Interview de Ayyoub Ajmi, créateur du portail Selwane.com

Publié le par Ecole de Journalisme de Sciences Po

Comment est né selwane.com et quel était votre but au moment de la création ?

 

J’ai créé selwane.com en  Juin 2003. Il s’agit d’un portail sur la ville de Salé où j’essaie de raconter tout ce qui se passe dans la ville. J’ai monté ce projet  parce qu’on manque d’informations sur la ville. On en parle que si il se passe des choses extraordinaires et que si il y a des problèmes. Mais le quotidien, les exploits des jeunes, la vie de tous les jours, on en parle rarement. Donc j’ai essayé de faire des couvertures d’évènements culturels (festivals), associatifs ou sportifs. Il y a eu beaucoup de visites sur le site. Il y a de plus en plus de demandes d’informations par des gens de Salé ou d’ailleurs. J’essaie de fournir de plus en plus d’informations, mais là je suis dépassé donc je commence à monter une équipe composée de jeunes de la ville. Nous travaillons en multimédia avec du texte, des photos et des vidéos. On a créé un site spécialisé pour la vidéo : selwane.tv. Nous ne sommes ni journalistes, ni une association, tout ce qu’on fait c’est refléter ce qui se passe sur notre ville.

 

 

Vous êtes sortis du champ socioculturelle à l’occasion de la campagne législative. En quoi votre traitement de la campagne a-t-il été particulier ?

 

Déjà sur selwane.tv nous ne travaillons qu’avec des vidéos exclusives. Pour les élections législatives marocaines nous avons essayé de donner la parole à tout le monde sans contraintes de temps. Nous avons contacté tous les partis politiques, les 36, mais 8 seulement nous ont répondus. Nous avons donné la parole à ceux qu’on n'entend pas trop à la télévision marocaine : les partis qui boycottaient les élections, des associations civiles travaillant sur la santé, les droits des femmes, la corruption, Amnesty International… Nous avons aussi laissé s’exprimer un groupe comme Al Adl Wa Al Ihssan qui est boycotté par les médias publiques . Nous avons enfin donné la  parole aux jeunes car on dit à la télé que les jeunes ne participent pas et sont apolitiques mais nous, nous les avons laissés s’exprimer et s’expliquer.

 

Au vu de son succès, une chaîne comme selwane.tv semble indispensable au Maroc, comment l’expliquez vous ?

 

Il n’existe que deux chaînes d’information au Maroc et elles ne parlent pas de tout. En plus il s’agit de chaînes généralistes donc il n’y a qu’un quart d’heure d’informations toutes les deux heures. Nous, on essaie de faire de notre mieux et de parler de l’information qui se passe autour de nous. Nous sommes plus proches des gens et nous leur donnons la parole. Nous avons déjà été reçus par des gens chez eux en pyjama! Nous avons été accusé de tourner en caméra caché tellement les gens sont naturels sur nos vidéos! Parce que nous travaillons avec une petite caméra familiale, cela diminue le stress. Le message passe plus facilement qu’à la télé où les gens ont tendances à être formatés.

 

 

Quels sont vos soutiens et vos financements ?

 

Nous travaillons bénévolement, nous n’avons pas de soutien, pas de publicité. Tout est payé sur nos fonds propres. Notre objectif ce sont les visiteurs. Et on a de plus en plus de visiteurs qui sont contents et actifs. Certains nous proposent leur article ou des idées de reportage. D’autres nous critiquent et rectifient nos erreurs. Ce qui est important c’est que le nom selwane.com commence à être connu. Nous sommes passé d’un site culturel à un site d’information reconnu. Il y a beaucoup d’évènement que nous sommes les seuls à couvrir, nous avons donc beaucoup d’exclusivités. Clairement pendant la campagne certains journalistes s’inspiraient de nos reportages et les journaux reprenaient nos photos sans toujours nous demander l’autorisation. Mais cela ne nous dérange pas.

 

Avez vous déjà subi des pressions? Vous imposez vous des limites dans les sujets à traiter ?

 

Nous n’avons jamais subi de pression. Nous sommes plus libre dans le choix de nos sujets que les médias classiques. Nous décidons de notre propre ligne éditoriale et de nos propres lignes rouges à ne pas dépasser. Il ne faut pas offenser les gens, ne pas mentir. Nous n’avons pas besoin d’être un journaliste pour respecter cela. Cela faut partie de nous en tant qu’humain tout simplement. On dit des choses qui sont vraies,  qui dérangent parfois mais nous n’avons jamais eu de retombées. C’est difficile de censurer internet. Nous sommes aussi libre de toute publicité et donc aucun annonceur ne peut nous faire de pression. Nous sommes libre.

Publié dans Maroc

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Frenchinmorocco 29/01/2014 13:49

À savoir : Par correction, j'ai prévenu par e-mail de mes commentaires Ayyou Ajmi, que j'avais déjà contacté à propos de la violation du droit d'auteur largement pratiquée sur Selwane.com, sans
réponse satisfaisante à mon goût, au niveau du respect légal du droit d'auteur

Frenchinmorocco 29/01/2014 13:27

NB : En disant que "le site est essentiellement basé...", j'ai mal formulé. J'aurais dû dire qu'il contenait énormément d'articles issus de la copie d'auteurs sans autorisation explicite. En plus
de l'exemple d'Ismail Alaoui et de son ouvrage "Cité millénaire", il y a encore par exemple, dans une moins large mesure que celui précédemment donné : Kenneth L. Brown et son ouvrage "People of
Salé" (1976), traduit en français sous le titre de "Les Gens de Salé" ; voir https://www.google.com/search?q="écrit+par+Kenneth+Brown"+site%3Aselwane.com

Frenchinmorocco 29/01/2014 12:38

Et en plus, on peut voir qu'au moins jusqu'à ce jour, ce site a le culot de faire paraître en pied de page : © 2003 - 2014 Selwane.com All rights reserved.

Frenchinmorocco 29/01/2014 12:32

Ben non, aucun lien cliquable ne s'affiche, donc pour s'en rendre compte, il faut bel et bien copier-coller dans la barre d'adresse de son navigateur :
https://www.google.com/search?q=%22ecrit+par+cit%C3%A9+mill%C3%A9naire%22+site:selwane.com

Frenchinmorocco 29/01/2014 12:29

En complément à mon premier commentaire.

Je ne sais pas si les commentaires permettent ici de coder un lien pour qu'il soit plus facilement accessible, mais j'essaye, en espérant ne pas avoir fait d'erreur de codage :
Exemple de pillage, relatif à l'ouvrage Salé : Cité millénaire