste à convaincre les électeurs d’une ville conservatrice de faire le grand saut au centre. Pour mettre en avant ses valeurs, l’équipe Dupuis a choisi l’abeille comme symbole : « nous voulons retrouver le travail en équipe et le sens de la collectivité, comme dans une ruche ». Pour cela, Laurent Dupuis décline invariablement ses « trois R » : rassemblement,  renouvellement, refondation démocratique. 

Mais surtout, Laurent Dupuis rappelle qu’il pourrait retourner très vite de là d’où il vient : « si je ne croyais pas en cette équipe, je retournerais dans ma PME, je ne suis pas un politicien. L’engagement en politique est dur, on se fache avec des gens, on en rencontre beaucoup d’autres. Mais la campagne,  c’est comme avoir deux temps-plein en même temps, une vraie course de fond. C’est difficile pour ma famille qui ne me voit pas beaucoup en ce moment. J’ai déserté mon club de tennis de table et ranger le vélo jusqu’à nouvel ordre ». Mais pour lui, le jeu en vaut la chandelle : « les gens sont sensibles à l’innovation, au langage vrai et à des engagements réalistes ». En attendant de faire de Nogent-sur-Marne « la ville phare de l’est parisien », Laurent Dupuis entend faire briller son auréole orangée.

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Samedi 26 janvier 2008
par Keth/Cé
Editions spéciale Rey (vendredi, EVN, 14h45-16h45)

Premier cours de 2008:
"D'abord bonjour à tous. Je voulais vous souhaiter une très bonne année à vous, votre famille, vos amis, vos femmes vos maris vos amants vos maitresses..."

Réagissant au commentaire d'un reportage sur un camp de réfugiés en Afrique, où sur une image de petit enfant au visage émacié, le commentaire faisait "Ce petit enfant... combien de temps lui reste-t-il à vivre?"
Rey répond: "Il existe déjà une mère Thérésa... elle n'est pas encore morte!"
(On n'a pas osé le contredire)

La série Julien D. / P. Rey:

Julien, avant de lancer son sujet : "Je me souviens plus de ma voix, mais je crois que je cours"
Rey : "Alors, vous voyez Solenn et Aurélie elles ont des voix un peu mâles... et parfois toi Julien tu es un peu... fémi...."
(Julien sort).
(Julien rerentre)
Rey enchaîne: "Et là c'est un moment dramatique! On s'interroge: Va-t-il revenir? Ne va-t-il pas revenir?"

Et le cours d'après:
Rey : "La voix y a du progrès. Bon. Je trouve pas que tu aies non plus une grosse voix pleine de biceps et de muscles mais..."

Spécial Marina:

EVN sur la tempête aux Etats-Unis (quelque part dans le Midwest on sait pas trop où). 

Commentaire de Marina "Autre décor, même situation d'urgence. Nous sommes dans le Missouri..."
Julien: Comment tu sais que c'est le Missouri?
Marina: Ben... j'lai un peu inventé mais bon...

Fin de son reportage: images d'un camion sorti de la route à cheval sur une barrière qui sépare les deux voix d'une autoroute. commentaire: "Les autorités restent sur le qui vive, prêtes à intervenir" 
(Rires dans la salle)
Marina: "J'croyais qu'il était stationné"!

Cécile en Newsroom
"Tu sais, à un moment dans les footings de Clara Rojas... les footageuh.. les "footage" (prononcer à l'américaine). Enfin les rush quoi!"
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Vendredi 25 janvier 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
EXCLUSIF. D'après nos informations, Jean-Michel Dumay, président de la société des rédacteurs du Monde, devrait quitter son poste le 31 mars prochain. L'information a filtré de la réunion qui s'est tenue cet après-midi au sein du quotidien. 
Eric Fottorino devrait être élu très vite à la présidence du directoire.

Jérôme Lefilliâtre et François Mazet
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Samedi 19 janvier 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
Sur le même thème que Louis. Deux visions différentes du problème.

Interview de Mathieu KAISER, économiste à la Direction des Etudes Economiques de BNP-Paribas.

L’INSEE a publié mardi les chiffres de l’inflation de décembre, en progression de 0,4% par rapport à novembre et de 2,6% par rapport à décembre 2006. Cette accélération du niveau général des prix explique-t-elle à elle seule le sentiment des ménages français d’une stagnation, voire d’un recul de leur pouvoir d’achat ?

Ce sentiment est justifié pour le dernier trimestre 2007. Le salaire moyen brut (en euros courants) progresse moins vite que les prix, d’où un recul du salaire réel des ménages, en baisse de 0,4% par rapport au trimestre précédent. L’inflation est un facteur très important de la perte de pouvoir d’achat, qui est devenue la principale cause de démoralisation des ménages en ce moment.
De manière plus durable, les inquiétudes sur le pouvoir d’achat viennent aussi de  l’évolution plus faible des revenus des ménages. Depuis 2002, le salaire moyen brut progresse de 2,6% par an, une augmentation plus faible que celle du SMIC horaire (4,5% l'an). Il y a eu un écrasement des grilles salariales vers le bas suite au passage aux 35 heures. Cela joue dans le sentiment de déclassement des classes moyennes. Ce sont elles qui sont le plus fortement touchées par la perte de pouvoir d’achat. Les classes aisées ont elles pu compter sur leurs revenus du patrimoine.

Peut-on déjà estimer l’effet de cette stagnation du pouvoir d’achat sur la consommation des ménages ?

La consommation des ménages a montré des signes très clairs d’essoufflement au quatrième trimestre 2007 : elle a crû de 0,2% seulement contre 0,8% au trimestre précédent. En particulier, les dépenses de biens manufacturés ont reculé fortement sur la période. Or ces dépenses comptent entre 25 et 30% dans la consommation totale des ménages.
Parallèlement, les dépenses énergétiques ont augmenté fortement, surtout en décembre, à cause du froid. Les dépenses de services restent aussi dynamiques. Au total, cela devrait compenser en partie la baisse des dépenses des produits manufacturés.
Ce ralentissement de la consommation des ménages n’est pas sans effet sur la croissance car la consommation contribue à hauteur de 50% du PIB.

A quoi doit-on s’attendre en 2008 ?

On s’attend à ce que l’inflation reste à un niveau élevé début 2008, au moins jusqu’au troisième trimestre. Le pouvoir d’achat des salaires (au premier trimestre 2008) va progresser de façon marginale par rapport au dernier trimestre 2007, le salaire réel n’augmentant que de 0,3%. Sur l’ensemble de l’année 2008, on s’attend à une hausse des salaires réels de 0,4% seulement contre 1,2% en 2007.

Comment peut-on inverser la tendance ?

Le déterminant principal du pouvoir d’achat à moyen terme, ce sont les revenus. Il est donc nécessaire de redresser la croissance moyenne en France et d’améliorer le fonctionnement du marché du travail.
Sur les marchés des biens et des services, une augmentation de la concurrence pourrait faire baisser les prix, surtout pour les services, dont les prix sont très dynamiques (ils progressent de 2,4% en glissement annuel).

Le « low cost » peut-il être un levier pour le pouvoir d’achat, comme le préconise le rapport Beigbeder ?


Il faut veiller à ne pas tomber dans une économie de la déflation. Il est encore plus difficile d’en sortir que de lutter contre l’inflation. La déflation pèse en effet sur l’activité et sur l’emploi. Le low cost, pourquoi pas, mais c’est comme faire des soldes toutes l’année. Est-ce soutenable pour l’économie à long terme ?

Recueilli par L.R.
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Vendredi 18 janvier 2008
par Louis
J'ai réalisé cette interview tout à l'heure pour mon cours de presse écrite économique. Comme je la trouve intéressante, je me permets de vous la faire partager.

Interview d'Eric Heyer


Eric Heyer est directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE).

index-pouvoir-achat.jpgLe pouvoir d'achat est une des préoccupations majeures des Français, que pouvez-vous nous dire sur sa réalité chiffrée ?

Le pouvoir d'achat, concrètement, c'est l'écart entre l'augmentation des revenus et l'inflation. Il se trouve qu'en France cet écart est positif, c'est à dire que les revenus augmentent un peu plus vite que les prix, donc qu'en moyenne le pouvoir d'achat ne recule pas et a même tendance à progresser légèrement. Mais ce constat soulève deux nuances. La première concerne les chiffres de l'inflation communiqués par l'INSEE, qui sous-estimerait la hausse des prix et qui fausserait donc le calcul du pouvoir d'achat. La seconde, qui est très importante, c'est que lorsque l'on parle de pouvoir d'achat, il s'agit de données macro-économiques, de moyennes nationales, qui gomment les disparités entre les différentes catégories au sein du pays.


Et ces disparités sont fortes en France ?

Tout à fait. Il y a en réalité des catégories qui voient leur pouvoir d'achat reculer, typiquement les ménages les plus démunis, alors qu'au contraire les plus riches l'ont vu progresser, parfois très fortement. En termes financiers la hausse de pouvoir d'achat des uns fait plus que compenser la baisse de pouvoir d'achat des autres, ce qui explique qu'en moyenne le pouvoir d'achat augmente. Mais en nombre d'individus, les perdants sont beaucoup plus nombreux que les gagnants, c'est pour cela que la question du pouvoir d'achat se pose si fortement.


Qu'est-ce qui peut expliquer de telles disparités ?

Cette différence s'explique surtout par des structures de consommation différentes. En effet, les ménages les plus riches ont en proportion plus de dépenses de loisir que les plus pauvres, et on constate par exemple que les prix des biens d'équipement audiovisuel (chaînes Hi Fi, écrans plats, etc.) ont fortement reculé. A l'inverse, les ménages les plus pauvres consomment en proportion plus de produits de première nécessité (viande, légumes, etc.), dont les prix ont le plus augmenté. Enfin, il y a un facteur qui joue beaucoup dans ces disparités : le tabac, dont le prix a explosé ces dernières années. Les catégories les moins aisées consomment beaucoup plus de tabac que les plus riches. Et lorsque l'on retire le tabac des statistiques, on se rend compte que les disparités sont bien plus faibles.


Les mesures du gouvernement pour redonner du pouvoir d'achat aux Français vous semblent-elles adaptées ?

Non. On voit bien que, du fait des disparités, il faudrait cibler les mesures censées redonner du pouvoir d'achat sur les catégories sociales les moins riches. Or le gouvernement s'est trompé de cible puisque les mesures prises depuis l'élection de M. Nicolas Sarkozy ont surtout bénéficié aux plus riches. Le gouvernement a baissé l'impôt sur le revenu, c'est une mesure qui ne concerne que les gens qui sont suffisamment aisés pour payer l'impôt. L'allègement des droits de succession, le bouclier fiscal vont dans le même sens. Il aurait au contraire fallu prendre des mesures qui concernent exclusivement les catégories ayant les revenus les plus faibles, comme par exemple augmenter la prime pour l'emploi (PPE).

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Vendredi 18 janvier 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po

Le blog est peu mort en ce moment

C’est normal !

La plupart des contributeurs habituels et des petits nouveaux le trompent avec une nouvelle maîtresse, plus jeune, plus belle, plus cochonne : Muniparis !

Un blog sur les élections municipales à Paris en 2008 avec de l’aventure, des gens des vrais, du sexe, et de temps en temps, de la politque.

 

La dernière vidéo mise en ligne sur Muniparis.




publié dans : la vie à l'école
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Mercredi 16 janvier 2008
par MB, QG, CL

Voilà la grande enquête publiée dans l'Express édition internationale en janvier. Je voulais la mettre en ligne avant mais la vie et les femmes....

Si Chine comprend comment le blog marche, elle rajoutera des photos.

"Les ruelles de terre, les toits de tôle, la déchetterie à ciel ouvert, Radia ne les verra plus. Elle aurait pu partir depuis longtemps grâce à l’argent gagné par sa petite entreprise de couture. Mais il n’y avait aucune possibilité de louer un logement plus décent. Et accéder à la propriété sans une assise financière importante, elle ne pouvait y compter. C’est à 53 ans qu’elle va enfin quitter le bidonville de Bermoussi à Casablanca. Une chance qui, pour elle, met fin à une situation qui demeure le lot de nombreux marocains.

Entre bidonvilles, habitat clandestin et logements insalubres, ils seraient cinq millions de personnes sur les quinze vivant en milieu urbain à ne pas habiter dans des conditions décentes. D’où la priorité donnée par Mohammed VI à la lutte contre la pauvreté, notamment dans le cadre de l’INDH (Initiative nationale pour le développement humain), le « grand chantier de règne » annoncé en mai 2005 et lancé à coups d’inaugurations royales dans tout le royaume.

Si les médinas témoignent d’une longue tradition marocaine en matière d’urbanisme et d’architecture, c’est une toute autre histoire s’agissant du logement social. Le concept en a émergé en 1999 seulement dans le pays. Et la production de ce type de logement n’est pas encore tout à fait rôdée. Malgré des efforts notables. Soucieux de favoriser l’accès au crédit bancaire des populations les plus précaires, l’Etat a notamment constitué des fonds de garantie. Crée en 2004, le Fogarim (Fonds de Garantie pour les revenus irréguliers et modestes affecté aux logements sociaux) décolle réellement aujourd’hui. Son objectif - 30 000 prêts par an - est jugé accessible par les spécialistes. «Le démarrage de ce fonds a été problématique, mais désormais un marchand ambulant peut accéder à la propriété d’un logement sans épargne préalable», assure Taoufik Hejira, le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme dont les services «travaillent directement sur la pauvreté». Un autre fonds de garantie créé par l’Etat, le Fonds Solidarité Habitat, repose, lui, sur une idée simple : utiliser, essentiellement par le biais d’une taxe sur le ciment, les ressources engrangées par la croissance du secteur du bâtiment pour financer des travaux de rénovation de l’habitat insalubre.

Premier propriétaire foncier du pays, l’Etat a mis également 9400 hectares à disposition des promoteurs, privés et publics, pour construire de grands projets d’habitat et d’urbanisme. Une initiative opportune pour un secteur qui a toujours manqué de terrains disponibles au sein des grandes villes.
Mais c’est sans doute le très médiatisé programme Villes sans Bidonvilles qui symbolise le mieux la lutte gouvernementale contre l’habitat précaire. Lancé en 2004, ce projet de 2 milliards d’euros vise à l’éradication de tous les bidonvilles en 2010. Sur 68 projets lancés, 26 ont été achevés, sortant quelques 400 000 marocains de leurs taudis. Si, comme l’admet Taoufik Hejira, le programme « ne marche pas encore sur des roulettes », huit agglomérations, dont Meknès, Khoribga, Beni Mellal et Azrou, ont déjà pu être déclarées «Villes sans Bidonvilles» en 2007.

Reste que les mesures prises par le gouvernement connaissent des limites très claires. L’aide fournie par les différents fonds de garantie s’avère souvent insuffisante pour permettre à ceux qui en ont besoin d’accéder à un logement social. Les bénéficiaires du FOGARIM doivent en effet fournir une avance de 20 000 à 30 000 dirhams (2000 à 3000 euros) pour réserver leur place dans un projet, une dépense que le fonds gouvernemental ne couvre pas. C’est alors à la société civile de prendre le relais, notamment par le biais des associations de micro crédit. La Fondation Zakoura micro-crédit a ainsi créé en 2004 le prêt logement, qui permet aujourd’hui à Radia, bénéficiaire du Fogarim, d’accéder à un logement plus grand, et de quitter le bidonville de Bermoussi. Mais beaucoup ne connaissent pas l’existence de ce micro crédit supplétif souvent indispensable.

La répartition géographique des programmes de logements sociaux constitue un autre problème majeur. Cinq des seize régions du pays en concentrent plus de la moitié. Tête de liste, le Grand Casablanca bénéficie du plus grand nombre de projets. Ce déséquilibre dessine en creux les oubliés de la ruralité dont l’exode est  à l’origine de l’engorgement de zones urbaines déjà surpeuplées. Pour Leïla Akhmisse, directrice du développement de la Fondation Zakoura micro crédit, la seule issue pour sortir de cette impasse, «c’est la construction en milieu rural », qui pour l’instant n’est pas assez valorisée.
La sécurité des logements sociaux constitue un autre casse-tête, comme  l’admet Taoufik Hejira lui même. Certes, le système est théoriquement immunisé grâce à des procédures de construction très verrouillées. Mais la présence des pouvoirs publics varie très fortement d’une ville à l’autre. Et par là même le respect des normes en vigueur.
Mais c’est surtout en matière d’accompagnement social que le bât blesse. Nombreux sont les individus qui refusent de quitter leur baraquement au profit d’un logement. En invoquant toujours les mêmes motifs : la perte des liens sociaux qui unissent les habitants des bidonvilles, la petitesse des logements proposés, l’absence de transports, de crèches, de dispensaires...Si le programme Villes sans Bidonvilles, qui concerne 83 villes, a fait preuve d’une certaine efficacité dans l’éradication de nombreux baraquements et dans la reconstruction, l’accompagnement social de la population laisse à désirer alors qu’il est décisif pour éviter la reconstitution des bidonvilles. Les associations auxquelles cet accompagnement est sous-traité - c’est l’innovation majeure de l’INDH - sont encore trop peu nombreuses. Dans la municipalité de Tétouan par exemple, seules deux personnes coordonnent les aspects sociaux de la quinzaine de projets en cours. Les autorités n’ignorent pas cette faiblesse, mais aucune solution réelle n’a encore été mise en oeuvre à l’échelle nationale.

Une autre difficulté ralentit le relogement des bidonvillois : le prix d’accession à la propriété. Théoriquement, le logement social ne doit pas dépasser les 100m2 et les 200 000 dirhams (20 000 euros). Dans les faits, le prix de vente peut être bien plus élevé. Principaux responsables: l’attrait spéculatif du secteur et le développement de pratiques commerciales malsaines. La pratique des dessous de table tout au long de la chaîne est telle que certains observateurs n’hésitent pas à évoquer une « mafia du logement social ». Cela peut aller du commercial, qui réclame en moyenne 4000 DH (400 euros) pour réserver un logement, au promoteur, qui annonce des prix supérieurs aux 200 000 DH légaux et en fait supporter le surplus à l’acquéreur. Atteignant parfois 80 000 à 120 000 DH, la somme est impossible à réunir pour une population très faiblement bancarisée, et dont le revenu mensuel moyen s’élève à 845 dirhams (84,5 euros) par mois.

Soucieux de donner un coup de pouce à la construction dans ce secteur, l’Etat avait pourtant consenti aux promoteurs d’avantageuses exonérations fiscales. Seule condition pour y avoir droit : la construction dans plusieurs régions d’un minimum de 2500 unités sur cinq ans. Mais aujourd’hui, le secteur est en plein boom et la tentation est grande de bâtir plus, et donc plus cher, pour les classes moyennes que pour les très pauvres. Début novembre, l’Etat est donc revenu partiellement sur une  mesure incitative qui, au fil du temps, a pris l’allure du cadeau fiscal. Désormais, les promoteurs ne seront plus exonérés de l’impôt sur les sociétés, mais se verront appliquer un taux inférieur à celui du droit commun. «Simple retour à l’équité fiscale», estime le gouvernement. « Coup dur porté au secteur », se lamentent les promoteurs. Fadoua Ghannam, journaliste spécialisée dans ces questions à la Vie Economique, n’y voit que des « protestations de façade (…) qui ne changeront rien à l’investissement dans un secteur hautement spéculatif».
Trois ans après le lancement de l’INDH, le logement social risque-t-il de ne pas toucher sa cible du fait de la corruption, des dessous de table ou de la spéculation foncière ? Depuis longtemps, les bidonvilles ne sont plus l’apanage des plus pauvres. «Seuls 20% des bidonvillois sont vraiment des pauvres. Les autres, petits fonctionnaires, policiers, enseignants, y vivent par défaut car le marché ne produit pas de logements appropriés», estime Taoufik Hejira. Une estimation qu’une visite sur le terrain a vite fait de confirmer. Dans le bidonville de Bermoussi, la tôle ondulée rappelle de l’extérieur la nature du lieu. Mais l’intérieur des baraques n’est pas loin de faire penser à des logements ordinaires.

Face à une situation difficilement tenable à long terme, l’Etat dispose de quelques leviers, au premier rang desquels une action sur l’offre immobilière qui consisterait à favoriser le développement d’un secteur en crise : le moyen standing. Car entre le logement social et le luxe, il n’y a rien. Ou presque. Du coup, faute d’une offre suffisante, les classes moyennes se déversent sur l’habitat social. Le ministre de l’Habitat a donc récemment invité les opérateurs du secteur à s’engager dans une stratégie de « diversification de l’offre ». Cela suffira-t-il ? Certains en appellent à une véritable politique étatique en la matière, qui passerait notamment par la mise en place de carottes fiscales, ou encore par la mise en valeur du locatif. Un secteur quasi-inexistant dans le royaume faute d’un cadre juridique adéquat. Et, dit-on, d’un problème culturel qui pousserait les Marocains à ne vouloir être que propriétaires.

Manque d'accompagnements sociaux, inadéquation entre le rythme des démolitions des bidonvilles et celui du transfert de leurs habitants, corruption, spéculation financière...Parfois, les difficultés semblent insurmontables. Mais une rencontre avec des habitants d’un programme de logements sociaux suffit à percevoir une autre réalité. Depuis août, Aïcha est propriétaire d’un 36m2 d’une valeur de 140 000 DH ( environ 13 000 euros) à Madinati. Elle y vit avec son mari. Pour rembourser ses prêts, elle multiplie les petits boulots. Pourtant, souriante, elle répète à qui veut l’entendre « hamdoulilah, la vie va mieux »."



publié dans : Maroc
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Mardi 15 janvier 2008
par Q
Comment transmettre l’information ?

Grave question qui empêche de dormir la plupart de mes camarades de classe.
Certaines personnes sont plus  imaginatives que d’autres. Comme ce site créé par trois graphistes allemands,

Falling Times.
« C’ est un générateur persistant de news, réduites à leurs titres ou à leur manchette, 

auxquelles sont associées de façon aléatoire des icônes ou des portraits de personnalités politiques.

Sur un mode de bande dessinée, des dessins blancs sur fond noir, tombent du ciel. » (fluctua.net)
Je n’ai pas mieux pour la définition. Quand on clique sur un icône on est renvoyé à l’article en question aussi.
Fluctua dit que c’est de façon aléatoire, je ne pense pas. Des mots-clés doivent être préalablement prêts. 

Quand l’article titre sur nucléaire, il y a toujours un icône nucléaire et quand c’est sur Sarkozy

et le sexe, on voit deux personnes qui font l’amour.
falling-times2.jpgA visiter, si on est pas épileptique. 

A quand une version de Boulevard117 avec les photos de chaque élève associées à ses articles ?

Plus il aurait publié d'articles, plus ses chevilles seraient grosses et à la fin, sa tête exploserait.
publié dans : A propos de journalisme
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Lundi 14 janvier 2008
par Natalène
"La formation sera "à temps plein": "20 heures par jour, 6 jours par semaine, 4 semaines par mois, 11 mois par an."

Je pense pouvoir classer cette phrase dans la catégorie "Perles". Il s'agit de la description de la scolarité au moment de l'ouverture de notre Vénérable Institution.
Si seulement vous aviez pris connaissance de cette phrase avant de candidater (Oui, je sais, on l'aurait fait quand même...)
Je réalise que je perds mon temps en vous livrant cette perle... Je vais avoir du mal à atteindre mes 20 heures de boulot aujourd'hui. Bon ok tant pis je dors pas.
Bon mois de janvier à tous, plus que 11 mois avant les vacances! (ou pas).
publié dans : Perles
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Dimanche 13 janvier 2008
par Q
Les caucus…. Un système étrange pour nous.
Un excellent article du Monde montrait récemment le côté bordélique de l’organisation d’un caucus dans l’Iowa.
Mais ce n’était pas aussi drôle que la critique de Lewis Carroll dans Alice au Pays des Merveilles.

Chapitre III
Une course au “Caucus”  et une longue histoire

"Étrange troupe, en vérité, que celle qui s’assembla sur la rive : oiseaux aux plumes mouillées, animaux dont la fourrure collait au corps, tous trempés comme des soupes, mal à l’aise, et de mauvaise humeur.
Naturellement, la question la plus importante était de savoir comment se sécher : ils tinrent conseil à ce sujet (…)
« Ce que j’allais dire, reprit le Dodo d’un ton vexé, c’est que la meilleure chose pour nous sécher serait une course au “Caucus”. »
Qu’est-ce que c’est qu’une course au “Caucus” ? » demanda Alice.
(…)
« Ma foi, répondit-il, la meilleure façon d’expliquer ce que c’est qu’une course au Caucus, c’est de la faire. »
Chacun se mit à courir quand il lui plut et s’arrêta de même, si bien qu’il fut assez difficile de savoir à quel moment la course était terminée. Néanmoins, lorsqu’ils eurent couru pendant une demi-heure environ et qu’ils furent tous bien secs de nouveau, le Dodo cria brusquement : « La course est finie ! » Sur quoi, ils s’attroupèrent autour de lui en demandant d’une voix haletante : « Mais qui a gagné ? » (…)
Le Dodo déclara : « Tout le monde a gagné, et tous, nous devons recevoir des prix. »
« Mais qui va donner les prix ? » demandèrent les autres en chœur.

« C’est elle, bien sûr » , dit le Dodo, en montrant Alice du doigt
(…)
 Alice ne savait que faire. En désespoir de cause, elle mit la main à la poche, en tira une boîte de dragées  et lAlice-par-John-Tenniel-09-copie-1.pnges distribua à la ronde, en guise de prix. (…)

« Mais il faut qu’elle ait un prix, elle aussi », dit la Souris.

 « Bien sûr, approuva le Dodo d’un ton très sérieux. Qu’as-tu encore dans ta poche ? » continua-t-il en se tournant vers Alice.

« Rien qu’un dé à coudre », répondit-elle tristement.

« Passe-le-moi », ordonna-t-il.

Une fois de plus, tous se pressèrent autour d’elle, tandis que le Dodo présentait solennellement le dé à Alice, en disant : « Nous te prions de bien vouloir accepter cet élégant dé à coudre ; » et, quand il eut achevé ce bref discours, les assistants poussèrent des acclamations.

Alice jugea tout cela parfaitement absurde, mais ils avaient l’air si sérieux qu’elle n’osa pas rire ; comme elle ne trouvait rien à répondre, elle se contenta de s’incliner et de prendre le dé, d’un air aussi grave que possible."
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