Boulevard 117

Blog collectif des étudiants de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris. Reportages, papiers, chroniques, actualités de l'école.

117 boulevard St Germain
75006 Paris

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Lundi 31 décembre 2007
par Q
1be4 continue, aujourd’hui, mode Le Figaro. Forcément caricatural.
 
La Chronique : Ségolène Royal ne sait plus quoi faire pour exister. La voilà sur l’île d’Oléron pour montrer sa différence avec Nicolas Sarkozy. Mais alors que la presse mondiale est captivée par les vacances du président français en Egypte et par son idylle avec Carla Bruni, il n’y avait que cinq journalistes pour suivre la visite de Ségolène Royal dans une ferme ostréicole. Elle a déclaré à nouveau que « Nicolas Sarkozy devait respecter la dignité de la fonction présidentielle. » Est-ce manquer de dignité pour un président que de partir en vacances une toute petite semaine après une année où il a été sur tous les fronts ?




Et sinon le dernier article sur Ségo dans Le Figaro et cette phrase géniale de Paul Nahon, directeur de l'information de France 3, selon lui, "Christine Ockrent  (ndlr, elle passe ses vacances là-bas avec Kouchner qui lui fait du jogging avec Sarko) ne sera jamais présente «physiquement» en Egypte, au même endroit et au même moment que Nicolas Sarkozy, qu'il s'agisse des activités privées du président à Charm el-Cheikh, ou de la suite de ses activités publiques au Caire."
Et moralement, ils sont dans la même pièce ?
Je plains Bernie-sac-de-riz. Pas facile de gérer son emploi du temps en partant en vacances avec deux personnes qui n'ont pas le droit de se fréquenter.
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Vendredi 28 décembre 2007
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
Deuxième épisode de la série 1be4. Aujourd’hui, mode I was like. Because you know and the beau brun poivré. Hommage



9h. Seulement trois jours que je travaille et j’ai déjà du mal à me lever. Brouillard, froid et tout, relou. En plus, il n’y a rien à faire pour moi, comme il n’y a pas beaucoup de nouvelles genres breaking news à La Rochelle en ce moment, because les fêtes de fin d’année, bah, ils savent pas trop quoi me donner. Sauf que ce matin, un peu de beurre va fondre dans les épinards. Oui, oui. Tiens, tiens, coup de fil de l’attaché de presse de Ségolène, une ancienne de France 3, tiens tiens, Ségo visite une ferme ostréicole, tiens tiens, si on y allait. Tiens tiens, c'est comme le chalutier pendant le vyage à Malte de Sarko.
     10h. Ni une ni deux mon chef qui est chouette mais pas aussi chouette que Juliette m’envoie là-bas avec le photographe rejoindre la correspondante locale de Sud-Ouest. Enfin pas celle d’Oléron mais celle de Rochefort parce que  bon je vais pas vous résumer l’organigramme du journal. Et puis, mon chef qui est chouette, il me dit, tu prends ton cahier et tu le fais pour de faux, c’est un bon exercice. Moi je suis tout émoustillé.
    Et me voilà dans la voiture du photographe, qui parle pas beaucoup, un peu poivre et gris. Pas mal mais pas aussi beau que Patrick de Carolis ou le vieu beau de France Inter. Eux, c’est où ils veulent, quand ils veulent. Lui, il faut que je regarde dans mon agenda. Un voyage sur l’Île d’Oléron, c’est un peu l’aventure. C’est comme si Kékete allait  faire un reportage à Brooklyn, elle sait que c’est possible mais elle n’y croit pas vraiment.
On arrive devant la ferme ostréicole, sans se perdre, la classe, et en avance. Fortiche conducteur mon photographe. Il y a déjà deux gars France 3 et un gars de la radio. Sud-Ouest Rochefort se ramène et aussi une fille de Montauban. C’est loin Montauban ou pas ? Ca poiraute. Ca parle pas beaucoup.
    10h45. « De toute façon, elle est toujours en retard, râle un gars. Et encore si elle vient. »
« Ah bon, avec moi elle arrive toujours à l’heure », dit une autre.
Le silence.
« Et on lui connaît un chéri ? »
Alors là, j’ai l’oreille qui se dresse, qu'entends-je ?
« Oui, un médecin à La Rochelle »
« Pas un people quoi. »
« Nan »

s--go-3.JPGLe silence.
Bref ça voudrait balancer mais y a rien à balancer .
« Et sinon on a retrouvé des requins tigres près de l’île d’Aix cette été. »
 Ségo a cinq minutes de retard.
« Après le quart d’heure charentais voilà la demi-heure poitevine. »
    11h08. Elle arrive avec un gros gars sympa fort en gueule, le vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes., François Patsouris. Je dresse la tête pour rejoindre mes oreilles. Elle est toute fine pas très grande mais bon elle a sorti les talons alors ça monte et puis aussi elle a les boucles d’oreille et tout, je me dis que des talons pour visiter une ferme ostréicole c’est pas le mieux, enfin moi je suis en basket, pas top aussi. C’est marrant ça, tous les jeunes journalistes sont en basket. Pas les deux plus vieilles de la presse écrite. Elle dit bonjour la Ségo et serre la main sans regarder dans les yeux.
Toute la petite troupe la suit.
    D’abord on écoute le speech du gars qui cultive les huîtres, une entreprise familiale et tout, mais bon la priorité c’est Sarko. France 3 demande à Ségo de se placer devant les parcs à huîtres tout moches.
« C’est beau là ? », elle demande.
« Oui, oui »
Et puis elle sort, dignité représentation indigne tout ça parce que quand même Sarko il abuse de se dorer la pilule en Egypte avec l’argent de Bolloré qui a des groupes de presse et est en Afrique (je résume). Trois questions du journaliste et c’est torché. En plus, moi qui lit la presse, je sais qu’elle l’a déjà dit hier. Mais bon là faut enfin des images.
« C’est bon là, vous en avez assez ? », demande Ségo. Elle agit en pro. Moi, je veux déjà poser des questions mais j’ose pas, c’est la période réservée à la télé.
 Le journaliste essaye de la taquiner sur Carla mais elle balance pas, elle dit que Sarkozy peut aller en vacances où il veut et avec qui il veut. Le problème c’est money money, la dignité de la fonction présidentielle, tout ça. Elle demande en off à France 3 de passer les images aux autres télés parce qu’ils sont tout seuls là.
    11h15. Après on va à l’intérieur, on regarde Ségolène ramasser les huîtres, les ouvrir, les manger. C’est Martine visite une ferme ostréicole. On nous apporte un plat d’huîtres, Ségo veut manger mais personne ne bouge. Moi je sais qu’elle ne veut pas être filmée ou photographiée en train de manger. Mais là, ça coince, alors elle en gobe vite fait une sous la mitraille.
Puis, on attaque tous. C’est à la bonne franquette, debout autour d’un tas de bourriche d’huîtres. Y a pas de vin. Et puis Ségo demande si la presse écrite a des questions. Personne ne bronche. Je me sens mal  pour elle. Elle redemande.
Bon bah alors moi je la mitraille. La première fois, elle me demande de répéter, je ne parle pas assez fort, puis je prends confiance. Un  peu tout ce qui me passe par la tête. Si elle se sent plus proche des gens que Sarko, les liens avec Bolloré, si présenter Carla après la semaine Khadafi n’est pas un problème, le coup du chalutier ("par hasard", elle dit, tout le monde rigole) et d’autres questions et puis elle elle parle « séquence de communication gênante», et  demande au président de s’occuper de nous et d’être vraiment le président du pouvoir d’achat, que le style peut changer mais faut remettre l’ordre des choses et l’ordre des choses c’est la dignité présidentielle. Bref, toujours rôder, elle innove pas après la télé. On a le droit à ordre quand même. Mais pas ordre juste. Dommage. Et puis, pas de off aussi, même quand la caméra est coupée.
Ca a lancé un peu les autres journalistes alors France 3 lui demande ce qu’elle pense de l’Arche de Zoé.
« Des pauvres gens qui se sont fait avoir. »
 Mouais. Les familles ou Breteau and co. J’ai un doute. Je me souviens pas. J’ai peut-être raté un épisode dans la réponse ou dans la question.
Et puis les gens se dispersent un peu, elle parle vite fait avec le radio-man de Rue de la banque et qu’elle n’y va pas parce qu’ils ne veulent pas être récupérés. Moi je pense à la visite de Hollande mais j’ose pas demander.
Et puis comme ça, je lance,
Et sinon vous pensez quoi du réseau RESF ?
Là, elle me regarde. J’ai peut-être pas parlé assez fort.
Le réseau RESF ?
Je vois rien dans son regard. Je perds un peu contenance.
Le réseau éducation sans frontière, vous savez, l’immigration.
Ah oui, c’est bien ce qu’ils font.
Vous les soutenez ?
Oui, je crois que leur action est plutôt efficace.
Vous les soutenez même si c’est illégal ?

11H45. Et là, elle a bloqué, j’ai pas insisté, j’avais l’impression d’avoir un doute et si, moi, je me trompais sur le réseau RESF, et si c’était une ONG comme d’hab genre MSF. Une fois rentré, j’ai vérifié, RESF, c’est bien le réseau qui cache des enfants sans papiers pour qu’ils ne soient pas expulsés. Techniquement, c’est bien illégal. CQFD. Bon après, est-ce qu’elle ne connaît pas ou est-ce que je n’étais pas clair. On saura pas. Il faut que je prenne de l’assurance mon général
    12h. Bilan, plutôt sympa la Ségo, respectueuse, rôdée sur son discours, veut pas une gaffe.
Je rentre avec mon photographe, il parle pas plus au retour. Je dors dans la voiture. C’est moins drôle que le conseil des ministres, y a pas de petites blagues genre Dati en robe rouge, elle se tape Sarko, Yade en robe noire, elle démissionne (la dernière j’invente, je rêve, que dis-je, j’affabule.)
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Vendredi 28 décembre 2007
par Kethou
Diamonds are a girl’s best friend
 
Fraîchement arrivée au bureau, sans avoir eu le temps de voir les infos du jour, je m’attarde sur une conversation entre ma boss et une des filles du desk éco.
Boss : « Je commence à avoir peur pour Giuliani [l’un des candidats républicains] »
Eco : « Pourquoi ? »
B : « Parce qu’apparemment, il est à l’hôpital pour syndrome grippal et comme il n’est plus tout jeune, qu’il a eu un cancer… »
Je me dis, bon elle doit être fan de Giuliani, mais que nenni !!
« Si il lui arrive un truc, ça va encore être pour ma pomme et je vais devoir bosser ce week-end. Ce genre de chose ça vous arrive au moment où on s’y attend le moins. »
E : « Tu n’as qu’à avoir un papier prêt juste au cas où ».
            Après avoir prédit la mort de Giuliani, on part faire un reportage sur le quartier des diamantaires qui se trouve à quelques « blocs » du bureau.
On ne peut pas rater l’entrée du quartier. Deux gros lampadaires surmontés de diamants (en plastique) trônent de part et d’autre de la 47e rue, entre la 5e et la 6e avenue. On se retrouve tout de suite dans un autre monde. Bizarrement, il y a très peu de touristes dans cette rue et aussi très peu de femmes. Sur le trottoir, on passe plusieurs petits groupes d’hommes, genre mafia, regroupés par nationalités. Il y a les juifs hassidiques, les Iraniens, les Indiens, les Russes et même les Géorgiens !
Le New York Jewelry Center, une sorte de marché de bijoux mais surtout de diamants, abrite plusieurs stands tenus chacun par une famille. On y retrouve la même diversité culturelle qu’à l’extérieur. Ca vend, ça achète, sans arrêt ; ici pas de pause déjeuner, on mange à même les diamants !
Ma boss s’aventure à demander le prix d’une paire de boucles d’oreilles à un stand. Le patron répond froidement qu’il « ne vend pas au détail », sans lever la tête. Je me rends compte que tout le monde nous regarde un peu de travers. Et les petits cahiers sur lesquels on prend toutes les deux des notes n’arrangent rien. On se dirige lentement vers la sortie.
Plus on s’éloigne de la 5e avenue, plus les magasins deviennent louches, avec des rabatteurs qui essayent de nous pousser dans leur boutique. On entre dans un autre « marché ». A peine entrées, un homme nous interpelle : « Can I help you ? » (Traduction : qu’est-ce que vous foutez là ?) On est la bienvenue, ça fait plaisir ! On admire les bijoux étalés sur les stands. Je m’éloigne un peu pour rêver d’une belle bague quand un des vendeurs m’appelle.
« Miss, Miss. I’ll buy you a diamond ring ! You choose !”. Euh, doucement mon chou. Faut qu’on apprenne à se connaître d’abord! Ce n’est pas le seul personnage atypique. Il y a aussi cette vieille dame, maquillée comme un pot de peinture et portant un boa rose fuschia ou l’homme aux doigts couverts de bagues clinquantes.
Malheureusement il faut partir, on doit aller voir les calèches de Central Park. Récemment, un cheval a fait une embardée, effrayé par des jeunes faisant du break dance, et blessé plusieurs personnes. Les associations de défense des animaux réclament l'interdiction de ces calèches. On doit donc enquêter. Mais d’abord on s’arrête pour déjeuner dans un restaurant avec vue sur le parc. Mais, coup de téléphone. On oublie le cheval, Giuliani devrait faire une conférence de presse dans l’après-midi concernant son séjour à l’hôpital. Retour au bureau, tout le monde y va de son pronostic : il se retire de la campagne, c’est un coup de pub pour qu’on parle de lui, il est mort… Une heure plus tard, on voit Giuliani sortir de l’hôpital en live sur CNN. Il marche, regarde les journalistes, leur fait coucou avec un grand sourire puis s’engouffre dans une voiture noire et disparaît.
Tout ça pour ça !
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Vendredi 28 décembre 2007
par Kethou
Million dollar paper
 
            Apres une journée passée à ne rien faire, ma boss me dit avant de partir : « Tu devrais aller à la vente aux enchères de ce soir chez Sotheby’s avec James », mon collègue so british. La vente est à 19h00, j´ai un anniversaire à 20h00, et surtout ça veut dire que je dois rester au bureau jusqu’à 18h30. Mais bon pourquoi pas, je ne suis jamais allée à une vente aux enchères.
            Mais pour pouvoir admirer la Magna Carta ou Grande Charte, (un document juridique anglais du 13e siècle limitant les pouvoirs de la royauté, qui dit en gros que personne n´est au-dessus des lois, même pas le roi), il faut trouver un taxi. Et trouver un taxi en début de soirée à la sortie des bureaux, c´est mission impossible. Heureusement après 15 minutes à me geler dans la rue me voilà enfin bien au chaud dans un taxi à faire la conversation à James.
            Arrivée chez Sotheby’s, je me rends compte que mes collants sont filés ! C´est pas très chic, surtout quand on est entouré de vieux et de vieilles tirés à quatre épingles ( d’ailleurs ils sont aussi tirés au sens litéral). Heureusement que les journalistes sont là, en jean/basket. Mais l’ambiance reste très formelle. Heureusement que James est là pour me dire la phrase adéquate : « On va se prendre un petit verre de vin ? ». Il me félicite d'avoir su utiliser mes talents d'enquête journalistique pour trouver le bar. A peine le temps de savourer mon verre que c’est déjà l’heure. A 19h pétantes, tout le monde se tait.
            Le vice-président de Sotheby’s fait une petite présentation. « La Magna Carta, que peut on dire…12 million de dollars ». Il me faut quelques secondes pour comprendre qu’il vient de lancer la vente. Moins de 2 minutes plus tard la vente s’achève. Prix final $19 millions plus la marge de la maison : au final l’acheteur déboursera $21,3 millions…par téléphone.
            Il est 19h04, la vente est finie. Les invités restent pour faire des mondanités pendant que les journalistes se ruent sur le vice-président pour connaître l’identité de l’acheteur mais rien. Un des journalistes retardataires vient me voir me prenant pour une collègue, dupé par mon petit cahier sur lequel je note activement mes impressions, pour me demander si on connaît le nom de l’acheteur. J’ai l’impression de faire partie de la grande famille du journalisme ! Ah, les petits plaisirs d’une étudiante en journalisme.
            « L’acheteur est là ! », je sors de ma rêverie et je suis le troupeau pour enfin apercevoir celui qui vient d’acquérir ce morceau de papier historique. Il était peut-être caché dans la salle avec son portable ? On attend regroupés autour de l’objet sous verre, gardé par deux molosses en costards noirs. Mais toujours aucun signe de l’acheteur.
            Au cas où vous douteriez de ma réelle présence aux Etats-Unis la suite va vous convaincre. Deux bimbos peroxydées au teint orange posent devant la Magna Carta comme si elles étaient à coté de Brad Pitt !
            Et voilà, pendant que j’observait avec effarement ces deux blondes, je n’ai pas vu arriver l’acheteur à coté de moi, essayant de se frayer un passage. Tout le monde se tait en voyant David Rubenstein, un Américain qui a acheté ce document pour qu’il reste sur le sol américain, "là où il doit être", et pour faire "un cadeau aux citoyens américains" en le faisant exposer aux archives nationales à Washington. A la fin du discours, on applaudit, on siffle, bravo…on dirait qu’on est face à une rock star.
            Il est 19h30, c’est fini, je vais pouvoir rejoindre mes amis.
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Vendredi 28 décembre 2007
par Kethou
  Shopping
Premier jour de stage à New York. Bureaux de l’AFP, 47e rue & 3e avenue, 35e étage. A l’entrée, entre les deux portes tournantes, premier choc : la statue d’une femme nue qui tourne sur elle-même, genre blonde à forte poitrine, éclairée par un spot. Je me dis, sympa l’ambiance. Dans le hall, un gardien qui ne vérifie absolument pas qui je suis et se contente de me faire un grand sourire et de me demander « How are you doing today ? », ce qu’il fera tous les matins d’ailleurs. J’arrive enfin dans le bureau, deuxième choc : un petit bureau, ils sont quatre au « desk éco » et trois pour le reste, mais deux sont absents. Ma boss qui se retrouve donc seule pour tout gérer me dit : « Je dois faire un reportage sur les européens qui dépensent leurs euros à New York. Je vais faire la 5e avenue, tu veux venir ? ». Faire les magasins pour le boulot ?!! Mais bien sûr !
            Malgré le froid et le vent glacials, des milliers de touristes, les bras encombrés de paquets, inondent cette fameuse avenue, s’arrêtant devant les vitrines et prenant des photos. Et il y a de quoi faire. Le manège en or et diamants qui tourne dans la vitrine de Tiffany’s, le joaillier ; les dizaines de branches de sapins, guirlandes et faux paquets cadeaux cachant les échafaudages devant chez Cartier ; ou encore la chatoyante vitrine de FAO Schwartz, le grand magasin de jouet.
            Premier arrêt, LE Apple Store, face à Central Park, avec son cube en verre servant d’entrée à ce magasin souterrain, « la version américaine de la pyramide du Louvre », disent certains touristes. Du haut des escaliers transparents, le magasin grouille d’acheteurs potentiels, entre lesquels se faufilent pleins de T-shirt rouges, les vendeurs qui sont toujours là pour vous aider et surtout vous faire acheter. En l’espace de vingt minutes on croise des français, des espagnols, des anglais, des allemands,…Merci l’euro fort ! Federico Sanchez, un Madrilène de 25 ans dit être « ravi d’être dans la capitale du monde" mais surtout "de pouvoir faire des affaires ».
            Le deuxième magasin qui vaut le détour, c’est bien sûr Abercrombie & Fitch, la marque jeun’s branchée et surtout très chère. Mais pour rentrer il faut faire au moins 15 minutes de queue. Un couple d’Allemands nous demande pourquoi les gens attendent dehors. Quand on leur dit qu’il ne se passe rien de spécial, que c’est juste parce qu’il y a beaucoup de monde, Marcus n’en revient pas : « Je ne comprends pas pourquoi ces gens font la queue dans ce froid glacial alors qu’on peut acheter cette marque sur internet ! ». Mais je dois bien avouer que l’attente valait le coup. Quand on entre dans ce magasin, on se croirait dans une boîte de nuit! Musique techno assourdissante, lumières hyper tamisées, genre on ne voit presque pas les fringues, mais peu importe, l’intérêt c’est les vendeurs. Oui, ici les vendeurs et les vendeuses sont en réalité des mannequins ! Donc au lieu de regarder ce qu’il y a sur les cintres, je m’attarde sur les beaux mecs. Surtout celui dans l’entrée qui passe sa journée torse nu, à être pris en photos avec toutes les petites minettes qui passent, un peu comme les enfants avec Mickey à Disneyland. Bon, heureusement qu’il a une doudoune pour se réchauffer. Mais interdiction de la fermer, il faut qu’on voit les tablettes de chocolat !!!
            Une petite explosion dans les studios de la Fox nous force à couper court à notre virée. Actualité oblige, il faut rentrer au bureau. Au revoir Monsieur Muscle.
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Jeudi 27 décembre 2007
par Quentin
Aujourd’hui, j’ai rencontré Ségolène Royal ! Enfin, bien sûr, je n’étais pas tout seul. Le matin, son attaché de presse appelle Sud-Ouest pour signaler que « tiens tiens » Ségolène Royal est en vacances sur l’île d’Oléron et « tiens, tiens », elle visite à onze heures une ferme ostréicole. Ni une, ni deux, je pars avec un photographe rejoindre la journaliste Sud-Ouest de Rochefort.
    Début de la série 1be4, un événement, quatre textes. Ce soir, mode Sud-Ouest, le texte ne va pas être diffusé, c’était pour de faux (moi je n’écris que les compte-rendus de spectacles pour enfants), mais il a été validé par le rédac chef.
Demain, une autre version…...

  S--gol--ne.JPG  « Je suis venue voir les travailleurs  et les travailleuses. », a expliqué Ségolène Royal devant une ferme ostréicole de l’île d’Oléron qu’elle a visitée jeudi matin en compagnie de François Patsouris, président des conchyliculteurs de Charente-Maritime et vice-président (PS/RPG) du conseil régional de Poitou-Charentes. Alors que Nicolas Sarkozy fait la une de tous les journaux, Ségolène Royal voulait montrer sa différence. Le lieu choisi pour ses vacances était un symbole tout trouvé. L’île d’Oléron en hiver, c’est beaucoup moins glamour que Charm el Cheikh ! Certes, elle a écouté attentivement Benoît Massé, un des exploitants. Ce sont les fêtes, la période d’activité la plus importante pour l’ostréiculture et il s’est réjoui de son chiffre d’affaires après « une bonne année ».
    Mais les journalistes étaient surtout là pour entendre les réactions de la présidente PS du Conseil régional de Poitou-Charentes sur les vacances de Nicolas Sarkozy. Mercredi déjà, elle avait accusé le président français de « mettre en cause l’indépendance et la dignité de la fonction présidentielle. » « Dignité », c’est son nouveau mot fétiche. Dignité de la France, des gens, de la fonction présidentielle. Le terme reviendra tout au long de la visite.
     Elle a demandé au président de la République de « payer ses vacances lui-même puisque comme il a triplé son salaire (ndlr, +172%), il a les moyens ». Elle a appelé également le président à « s’occuper de nous » et « à tenir ses promesses, c'est-à-dire à être vraiment le président du pouvoir d’achat. »
    Un souci. « Comment retrouver la confiance dans les politiques ? » a-t-elle questionné, tout en ouvrant et dégustant quelques huîtres. Elle a concentré ses critiques sur l’amitié entre Nicolas Sarkozy et Vincent Bolloré, le riche homme d’affaires qui lui a prêté son jet privé. Pour Patrick Balkany, ami intime du chef de l’Etat, le groupe Bolloré ne dépend pas des contrats publics, donc il n’y a pas de conflits d’intérêts. Au contraire, pour Ségolène Royal, la forte présence de ce groupe dans les médias et en Afrique constitue un « souci».
       Le groupe Bolloré possède la chaîne de télé Direct 8 et les quotidiens gratuits Direct Soir et Matin Plus. Par ailleurs, il est présent dans la publicité avec des parts dans le groupe Havas, d
S2.JPGeuxième groupe publicitaire de France, et dans Aegis. Depuis 2006, il est entré dans le capital de l’Institut CSA, un des principaux instituts de sondage français, à hauteur de 44%. Sa présence en Afrique à travers la logistique de sites portuaires et celle de nombreux projets miniers et pétroliers, des secteurs hautement stratégiques, est à signaler.
       « Évidemment que Nicolas Sarkozy doit quelque chose à Bolloré, a expliqué Ségolène Royal, mais en même temps Bolloré ne va jamais dire du mal de lui dans ses journaux. » En visitant une petite entreprise, elle veut se montrer plus proche des gens que Nicolas Sarkozy. Déjà, lors des vacances de ce dernier sur un luxueux yacht à Malte, propriété de M. Bolloré, elle avait fait un tour « par hasard », comme elle l’a redit elle-même hier, sur un chalutier  de la Rochelle au nom prédestiné, « Les deux tours.» Pour continuer d’exister dans le paysage médiatique, Ségolène Royal a besoin de ces mises en scène calculées. Toutefois, « nous, nous ne sommes pas des people » a conclu François Patsouris.



PS : sur la première photo, Ségolène Royal et François Patsouris.
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Jeudi 27 décembre 2007
par Louis
1285881yy.jpgLe week-end dernier, j'ai eu l'occasion de visiter l'exposition temporaire "Allemagne, les années noires", qui se tient actuellement et jusqu'au 4 février prochain au musée Maillol, à Paris. Présentant essentiellement des gravures et des dessins, l'expostion se propose d'evoquer les périodes troubles de la Première Guerre Mondiale et de la République de Weimar à travers le regard d'artistes tels qu'Otto Dix, George Grosz ou Max Beckmann. On n'en ressort, évidemment, pas indemne.

La première salle se concentre sur la guerre, avec notamment  de saisissantes eaux-fortes de Dix. Le trait est dur, les visages monstrueux, les morts se distinguant mal des vivants. La bichromie noir et blanc des dessins crée autant de jeux de contraste qui viennent amplifier l'impression très âpre que laissent ces évocations du sang, de la fange et de la merde.  Intéressante collection de cartes postales de l'artiste, qui, pour échapper à la censure,  dessinait de façon très sommaire ce qu'il voyait à ses proches.

Les dessins de George Grosz sont plus ronds mais tout aussi horribles. Parfois, on confine même à la bande dessinée, et je n'ai pu m'empêcher de songer aux travaux de Tardi (qui a très certainement vu les oeuvres de ces artistes allemands de l'entre-deux-guerres) sur le premier conflit mondial. Beckmann déroute, bouscule les perspectives, multiplie les angles improbables, aigüs, abrupts : face à ses oeuvres, on se penche souvent, on avance, on recule, on plisse les yeux, ce qui rend le trouble de l'artiste encore plus sensisble.

dix.jpgAu milieu de la salle, quelques affiches de propagande de l'époque, bien entendu lisses et héroïques, offrent un contraste qui donne encore plus de vigueur aux oeuvres présentées. En bout de salle, on passe de la guerre à la ville, dont sont offertes quelques représentations torturées : la ville est un espace de conflit, de promiscuité, d'oppression, d'avilissement. Le style est similaire à celui utilisé pour évoquer la guerre, et l'on comprend  d'ores et déjà l'importance que prend l'expérience du conflit dans la vision des artistes allemands d'après-guerre, avec en germe l'expressionisme.

A l'étage, les oeuvres dressent un tableau de la République de Weimar, en différents thèmes. D'abord les séquelles de la guerre : les mutilés qui mendient dans la rue, les gueules-cassées que l'on parque dans des sanatoriums pour ne pas les montrer (jusqu'à ce que le pacifiste Ernst Friedrich les montre dans un livre de photos internationaliste -il est écrit en quatre langues- en 1924)... Des rues où règnent aussi les prostituées, et où se multiplient les crimes sordides, là encore dans des évocations très crues de corps mutilés.

allemagneok.jpgDes rues agitées enfin, où se montent des coups d'état à n'en plus finir, où les milices et les orateurs de brasserie tiennent le haut du pavé. Grosz s'engage au KPD (parti communiste allemand) et livre des oeuvres plus engagées, notamment une série d'illustrations actualisées -avec capitalistes oppresseurs sur fond d'usines de brique- des Brigands de Schiller. Et tout comme je m'étais souvenu, dans la première salle, d'une exposition consacré à Dix que j'avais vue il y a près de dix ans à la fondation Maeght, je me suis remémoré la très bonne exposition du musée d'art moderne de Strasbourg d'il y a deux ans, dédiée à John Heartfield, un des pères du photomontage et qui a notamment réalisé au début des années 30 les couvertures d'AIZ, le journal du KPD. Le même style d'avant-garde, la même révolte, la même ingéniosité.

Au final, l'exposition secoue, bouleverse et est particulièrement riche des oeuvres qu'elle présente. On regrettera cependant que les explications se focalisent sur la dimension  historique et non sur le destin des artistes eux-mêmes ou sur des commentaires purement artistiques. En substance, on n'apprend pas grand chose de ces cartons. Mais c'est là bien peu de chose, tant les oeuvres, elles, sont éloquentes.

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Lundi 24 décembre 2007
par Quentin
Argol-Manuscrit.gifJulien Gracq n’est plus. Décédé à l’hôpital d’Angers. C’est triste. Il aurait dû mourir chez lui, à Saint-Florent le Vieil, face à la Loire. Cherchant, au loin dans le brouillard de Noël, les côtes hypothétiques du Fagherstan tel Aldo dans le Rivage des Syrtes. Ou écoutant le bruit de la guerre qui est là alors que la guerre, elle, reste invisible comme dans Un Balcon en forêt ou dans le Roi Cophétua. Au moins, il est mort une nuit de grand froid et de tempête, une nuit où l’incertain est plus réel que le certain, une nuit de romantiques allemands, une nuit de surréalistes.

    Inutile de résumer sa vie, les autres y arrivent très bien, , , ou là. C’était le dernier des écrivains, c’est tout. Le dernier avec une Weltanschauung ; avec une œuvre globale où une vraie vision du monde s’épanouit ; avec une réflexion sur plusieurs dizaines d'années qui accepte l’échec ou l’impasse parfois. Beigbeder, Houellebecq ou Angot, c’est sympa mais ce n’est pas pareil.

    Julien Gracq était le dernier des écrivains, il n’y a plus que des littérateurs.
Début décembre, je l’ai eu au téléphone. Brièvement, deux minutes, trois peut-être. Sa voix était ferme, elle trahissaitt son âge mais elle révélait aussi sa vigueur d’esprit. J’avais un reportage radio à faire sur les prix littéraires. Je voulais l’interroger, interroger l’homme de la littérature à l’estomac qui au début des années 50 avait déjà des mots si juste sur la littérature d'aujourd'hui, l’homme qui n'accepta pas le Goncourt.
Il refusa.
« Ce petit pamphlet, c’était il y a bien longtemps. De toute façon, aujourd’hui, c’est pire encore. Je ne donne plus d’interviews, c’est fini tout ça, je me suis retiré. »
« Même pour un jeune journaliste qui admire beaucoup votre œuvre ? »
« Oui »

Un instant passa. Le silence. Le décor était planté. Il raccrocha.

Un ami poilu me demanda un jour, « Un monde sans dodo mérite-t-il d’être sauvé ? »
Et un monde sans Gracq ?



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Dimanche 23 décembre 2007
par JBC
Selon  Rue89 , notre cher Nicolas Beytout complote abondamment dans le dos du directeur de la direction des Echos, Erik Izraelewicz. Malheureusement, ce dernier a annulé son cours ce semestre (contexte oblige?).

Nous ne connaitrons donc pas sa réponse à la de moins en moins énigmatique sentence lachée par Beytout lors de sa dernière conférence de rédaction: "Mon prédécesseur était un incapable, mon successeur sera un intrigant".

Comme le job de Beytout est une création de poste...






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Samedi 22 décembre 2007
par Cécile
C'est Noël c'est les festoyades  les cadeaux et l'amour universel! C'est aussi maintenant que je range mon appart et que je retombe sur toutes mes feuilles, mes cahiers, que dis-je MES GRIMOIRES de perles...

(Rajoutez des photos si vous avez le courage j'ai la flemme!)

Miscelaneous:

A une soirée:

Héloïse:
"Je suis sortie avec un mec qui avait couché avec Mélanie Doutey. Donc c'est un peu comme si j'avais couché avec Mélanie Doutey en fait."

En cours:

Quentin, quand le prof du cours d'histoire po remarquait qu'on n'était pas aussi nombreux que la promo d'avant:

"On n'est que 34 au lieu de 40, apparemment y a pas mal d'étrangers qui se sont désistés. Ils ont pas du réussir leurs tests ADN."

Le prof faisant l'appel au même cours:

"Dehesdin... Hesdun... ville ou pays où a d'ailleurs résidé le gouverneur du Pays-Bas à l'époque de Charles Quint!"
"Monsieur Daoulas... mmmh vous êtes breton"
"M. Etchegaray AH vous êtes basque!"
"Mlle Feng. ... ... vous êtes de quelle origine?"
Baptiste: "Alsacienne!"
"Monsieur Mouillard... alors là c'est désespérément plat!"

Beytout: "La journée sans Sarko, c'est des couillonades!"

Au Maroc:

Marie:
"Pourquoi Guy Moquet? Pourquoi pas Loana, femme du peuple souillée dans les bains publics pour un DJ au nom composé?"

"L'un dans l'autre... l'autre c'est unisexe c'est ça que j'aime bien".

Cécile :
"Je suis une grande amatrice de seins. Personne ne me comprend!"
Julien, en chuchotant "Si si, moi jte comprends"

Baptiste:
"Je voudrais que la vie soit un dancefloor permanent"

Thibault: "Quand il y a doute, il y a chaussette"

La première soirée de la classe chez Charlotte... (Quand je dis dossier je blague pas)

Ivan:
"Line t'as ramené tout ça à manger non mais t'es folle des pieds?"

"Delanoé c'est un mec tu sais qu'il mange dans des resto qui sont lourd au niveau du décor"

JBD:
"Toute façon en soirée les putes c'est celles qui dansent les premières"

Cécile:
"Faut trop qu'on fasse genre un baraton mais avec des boîtes!.... Et  on appellerait ça euh... un boità... euh non. On appellerait pas ça un boitaton..."
publié dans : Perles
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