Journalism and the city - Episode 1

Publié le par Kethou

  Shopping
Premier jour de stage à New York. Bureaux de l’AFP, 47e rue & 3e avenue, 35e étage. A l’entrée, entre les deux portes tournantes, premier choc : la statue d’une femme nue qui tourne sur elle-même, genre blonde à forte poitrine, éclairée par un spot. Je me dis, sympa l’ambiance. Dans le hall, un gardien qui ne vérifie absolument pas qui je suis et se contente de me faire un grand sourire et de me demander « How are you doing today ? », ce qu’il fera tous les matins d’ailleurs. J’arrive enfin dans le bureau, deuxième choc : un petit bureau, ils sont quatre au « desk éco » et trois pour le reste, mais deux sont absents. Ma boss qui se retrouve donc seule pour tout gérer me dit : « Je dois faire un reportage sur les européens qui dépensent leurs euros à New York. Je vais faire la 5e avenue, tu veux venir ? ». Faire les magasins pour le boulot ?!! Mais bien sûr !
            Malgré le froid et le vent glacials, des milliers de touristes, les bras encombrés de paquets, inondent cette fameuse avenue, s’arrêtant devant les vitrines et prenant des photos. Et il y a de quoi faire. Le manège en or et diamants qui tourne dans la vitrine de Tiffany’s, le joaillier ; les dizaines de branches de sapins, guirlandes et faux paquets cadeaux cachant les échafaudages devant chez Cartier ; ou encore la chatoyante vitrine de FAO Schwartz, le grand magasin de jouet.
            Premier arrêt, LE Apple Store, face à Central Park, avec son cube en verre servant d’entrée à ce magasin souterrain, « la version américaine de la pyramide du Louvre », disent certains touristes. Du haut des escaliers transparents, le magasin grouille d’acheteurs potentiels, entre lesquels se faufilent pleins de T-shirt rouges, les vendeurs qui sont toujours là pour vous aider et surtout vous faire acheter. En l’espace de vingt minutes on croise des français, des espagnols, des anglais, des allemands,…Merci l’euro fort ! Federico Sanchez, un Madrilène de 25 ans dit être « ravi d’être dans la capitale du monde" mais surtout "de pouvoir faire des affaires ».
            Le deuxième magasin qui vaut le détour, c’est bien sûr Abercrombie & Fitch, la marque jeun’s branchée et surtout très chère. Mais pour rentrer il faut faire au moins 15 minutes de queue. Un couple d’Allemands nous demande pourquoi les gens attendent dehors. Quand on leur dit qu’il ne se passe rien de spécial, que c’est juste parce qu’il y a beaucoup de monde, Marcus n’en revient pas : « Je ne comprends pas pourquoi ces gens font la queue dans ce froid glacial alors qu’on peut acheter cette marque sur internet ! ». Mais je dois bien avouer que l’attente valait le coup. Quand on entre dans ce magasin, on se croirait dans une boîte de nuit! Musique techno assourdissante, lumières hyper tamisées, genre on ne voit presque pas les fringues, mais peu importe, l’intérêt c’est les vendeurs. Oui, ici les vendeurs et les vendeuses sont en réalité des mannequins ! Donc au lieu de regarder ce qu’il y a sur les cintres, je m’attarde sur les beaux mecs. Surtout celui dans l’entrée qui passe sa journée torse nu, à être pris en photos avec toutes les petites minettes qui passent, un peu comme les enfants avec Mickey à Disneyland. Bon, heureusement qu’il a une doudoune pour se réchauffer. Mais interdiction de la fermer, il faut qu’on voit les tablettes de chocolat !!!
            Une petite explosion dans les studios de la Fox nous force à couper court à notre virée. Actualité oblige, il faut rentrer au bureau. Au revoir Monsieur Muscle.

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