Journalism and the city - Episode 3

Publié le par Kethou

Diamonds are a girl’s best friend
 
Fraîchement arrivée au bureau, sans avoir eu le temps de voir les infos du jour, je m’attarde sur une conversation entre ma boss et une des filles du desk éco.
Boss : « Je commence à avoir peur pour Giuliani [l’un des candidats républicains] »
Eco : « Pourquoi ? »
B : « Parce qu’apparemment, il est à l’hôpital pour syndrome grippal et comme il n’est plus tout jeune, qu’il a eu un cancer… »
Je me dis, bon elle doit être fan de Giuliani, mais que nenni !!
« Si il lui arrive un truc, ça va encore être pour ma pomme et je vais devoir bosser ce week-end. Ce genre de chose ça vous arrive au moment où on s’y attend le moins. »
E : « Tu n’as qu’à avoir un papier prêt juste au cas où ».
            Après avoir prédit la mort de Giuliani, on part faire un reportage sur le quartier des diamantaires qui se trouve à quelques « blocs » du bureau.
On ne peut pas rater l’entrée du quartier. Deux gros lampadaires surmontés de diamants (en plastique) trônent de part et d’autre de la 47e rue, entre la 5e et la 6e avenue. On se retrouve tout de suite dans un autre monde. Bizarrement, il y a très peu de touristes dans cette rue et aussi très peu de femmes. Sur le trottoir, on passe plusieurs petits groupes d’hommes, genre mafia, regroupés par nationalités. Il y a les juifs hassidiques, les Iraniens, les Indiens, les Russes et même les Géorgiens !
Le New York Jewelry Center, une sorte de marché de bijoux mais surtout de diamants, abrite plusieurs stands tenus chacun par une famille. On y retrouve la même diversité culturelle qu’à l’extérieur. Ca vend, ça achète, sans arrêt ; ici pas de pause déjeuner, on mange à même les diamants !
Ma boss s’aventure à demander le prix d’une paire de boucles d’oreilles à un stand. Le patron répond froidement qu’il « ne vend pas au détail », sans lever la tête. Je me rends compte que tout le monde nous regarde un peu de travers. Et les petits cahiers sur lesquels on prend toutes les deux des notes n’arrangent rien. On se dirige lentement vers la sortie.
Plus on s’éloigne de la 5e avenue, plus les magasins deviennent louches, avec des rabatteurs qui essayent de nous pousser dans leur boutique. On entre dans un autre « marché ». A peine entrées, un homme nous interpelle : « Can I help you ? » (Traduction : qu’est-ce que vous foutez là ?) On est la bienvenue, ça fait plaisir ! On admire les bijoux étalés sur les stands. Je m’éloigne un peu pour rêver d’une belle bague quand un des vendeurs m’appelle.
« Miss, Miss. I’ll buy you a diamond ring ! You choose !”. Euh, doucement mon chou. Faut qu’on apprenne à se connaître d’abord! Ce n’est pas le seul personnage atypique. Il y a aussi cette vieille dame, maquillée comme un pot de peinture et portant un boa rose fuschia ou l’homme aux doigts couverts de bagues clinquantes.
Malheureusement il faut partir, on doit aller voir les calèches de Central Park. Récemment, un cheval a fait une embardée, effrayé par des jeunes faisant du break dance, et blessé plusieurs personnes. Les associations de défense des animaux réclament l'interdiction de ces calèches. On doit donc enquêter. Mais d’abord on s’arrête pour déjeuner dans un restaurant avec vue sur le parc. Mais, coup de téléphone. On oublie le cheval, Giuliani devrait faire une conférence de presse dans l’après-midi concernant son séjour à l’hôpital. Retour au bureau, tout le monde y va de son pronostic : il se retire de la campagne, c’est un coup de pub pour qu’on parle de lui, il est mort… Une heure plus tard, on voit Giuliani sortir de l’hôpital en live sur CNN. Il marche, regarde les journalistes, leur fait coucou avec un grand sourire puis s’engouffre dans une voiture noire et disparaît.
Tout ça pour ça !

Publié dans écrit

Commenter cet article

François 28/12/2007 10:32

Heureusement qu'il n y a pas de calèches à Paris, sinon les chevaux deviendraient fous en voyant les jeunes danser la techtonik