Tournoi des VI nations (3/6)

Publié le par François


Crunch time

Cette fois, ça sent le souffre. On a beau disserter (et moi le premier), sur la beauté du tournoi des VI nations, sur les valeurs du rugby, à un moment où à un autre  vient le temps de la vérité. Et il n'est de vérité plus crue, plus âpre, plus acide, que celle d'un France-Angleterre. 

Le contexte est tout trouvé: d'un côté, une équipe de France séduisante mais un peu fragile sur la voie d'un hypothétique grand chelem, de l'autre, un XV de la rose  qui a du mal à se dire qu'il n'est plus qu'un rouleau-compresseur rouillé  et qui s'est incliné à domicile contre le Pays de Galles avant de gagner chichement en Italie. On est tenté de se dire que la venue de la perfide Albion (Albion est le géant grec tutélaire de l'île de Grande-Bretagne) au Stade de France le samedi 23 février prochain (et en prime time !) permettra de prendre une revanche sur la désillusion de la demi-finale de la Coupe du monde. 

Mais voilà, ce n'est jamais si simple le sport, même à haut niveau. Car les Anglais sont, et il faut bien, la gorge serrée, le reconnaître, toujours dangereux lorsque on les prend de haut. En un instant, cette équipe solide mais sans génie peut se transformer en machine de guerre, et les Français doivent s'en souvenir. L'hiver dernier, à la même période, nous faisions les coqs en calculant à l'avance la raclée que nous allions leur infliger dans leur temple de Twickenham. Résultat, une défaite 26-18 et un Grand Chelem imperdable perdu. Et si la plaie du mondial était coterisée, je reparlerais de cette immonde soirée d'octobre.

Bref, il faut toujours se méfier des Anglais, surtout quand on ne les attend pas. Concepteurs de ce jeu, ils en maitrisent les méandres (sportifs et extra-sportifs) mieux que quiconque et sont passés maître dans l'art de régler le cursus du fair-play, notamment quand vient le "crunch time" comme la presse londonienne surnomme ces magiques France-Angleterre, ses batailles finissantes sur de  cyniques "good game" de la part de nos adversaires, où de Marseillaises endiablées. Car la seule chose qui importe dans ce match, c'est de gagner (au diable la manière !), contre les apotres du "win ugly", pour venger le pêché originel (non, je ne parle pas de Jeanne d'Arc), celui de la condescendance héréditaire de ses fils d'aristos pour les paysans et les ouvriers bourrus du sud-ouest français, renforcés par quelques médecins: les britanniques se veulent plus coubertinistes que Coubertin !

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François 16/02/2008 15:39

Merci de ces remarques, qui m'ont permis de corriger ces horreurs dans un texte écrit le nez dans le gidon.
Quant à mon cher Quentin, je te fais remarquer que l'un des paramètres de la non-implantation du rugby au nord de la ligne La Rochelle-Grenoble est l'influence de l'Eglise qui n'appréciait ce sport brutal et viril. D'où la victoire du foot alors que le sud-ouest déchristianisé et cathare s'est laissé évangéliser par le rugby (voir Albi, Auch, Castres, Carcassonne, Nimes, perpignan, Toulon), rien de très bourgeois ni de très catholique dans le rugbt français qui tranche avec sa pratique dans les public schools anglaises... Pour plus de détails, lire Jean Lacouture

Ben2015 16/02/2008 14:28

Vous avez un joli style. Par exemple j'aime bien la phrase "il n'est de vérité plus crue, plus âpre, etc...". Mais revoyez l'aurthaugrafe : "disserté" (au lieu de "disserter"), "peut-importe" (au lieu de "peu importe"), ça fait vilain.

Le bobo 15/02/2008 21:31

C'est un sport de bourges le rugby, d'un côté les aristos anglais, de l'autre les notables de la campagne.
Ce n'est pas l'instituteur qui poussait au rugby, c'est le curé, lutte de classes, mes fesses,
Vive le foot !

Louis 15/02/2008 19:56

De la lutte des classes dans le rugby. C'est beau comme du l'Huma ! ;)