Boulevard 117

Blog collectif des étudiants de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris. Reportages, papiers, chroniques, actualités de l'école.

117 boulevard St Germain
75006 Paris

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Jeudi 28 février 2008
par François
Autres temps, autres moeurs

Il fut un temps où le tournoi des V nations était le palpitant du rugby européen. Chaque année, sa légende envahissait les téléviseurs et les foyers de France, de Navarre, et des Iles britanniques (voir chronique 1/6). Il était, en plus d'une fête populaire et conviviale, un objectif sportif et symbolique majeur pour les nations engagées, une fin en soi. Jouer et gagner le tournoi était une marque de reconnaissance dans le monde de l'ovalie; réaliser le grand chelem transformait des rugbymen amateurs (agriculteurs, ouvriers, médecins...) en légendes vivantes de leurs villages ou de leurs quartiers.

Objectivement, ce temps est  mort, même si les sentimentalistes du rugby amateur continuent de se masser devant leurs télés, d'aller aux stades ou de se déplacer à l'étranger (ah, Dublin !) tous les ans en février/mars.

Les Français ont signé son arrêt de mort sportif, en deux temps. 
C'est à la fin des années 1970 que le président de la FFR, Albert Ferrasse, ressortit des cartons une proposition d'après-guerre de tournoi mondial réunissant les grandes équipes du rugby international. Malgré les réticences britanniques, la Coupe du monde vit le jour en 1987. Et devint, avec le nouveau siècle et le passage au professionnalisme, le but ultime des équipes nationales. Le Tournoi semblait demeurer une compétition prestigieuse dans l'hémisphère nord, grâce à son histoire et à son symbolisme. 

Puis vint Marc Lièvremont et ses accolytes (pour qui, au demeurant et par ailleurs, j'ai la plus grande estime). Marqué, comme tout le rugby tricolore, par notre échec automnal, le nouveau gourou des bleus ne s'est mis qu'un objectif en tête: le mondial néo-zélandais de 2011. Vive la jeunesse et l'expérimentation, le staff appelle donc près de 35 joueurs en quatre matchs. Quitte à reléguer aux oubliettes une victoire dans le tournoi et un potentiel grand chelem pour envoyer au feu une douzaine de nouveaux bleus plus habitués à jouer le maintien en Top 14 que des matchs internationaux. 
En 1977, les coqs français avaient remporté le grand chelem avec seulement 15 joueurs (fait unique dans l'histoire), chacun jouant l'intégralité des quatre rencontres de la première à la dernière minute. Autant dire que, même si les remplacements n'étaient à l'époque autorisés que sur blessure, les temps ont bel et bien changé.

S'il est louable et nécessaire de tester des jeunes, de mettre du sang neuf dans une équipe longtemps sclérosée, le mouvement de balancier jeuniste opéré par les sélectionneurs semblent aller trop loin, et coûte un grand chelem qui, à court terme, aurait permis à l'équipe de France de préparer cette nouvelle ère sous d'augustes auspices. L'encadrement vient donc de tuer le tournoi, en le valorisant à hauteur d'une série de matchs amicaux servant à une revue d'effectif, avec des nouveaux anciens et des anciens nouveaux, et où Montpellier est mieux représenté que Toulouse.
Jusqu'à ces dernières années, les essais se faisaient dans le cadre des tournées d'automne et d'été, et de leurs fameux "test matchs" en terres australes. Le tournoi, c'était du sérieux. Le comportement du trio Lièvremeont-N'Tamack-Retières fait maintenant du tournoi une tournée européenne, ni plus ni moins. 

Il faut par ailleurs ajouter à cela que la prochaine tournée du XV de France en Australie (du 28 juin au 5 jullet) sera concomitante avec les demi-finales et la finale du championnat de France. Pour être clair, les joueurs de Toulouse, Clermont, Paris et Biarritz  (car c'est bien d'eux qu'il s'agira) ne pourront pas jouer avec les bleus car retenus en club. L'occasion aurait donc était belle de tester les nouveaux talents (et il y en a !) de Montpellier, Bourgoin ou même Auch  lors de ces matchs face aux Wallabies australiens.

En prenant le pari d'avancer au plus tôt possible l'apparition des nouvelles têtes, les sélectionneurs du XV de France ont sacrifié le but sportif du tournoi des VI nations et renier son âme, ce qui est un grave péché en ovalie. Ils ont aussi condamné des joueurs, les meilleurs nationaux actuels à leurs postes (Mignoni, Emmanuelli), à faire une croix sur le maillot bleu pour cause de limite d'âge, et les cadres pré-trentenaires laissés à la maison (Bonnaire, Dusautoir) à vivre sans certitudes ni confiance. 

Espérons que, dès l'année prochaine, la revue d'effectif prendra fin, et que la France ne galvaudera pas cette institution qu'est le tournoi des VI nations, s'y allignera pour la victoire et les annales.
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Vendredi 15 février 2008
par Louis
Court sujet en radio sur les frontières de l'Europe. Ou comment ne garder que trente secondes d'un entretien passionant d'une heure avec un chercheur...  Enjoy journalism !

Le MP3 est ici !
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Jeudi 14 février 2008
par François

Crunch time

Cette fois, ça sent le souffre. On a beau disserter (et moi le premier), sur la beauté du tournoi des VI nations, sur les valeurs du rugby, à un moment où à un autre  vient le temps de la vérité. Et il n'est de vérité plus crue, plus âpre, plus acide, que celle d'un France-Angleterre. 

Le contexte est tout trouvé: d'un côté, une équipe de France séduisante mais un peu fragile sur la voie d'un hypothétique grand chelem, de l'autre, un XV de la rose  qui a du mal à se dire qu'il n'est plus qu'un rouleau-compresseur rouillé  et qui s'est incliné à domicile contre le Pays de Galles avant de gagner chichement en Italie. On est tenté de se dire que la venue de la perfide Albion (Albion est le géant grec tutélaire de l'île de Grande-Bretagne) au Stade de France le samedi 23 février prochain (et en prime time !) permettra de prendre une revanche sur la désillusion de la demi-finale de la Coupe du monde. 

Mais voilà, ce n'est jamais si simple le sport, même à haut niveau. Car les Anglais sont, et il faut bien, la gorge serrée, le reconnaître, toujours dangereux lorsque on les prend de haut. En un instant, cette équipe solide mais sans génie peut se transformer en machine de guerre, et les Français doivent s'en souvenir. L'hiver dernier, à la même période, nous faisions les coqs en calculant à l'avance la raclée que nous allions leur infliger dans leur temple de Twickenham. Résultat, une défaite 26-18 et un Grand Chelem imperdable perdu. Et si la plaie du mondial était coterisée, je reparlerais de cette immonde soirée d'octobre.

Bref, il faut toujours se méfier des Anglais, surtout quand on ne les attend pas. Concepteurs de ce jeu, ils en maitrisent les méandres (sportifs et extra-sportifs) mieux que quiconque et sont passés maître dans l'art de régler le cursus du fair-play, notamment quand vient le "crunch time" comme la presse londonienne surnomme ces magiques France-Angleterre, ses batailles finissantes sur de  cyniques "good game" de la part de nos adversaires, où de Marseillaises endiablées. Car la seule chose qui importe dans ce match, c'est de gagner (au diable la manière !), contre les apotres du "win ugly", pour venger le pêché originel (non, je ne parle pas de Jeanne d'Arc), celui de la condescendance héréditaire de ses fils d'aristos pour les paysans et les ouvriers bourrus du sud-ouest français, renforcés par quelques médecins: les britanniques se veulent plus coubertinistes que Coubertin !

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Vendredi 8 février 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po

Sur le site de Télérama, une série d'articles intéressante sur le traitement du conflit au Tchad par les JT de France 2 et TF1...

http://television.telerama.fr/television/25120-le_tchad_dans_les_jt_les_ressortissants_vont_bien_merci.php

Bonne lecture

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Mercredi 6 février 2008
par François

Le chardon manquait de piquant, le trèfle portera-t-il bonheur ?

Le rugby est un curieux monde où se croisent faune et flore. La France s'enorgeuillit de son gallinacé chantant fièrement sur des torses bombés et bodybuildés, ce que font aussi les Argentins avec leur jaguar (injustement assimilé à un puma), les Australiens avec leur wallaby et les Sud-africains avec leur gazelle (springbok).

Dans le tournoi néanmoins, les Bleus sont les seuls représentants du règne animal. Les Italiens ont opté pour une impériale couronne de laurier, les Anglais ont leur piquante rose, les Ecossais leur diabolique chardon, et les Irlandais leur vert trèfle (à trois feuilles, ce qui est en soi un symbole). Les Gallois, eux, réalisent un syncrétisme des règnes en associant le poireau aux plumes d'autruche.

Voilà pour la partie culture G, retour au labeur. L'équipe de France a bien joliment entamé son tournoi le week-end dernier en fessant les Ecossais à Edimbourgh (27-6), et en offrant un projet de jeu alléchant basé sur la vitesse, l'évitement, la prise d'initiative. On attendait au tournant cette nouvelle équipe dont l'identité devait se construire en réaction au jeu austère des années Laporte, et l'on ne fût pas déçu. Dans la presse, les louanges succédèrent aux interrogations, et voici que Vincent Clerc (auteur d'un match magistral avec 2 essais au compteur) se vit nommé "meilleur ailier du monde" par l'Equipe...
Soit, le résultat fût à la hauteur des espérances, mais il ne faudrait pas être trop dithyrambique avec ces jeunes bleus, et ne pas oublier que l'opposition offerte par les guerriers des Highlands était bien faible et décevante. D'autant que de nombreux secteurs restent à travailler: la mêlée (qui s'est réglée en deuxième période), le jeu au pied (très approximatif), et un gout de l'attaque aux limites de la témérité qui aurait pu couter cher contre d'autres équipes.

Autre lieu, autres moeurs, aux Ecossais succèdent les Irlandais, fiers porte-étandards du "fighting spirit" et de la Guinness, et dont les choeurs envahiront les rues et les pubs de Paris ce week-end. Vainqueur dans la douleur de leur premier match face à l'Italie (16-11), les Verts d'Irlande sont d'un autre tonneau que les marines Ecossais. Equipe puissante, compacte et expérimenté, elle est capable d'imposer ses shémas de jeu aux autres nations (oui, le jeu de rugby relève bien de l'architecture). Bien que vieillissante et victime d'un manque de renouvellement chronique qui la plombe depuis l'an dernier, ce groupe garde de sérieux arguments, dont un jeu au pied et une touche conquérants.

Tout cela, Marc Lièvremont le sait bien, et l'a incorporé dans sa composition d'équipe. Le groupe de 22 joueurs reste inchangé, à l'exception du forfait du troisième ligne Elvis Vermeulen remplacé par le Montpeliérain Louis Picamolles, mais le XV de départ change. Au total, ce sont six modifications qu'apportent les sélectionneurs.
Le solide catalan Nicolas Mas sera titulaire à droite de la mêlée pour apporter son poids à un secteur chahuté à Murrayfield. Swarzweski, Bonnaire et Skrela, remplaçants en Ecosse, entreront pour amener de l'expérience et, pour l'ouvreur parisien, un jeu au pied rodé au niveau continental. En deuxième ligne, signe de la science de l'adaptation des sélectionneurs, le rugueux albigeois Arnaud Méla relayera le plus joueur Loic Jacquet. Place au roulement aussi à l'aile, où Aurélien Rougerie prendra la place de Vincent Clerc, signe que rien ne sera acquis dans cette nouvelle équipe de France.
Malgré tout, avantage à la France, elle qui n'a pas perdu face aux coéquipiers de Brian O'Driscoll depuis 2003, et dont le  trèfle nous porte généralement chance.

Mais, comme à chaque match, la seule vérité qui compte sera celle du pré, et toutes les conjectures seront vaines si les Bleus ne gagnent pas. Le syndrome de la coquille vide frappera alors les commentateurs sportifs, qui reviendront à leur instrument favori, le poignard.
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Lundi 4 février 2008
par Louis
drwho6bg.jpgNouvelle divagation à propos de journalisme : l'épisode 7 de la saison 1 des nouveaux Dr Who ! Mais qu'est-ce que c'est ? Dr Who est une série anglaise culte produite par la BBC depuis les années 1960. Après un arrêt, la production d'épisodes a repris en 2005 et vous pouvez les voir en français toutes les semaines sur France 4, qui diffuse actuellement la troisième saison de ces nouveaux Dr Who.  Le synopsis de base : le Docteur est un voyageur temporel, son vaisseau (le TARDIS) a la forme d'une cabine téléphonique londonienne, et il a embarqué Rose, une humaine de notre époque, dans ses aventures. Bref, c'est tout à fait britannique, à la fois drôle et bien foutu (c'est pas Julie Lescaut quoi).

Dans l'épisode en question, le Docteur, Rose et Adam (qu'ils ont embarqué à l'épisode précédent) débarquent en l'an 200 000 sur le Satellite 5 qui est totalement dédié aux médias. ils vont y découvrir les nouvelles méthodes de travail des journalistes du futur... C'est un peu long (40 minutes) et en VO, mais ça en vaut la peine :

http://player.sidereel.com/player.html?file=http://69.10.34.106/rar1/doc/doc107.rar

En meilleure qualité : http://www.fanpop.com/spots/doctor-who/videos/684194

Enjoy !
publié dans : A propos de journalisme
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Dimanche 3 février 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
Les journées portes ouvertes de l'école de journalisme de Sciences-Po auront lieu le samedi 16 février de 10h à 18h.


Une table ronde est prévue à 16h, en présence de Laurent Beccaria (XXI), Edwy Plenel (Mediapart), Xavier Monnier (Bakchich) et Pierre Assouline (La République des livres), sur le thème : "Livres, journaux, Internet, où va l'enquête ?"






Recto.jpgJPOVerso.jpg

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Dimanche 3 février 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
Cela fait plus de deux jours  que le directeur de la publication d'In Vodka Veritas est retenu en otage  par Rupert Murdoch. Ensemble, mobilisons-nous . Ne l'oublions pas.undefined
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Vendredi 1 février 2008
par Cécile
Pour un portrait de Laurence, une smokeuse en résistance, que je faisais pour un cours (et que je publierai ici promis), j'ai vu Laurence deux-trois fois. Elle m'a toujours tutoyée et je l'ai toujours vouvoyée, alors qu'une fois j'étais à un "happy nicotine", un happening de clopeurs fâchés tout rouge où j'étais complètement embedded avec elle et ses potes.

La fois d'après, on s'est vues juste toutes les deux et elle m'a dit texto "Tu peux me tutoyer tu sais" Me voilà bien gênée... Ca m'a fait penser au post que Jérôme (www.c0wb0yz.com) m'avait laissé sur Facebook:

"coucou say, je suis attentivement ton blog et celui d'ivan, c'est très intéressant, je me faisais simplement une réflexion : vous apprenez le métier et vous partagez chacun vos impressions sans trop vous censurer (ce qui rend aussi l'expérience intéressante, j'en ai bien conscience), mais mine de rien parfois ça donne l'impression que vous vous prenez bien le chou sur pas grand chose. Par exemple, le coup d'Ivan de dire : "Je me suis laissé tutoyer et j’ai cédé, j’ai tutoyé - la faute ! c'est pas un peu exagéré ? bref ton avis m'intéresse."

AAAAAAAAAAAAAAAARGH! COMMENT IMPUDENT? SE PRENDRE LE CHOU POUR RIEN? MAIS NE SAIS DONC TU PAS LES QUESTIONS EXISTENTIELLES QUE PROVOQUE LE TUTOIEMENT CHEZ LES JOURNALISTES?

Pas de problème, bienvenue dans notre monde:

Ivan avait donc enquêté sur Seybah Dagoma candidate socialiste dans le 1er arrondissement de Paris, et avait donc parlé à plein de gens dans la section socialiste. Et il écrivait:

Je me suis laissé tutoyer et j’ai cédé, j’ai tutoyé - la faute ! Je connais la théorie, mais je n’ai pas eu le réflexe de refuser, ou plutôt pas su comment formuler le refus. C’est le genre de choses qu’on regrette immédiatement, dès qu’on prononce “tu”. Est-ce que je demande à revenir au “vous”?

J'avais répondu, toute auréolée de ma bienpensance
"Je comprends que tu n’aies rien dit quand il t’a tutoyé, mais pourquoi l’avoir tutoyé en retour?
Je veux dire, t’aurais juste pu continuer à le vouvoyer même alors qu’il te tutoyait nan?
On arrive bien à vouvoyer bérangère et stéphanie [assistantes de la direction à l'Ecole] alors qu’elles ont juste genre deux ans de plus que nous!"

Et bien oui, c'est un grand problème chez les journalistes, le tutoiement. Genre le big no-no.
Si possible tu ne te laisses pas tutoyer. MAIS SURTOUT SURTOUT TU NE TUTOIES PAS SINON TU MEURS!

Pourquoi? L'idée c'est que le tutoiement est un rapprochement, même s'il est purement sémantique ou grammatical, et qu'en tant que journaliste, tu es censé toujours garder une certaine distance. Il faut pas que ton interviewé pense que tu es son pote. Il risque de pas comprendre quand tu sors ton article sur lui/elle où il y aura logiquement un aspect critique, voire de se sentir trahi! ou alors de te prendre pour son organe de comm'.

Je me rappelle de Gérard Bonos, un de nos profs de radio, qui nous avait dit "Je vouvoie toujours mes collaborateurs. Un "Vas te faire foutre" part beaucoup trop vite quand vous tutoyez". Le "tu" est tout de suite plus dans l'affect, non?

Y a pas que nous et nos profs qui en parlent:



Au moment des présidentielles, Le Monde avait eu une -- à mon avis-- très bonne idée, demander aux journalistes qui suivaient Sarkozy et Royal d'écrire un making off. Ca a donné "Ma vie avec Sarko" et "Ma vie avec Ségo"

Dans "Ma vie avec Sarko", Philippe Ridet écrivait

"Tout Sarkozy est là : s'appuyer sur une relation ancienne et professionnelle - elle date du milieu des années 1990 - et surjouer la connivence pour mieux déjouer la critique. Axiome sarkozyste : on ne peut me faire le reproche de ce que je ne cache pas. Problème journalistique : comment profiter de sa proximité avec son sujet sans en être l'otage ? Resurgissent de nombreuses heures passées à suivre son activité. Ici, des rendez-vous dans son bureau de maire de Neuilly lorsqu'il s'empiffrait de chocolat, rongeant son frein de ne pouvoir partir à la conquête du RPR en 1999. Là, un retour en voiture d'Amiens à Paris, après une réunion publique, où il évoque son divorce et son souci de toujours : envoyer une carte postale à ses enfants où qu'il se trouve. Ailleurs, des félicitations pour un mariage, une naissance. Ne pas exclure qu'il puisse être sincère. L'intime et le politique imbriqués au point de ne faire qu'un. Et ce tutoiement qui s'est installé entre nous. Comment dire vous à celui qui vous dit tu ? Pas trouvé."

Sur Acrimed, j'ai trouvé (http://www.acrimed.org/article2560.html) une retranscription d'Arrêt sur images de février dernier

- Daniel Schneidermann : « Et, vous, vous le tutoyez ? »
- Philippe Ridet : « Oui, parce que j’ai pas considéré que... Enfin... C’est-à-dire que je me disais que répondre "vous" à quelqu’un qui me disait "tu", je trouvais qu’il y avait quelque chose d’un peu impoli ou d’agressif, et comme j’étais pas particulièrement gêné par ça... Alors, il est arrivé que je trouve que ce soit gênant, puis d’autres fois où je me dis que c’est pas gênant. Enfin... En fait, c’est un travail d’ajustement permanent, quoi. C’est ça qu’est agréable, en fait. »


Ben non, c'est gênant moi je trouve de tutoyer. C'est vrai que c'est un peu bizarre de vouvoyer mais c'est quand même mieux. Pour en revenir à Laurence, après lui avoir expliqué mon problème, elle m'a dit qu'elle comprenait très bien. Quand elle avait voulu à un moment interviewer quelqu'un qui lui était cher, elle l'avait vouvoyé alors que d'habitude elle le tutoie. Elle avait eu beaucoup plus de réponses en faisant ça, à son avis.
 Elle m'a proposé de nous tutoyer quand nous étions en mode "off", avant et après une interview, quand je n'avais pas mon carnet de notes ouvert quoi, et de repasser en vouvoiement dès que j'étais en mode journaliste.
Solution testée, qui n'était pas trop bizarre, mais est-ce la bonne? Est-ce qu'on n'est pas toujours un peu journaliste même quand on n'est pas en train de noter ce qui se passe?

Vous en pensez quoi?
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Vendredi 1 février 2008
par François
XV de France: fin de l'ère Madrange-Lustucru, retour au      gigot-haricot des familles

Comme réclamé par certains (parfois avec insistance, ce qui me fait plaisir), je vais m'épancher sur les tribulations de l'ovalie pendant la durée du tournoi des VI nations. Pour ceux qui ne sont pas du sérail, un simple rappel: le vénérable tournoi qui commence dimanche existe de puis l'hiver 1882-1883, lorsque Gallois, Ecossais, Irlandais et Anglais ont décidé de taquiner ensemble la vessie de porc qui servait de ballon à l'époque.
Pour rappel, le rugby n’était à l’époque qu’un sport d’aristocrates anglo-saxons décidés à se tirer la bourre sous d’apparentes règles… Et c’est à ce petit jeu que furent conviés les Français en 1910.

Le tournoi des V nations n’a véritablement acquis sa légitimité historique (celle qui a fait rêver des millions d’hommes et de jeunes garçons de part et d’autre du chanel) dans les années 1950 et 1960. Et comme toujours, c’est la sacro-sainte TV qui popularisa l’événement en diffusant les viles empoignades de ses gaillards aux tronches si peu cathodiques.

Auparavant, le rugby à XV avait failli mourir en France. En effet, de 1930 à 1939, la France fut exclue du tournoi pour « professionnalisme » et « brutalité ». Car, et c’est bien connu, il n’y a pas plus frileux en matière de coubertinisme et de fair-play que ces (très chers Lords britanniques. Toujours est-il que la fuite de ses biceps vers le rugby à XIII lui fut quasi-fatal.

Le tournoi, c’est du patrimoine, qui a infiniment plus de valeur viscérale que cette petite Coupe du monde pour nouveaux riches et sponsors. D’ailleurs, tous les Anglais vous le diront, ce qui se tient, le mondial étant une invention Française (et oui ma bonne dame). Enfin point de franchouillardises exacerbées ni de chauvinisme mal placé. Juste un constat, qui me permet de citer notre prof de dépêches François Grangié : « les Anglais, ils sont sympas, mais ils ne sont vraiment pas comme nous ». Tout est dit. 

Bon, j’arrive à l’équipe de France, enfin. Maintenant que les gens du nord de la Loire sont capables de citer au moins un joueur de rugby Français, ce qui n’était pas le cas il y a encore 15 ans si l’on excepte Serge Blanco, les Bleus intéressent tout le monde (enfin beaucoup de gens). Le profane qui regardera le match de dimanche contre l’Ecosse sera malgré tout très sûrement en manque de repères. Mais où est donc passé le petit chauve à lunettes qui enguirlande avé l’accent de Gaillac ses fiers colosses aux oreilles en « chou-fleur » ? Et où est son cerbère chevelu-barbu mangeur d’enfant ?
Et bien ils sont en exil mon bon monsieur. Le sieur Laporte apprend la politique avec Roselyne, et l’homme des cavernes s’en est retourné à ses études anglaises.
A la place, on découvrira un trio d’entraîneur. Marc Lièvremeont, un fils de militaire un peu rigide, aîné de 12 enfants; Emile Ntamack, la panthère toulousaine des années 1990, et Didier Retière, un obscur ex-talonneur qui a fait une thèse spéciale « fonDAmentaux » (à lire avec l’accent : touche et mêlée).
 

Plus de pub, fini notre secrétaire d’Etat à la pèche au jambon ou aux coquillettes, ou aux parts de casinos dans le sud-ouest. Dieu merci, il lui reste des vacances au Cap-Ferret, peut-être sans Sarko qui le délaissera pour une virée à Disneyworld avec Carla et les Balkany. Place aux jeunes, aux simples, aux laborieux, revanche de la terrine sur le jambon et de l’aligot sur les pâtes. 
Quant aux joueurs, point de Chabal, point de Dominici, point de Michalak… Charles Villeneuve est heureux, il n’aura pas à sous-traiter les matchs sur Eurosport, France Télévisions s’occupe de tout. Car notre immense service public va avoir le privilège de présenter aux nouveaux rugby-friendly la vie de François Trinh-Duc, de Julien Brugnaut, de Fulgence Ouedraogo et de Julien Malzieu… Trop sexy. 

D’ailleurs, trouvez le capitaine ? Lionel Nallet. Qui ? Lionel Nallet, l’homme sacrifié pendant la Coupe du monde sur l’hôtel de la Chabal-TF1-mania. Un deuxième ligne sans cheveux abondants mais avec des oreilles abîmées, des genoux cagneux, des os cassés. Et qui préfère les salades de doigt (comprenez des échanges entre joueurs peu anglo-saxons) aux paillettes, et les tartines à la guimauve de Thierry Gilardi. Bref, du poulet fermier, élevé au grain à Bourgoin-Jallieu (point commun avec Chabal) puis à Castres. Pas de maillot rose, pas de pom-pom girl, pas de calendrier. 

La revanche des modestes ? Enfin, quel mauvais esprit ! Le sport ne fait pas de politique, du moins pas dans le coubertiniste tournoi. Et c’est pour cela que, comme tous les ans et avec un plaisir toujours renouvelé, je vais me faire 4 heures 30 de télé-rugby ce week-end.

Ecosse-France, Dimanche à 16 heures sur France 2

P.S Je n'ai rien de personnel contre Sébastien Chabal, qui est par ailleurs un bon joueur et quelqu'un de bien, mais contre l'icône médiatique qu'on a fait de lui à des fins peu sportives.

P.S 2: carton rouge aux faiseurs de calendrier. En effet, le Top 14 continue pendant le tournoi. C'est ce qu'on appele un "doublon", ou une "connerie". Et oui, on marche sur la tête.

publié dans : Chroniques
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