Tournoi des VI nations (5/6)

Publié le par François



Rouges contre Bleus: le grand soir ?

Ainsi donc le XV de France jouera la victoire dans le tournoi sur la pelouse de Cardiff. Pour l'emporter, les Bleus doivent vaincre les Gallois avec plus de 20 points d'écart. Impossible n'est certes pas Français, mais on voit mal les diables rouges laisser filer ce titre, eux qui auront déjà le couteau entre les dents, à deux pas qu'ils sont du Grand chelem. 
Et c'est une solide formation que l'équipe de France voudra tancer dans son antre du Millenium stadium.

Au fond du seau cet automne après une piteuse élimination dès le premier tour de la coupe du monde (défaite fatidique contre les Fidjis), la fédération galloise a fait confiance à un nouvel encadrement sportif, en plaçant le rugueux néo-zélandais Warren Gatland a la tête de l'équipe, l'homme qui avait redressé l'Irlande en 1999-2000 avant d'être victimes des manipulations en coulisses de son adjoint Eddie O'Sullivan. Pour les joueurs en revanche, le coach n'a pas fait dans la nouveauté. Tous les grognards du grand chelem 2005 et du dernier mondial sont bien là, avec l'envie de prouver qu'ils ne sont pas finis et de redonner le moral à un peuple pour qui le rugby est une religion.
Néo trentenaires ou en passe de l'être, Shane et Martyn Williams, Ian Gough, Stephen Jones ou le nouveau capitaine Ryan Jones apportent beaucoup de stabilité et d'expérience à une équipe où pointent de nouveaux talents. Gavin Henson a retrouvé le goût du rugby, Mickael Phillips apprend à faire des passes, et James Hook s'affirme comme un joueur de haut niveau qu'il faudra supporter pendant les dix prochaines années.

Quatre victoires en autant de matchs, voilà ce qu'il fallait pour que les entraineurs français prennent leurs adversaires au sérieux, en se disant même qu'avec une équipe solide ils pourraient "gâcher la soirée" des gallois. Des petits nouveaux, Floch (excellent contre l'Italie), Malzieu, Ouedraogo et Barcella commenceront le match. Guirado, Mela et Trinh-Duc seront sur le banc. De la modération donc, et pas de nouvelles têtes, au contraire. Clerc, Bonnaire, Dusautoir, Vermeulen et Traille retrouvent quant à eux leurs responsabilités. Rougerie sera lui dans son canapé clermontois...

On l'a bien compris, ce match revêt un interêt de premier ordre pour des Gallois à la recherche du Grand chelem, et des Français désireux de bien finir la première campagne de l'ère Lièvremont.

Mais bien loin de ses passionnants matchs à enjeux, deux réflexions s'imposent.
La première vient de la victoire (15-9) de l'Ecosse face à l'Angleterre. Sous une pluie battante et sur un terrain labouré par les joueurs, les Ecossais ont offert une leçon de courage et d'humilité à des Anglais suffisants qui se voyaient trop beaux après leur succès en France. Match à l'intérêt esthétique limité, cet Ecosse-Angleterre a réhabilité les vertus premières de ce sport (combat, courage, cohésion, fierté, envie, rigueur...), et dans le même temps illuminé mon samedi après-midi par ailleurs bien gris.

L'autre remarque, en fait un véritable point d'interrogation, réside en l'évaluation du niveau de jeu des équipes de l'hémisphère nord. Les Gallois caracolent en tête du tournoi, ils n'ont pas passé le premier tour du mondial. La France et l'Angleterre sont, elles aussi, bien loin du niveau de jeu que j'ai entraperçu en regardant un match du Super 14 (le championnat des provinces des trois grands du sud) la semaine passée, et où sont expérimentées les nouvelles règles préconisées par l'IRB. Plus dynamique, plus physique, plus direct, il y avait de quoi se régaler.
De quoi espérer que nos jeunes coqs se mettent eux aussi à pratiquer un jeu vif, inventif, tout en maniant l'alternance. Et pourquoi ne pas commencer par rosser les rouges ?





Publié dans Chroniques

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Louis 16/03/2008 01:15

Les rouges ont -évidemment - gagné. J'attends le titre de l'Huma lundi !