Tournoi des VI nations (6/6)

Publié le par François


Le chantier de l'équipe de France n'en est qu'aux fondations

Et voilà, c'est fini ! Le tournoi des VI nations 2008 s'est achevé samedi sur une éclatante victoire et un Grand chelem du Pays de Galles. Une édition avec un niveau de jeu assez homogène parmi les équipes de l'hémisphère nord. Des Gallois au fond du sceau il y a six mois qui reviennent du diable vauvert pour un parcours parfait, une équipe anglaise mêlant jeunes et vieux, maîtrise passagère et arrogance coupable, la France en chantier avec son bataillon de nouvelles têtes et une nouvelle philosophie de jeu, une Irlande vieillissante dans la lignée d'un mondial raté, des Italiens limités mais courageux, et une Ecosse qui ne reveilla son peuple qu'en une occasion (la victoire sur l'Angleterre). Un niveau d'ensemble homogène donc, mais relativement moyen
dans une année post-mondiale, de reconstruction.

UN BILAN CONTRASTE. Finalement, l'équipe de France aura été au centre de toutes les interrogations, puisqu'un staff neuf et jeune avait, dès sa prise de fonction, annoncé un grand remue-ménage autour de jeunes joueurs bercés par un rugby offensif. Le tout en pariant sur de bons résultats pour ce premier tournoi de l'ère post-Laporte.
Promesse tenue et pari en partie réussi. Les jeunes bleus (trente-quatre appelés dont treize nouveaux joueurs) ont montré une envie de jouer, encore et toujours, et sur tous les terrains (hors de l'indigeste match contre l'Italie), avec un rendement malgré tout limité par rapport au potentiel évident de cette équipe.
Toujours solides en défense, ils ont toutefois affiché de grosses lacunes en terme de stratégie et de gestion des matchs (variété des formes de jeu: au pied, à la main, pénétrant) et surtout en conquête. Là où le XV de Laporte était peu imaginatif mais robuste en mêlée, touche et ballons portés, celui du trio Lièvremont-N'Tamack-Retière a inquiété par sa friabilité, notamment lors des moments décisifs. Par exemple à Cardiff, les Français n'ont perdu qu'une mêlée, à cinq mètres de l'en-but adverse, ainsi qu'une touche à la même hauteur. Et ce n'est rien en comparaison avec les fessées reçues en mêlée fermée face aux Anglais, aux Irlandais et aux Italiens.

LES NOUVEAUX. Au rayon des satisfactions, le pilier d'Auch Fabien Barcella a livré des matchs très prometteurs (2), ce qui est aussi le cas de Parra (3). Très utilisés, Oudraogo et Trinh-Duc devront être revus, tout comme Picamoles (meilleur joueur contre l'Angleterre, moyen contre l'Italie), David, Faure, Malzieu et Floch. Loic Jacquet a encore du chemin à parcourir pour être l'héritier (tant annoncé) de Fabien Pelous, tout comme Arnaud Méla, trop juste dans le rythme. Diarra, Tomas et Guirado n'ont quasiment pas joué et reviendront en bleu. Brugnaut, très critiqué, a lui aussi du pain sur la planche s'il veut s'imposer à droite de la mêlée française, poste vacant et sinistré depuis la retraite de Pieter de Villiers.

LES NOUVEAUX-ANCIENS. Capitaine exemplaire, Lionel Nallet a joué l'integralité des matchs. Szarzewski, Dusautoir, Bonnaire, Elissalde, Traille, Clerc, Rougerie et Heymans ont apporté, à tour de rôle, les garanties qu'on attendait d'eux. Mas, Vermeulen, Marty, Thion, Jauzion et Yachvili ont fait le boulot, sans plus, ce qui est dommage vu le pedigree de certains.
Déception du côté de Jean-Baptiste Poux, utilisé comme pilier droit remplaçant, alors qu'il est plutôt gaucher, et qui a beaucoup souffert lors de ces entrées en jeu. Servat n'a pas montré grand chose, et on peut attendre beaucoup plus de David Skrela, encore harassé par la pression de la charge.

ET MAINTENANT? Avec deux matchs en Australie fin juin sans les demi-finalistes du Top 14, le XV de France devrait voir arriver de nouveaux joueurs et continuer de tester les jeunes vus pendant le tournoi, ainsi que quelques anciens (Mignoni, Chabal ?). Aussi, les tests de l'été et de l'automne, ainsi que le tournoi 2009, permettront aux sélectionneurs d'élargir le groupe avant de le réduire pour construire à l'horizon 2011. Marconnet, Milloud, Nyanga, Lanboley, Martin ou Beauxis devraient faire partie des prochaines sélections, au moins pour être testés, tout comme Michalak. Le talonneur de Leicester Kayser, le pilier Montès, le troisième ligne Caballero, l'arrière Denos, les centres Audrin et  Bastareaud, les polyvalents Peyras, Thiery et Médard pourraient aussi endosser prochainement le maillot frappé du coq.







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