Boulevard 117

Blog collectif des étudiants de l'Ecole de Journalisme de Sciences Po Paris. Reportages, papiers, chroniques, actualités de l'école.

117 boulevard St Germain
75006 Paris

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Jeudi 31 janvier 2008
par François


La résistance comme seule obédience


« J’ai vécu les présidentielles de 2007 comme une honte pour la France et pour la démocratie, un vrai scandale ! » s’insurge Laurent Dupuis : « la campagne avait été fabriquée par les grands médias, il n’y a pas eu de vrais débats, que de la com’ bipolaire ».
Comme plusieurs milliers d’autres, c’est en écoutant François Bayrou qu’il ressent le besoin de l’engagement : « entre les deux tours, Bayrou a dit qu’il voulait faire de la politique autrement avec un nouveau parti transcendant les clivages. Je me suis dit : chiche ! ».

Dans la même semaine, Laurent Dupuis prend sa carte à ce qui est encore l’UDF, va à la Mutualité écouter le leader centriste, et se retrouve suppléant de Séverine de Compreignac aux législatives dans la 7e circonscription du Val-de-Marne. Le duo prend la 3e place du premier tour avec 14% des voix. Laurent Dupuis vient, à 45 ans, de connaître sa première campagne électorale, sa première expérience militante.
Finie la 7e, cap sur Nogent-sur-Marne, cette ville aisée de l’est parisien où la famille Dupuis est installée depuis 5 ans. Laurent entend en devenir le maire, et rompre avec l’étouffante mainmise historique de la droite conservatrice sur cette ville agréable qui compte près de 30.000 habitants.
 

Jusqu’au 18 mars, date du second tour des élection municipales, la vie de Laurent Dupuis ressemble plus au trafic de l’autoroute A4 voisine qu’au tranquille cours de la Marne, point cardinal des Nogentais. Des distributions de tracts sur les marchés aux réunions privées que ses sympathisants organisent chez eux avec quelques voisins, la tête de liste du MODEM déclame le sens de son engagement : « notre équipe se base sur des valeurs, celles de l’humanisme, de l’écoute, du respect, de la démocratie et de l’innovation ». « Nous voulons donner l’image d’un groupe uni et ouvert à toutes le bonnes volontés : les bonnes idées ne sont ni de droite ni de gauche, elles sont au service du bien commun. Nous voulons faire passer le message de notre compétence et de notre savoir-faire pour mener la ville de Nogent » ajoute-t-il. Et Laurent Dupuis sait ce que sont le management et l’innovation.
 

Né à Paris, ce père de deux enfants âgés de 8 et 12 ans a fait ses études à l’ESC (Ecole supérieure de commerce) de Rouen, avant de partir en coopération à Chicago. Rentré en France, il travaille pour Unilever avant de devenir son propre patron, en 1992, date à laquelle il fonde sa PME de conseil en stratégie de l’innovation pour les entreprises. 

Seules cinq personnes, des voisins, ont ce soir là répondu présentes à l’invitation de Martine Prunier à venir chez elle pour écouter et découvrir le candidat du parti bayrouiste à la mairie. Tout juste retraitée du service de presse d’Air France, la directrice de communication de la campagne de Dupuis a elle aussi tourné à l’orange au printemps 2007. « Je votais généralement UDF pour ses valeurs européistes et libérales, mais je ne suis entrée en politique qu’en rencontrant Laurent, quelqu’un d’ouvert, qui sait écouter les gens, un fédérateur et un leader pour une équipe ». Dans ses pas, elle est partie sur les chemins de la refondation : « il n’y avait que sept adhérents à l’ancienne UDF de Nogent, plus quelques élus. Ils sont tous partis à droite, nous avons créé une section MODEM, et nous sommes désormais 70 ».

« Comme ailleurs, le MODEM est devenu un parti jeune, très dynamique, fédérateur. Les membres de notre liste viennent du centre-droit, du centre-gauche et de Cap 21. Ce qui nous rassemble, c’est cette volonté de travailler ensemble pour nos concitoyens » précise Laurent Dupuis, « pour Nogent, on veut montrer notre capacité à gérer la ville, prouver nos compétences en gouvernance publique », tout en avouant  que « nous sommes plutôt issus de classes moyennes ou aisées, même si nous sommes de tous horizons ».

Insatiablement, Laurent Dupuis présente le programme de « Nogent passionnement » tout au long du défilé d’un power-point. Debout, cet homme de taille moyenne aux lunettes rectangulaires et au front dégarni sous une chevelure poivre et sel essaie de convaincre du bien-fondé de sa démarche d’opposition. En bon conférencier, il s’assure d’être bien compris, de répondre aux questions avec précision comme pour affirmer qu’il connaît bien ses dossiers.

Ce qui ne l’empèche pas de lancer quelques piques à l’adresse de ses prédecesseurs : « le maire sortant a fortement augmenté les impôts en se cachant derrière de fausses raisons, il fait primer ses interêts sur ceux de la commune et c’est un roi du clientélisme. Nous, nous voulons remettre l’homme au centre des politiques publiques, ne pas faire de démagogie ».

Interrogé sur ses ambitions, le discours se fait direct et persuadé : « la victoire, c’est tout ce qui nous interesse, et nous pouvons le faire. L’équipe est compétente, soudée. En plus, il y a trois listes à droite qui se tirent systématiquement dans les pates. Et comme le PS, même rose pale,  n’a aucune chance de gagner ici, cela nous ouvre une fenètre de tir. En tout cas, nous y croyons et nous mettons toute notre énergie dans la bataille ». Reste à convaincre les électeurs d’une ville conservatrice de faire le grand saut au centre. Pour mettre en avant ses valeurs, l’équipe Dupuis a choisi l’abeille comme symbole : « nous voulons retrouver le travail en équipe et le sens de la collectivité, comme dans une ruche ». Pour cela, Laurent Dupuis décline invariablement ses « trois R » : rassemblement,  renouvellement, refondation démocratique. 

Mais surtout, Laurent Dupuis rappelle qu’il pourrait retourner très vite de là d’où il vient : « si je ne croyais pas en cette équipe, je retournerais dans ma PME, je ne suis pas un politicien. L’engagement en politique est dur, on se fache avec des gens, on en rencontre beaucoup d’autres. Mais la campagne,  c’est comme avoir deux temps-plein en même temps, une vraie course de fond. C’est difficile pour ma famille qui ne me voit pas beaucoup en ce moment. J’ai déserté mon club de tennis de table et ranger le vélo jusqu’à nouvel ordre ». Mais pour lui, le jeu en vaut la chandelle : « les gens sont sensibles à l’innovation, au langage vrai et à des engagements réalistes ». En attendant de faire de Nogent-sur-Marne « la ville phare de l’est parisien », Laurent Dupuis entend faire briller son auréole orangée.

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Samedi 19 janvier 2008
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
Sur le même thème que Louis. Deux visions différentes du problème.

Interview de Mathieu KAISER, économiste à la Direction des Etudes Economiques de BNP-Paribas.

L’INSEE a publié mardi les chiffres de l’inflation de décembre, en progression de 0,4% par rapport à novembre et de 2,6% par rapport à décembre 2006. Cette accélération du niveau général des prix explique-t-elle à elle seule le sentiment des ménages français d’une stagnation, voire d’un recul de leur pouvoir d’achat ?

Ce sentiment est justifié pour le dernier trimestre 2007. Le salaire moyen brut (en euros courants) progresse moins vite que les prix, d’où un recul du salaire réel des ménages, en baisse de 0,4% par rapport au trimestre précédent. L’inflation est un facteur très important de la perte de pouvoir d’achat, qui est devenue la principale cause de démoralisation des ménages en ce moment.
De manière plus durable, les inquiétudes sur le pouvoir d’achat viennent aussi de  l’évolution plus faible des revenus des ménages. Depuis 2002, le salaire moyen brut progresse de 2,6% par an, une augmentation plus faible que celle du SMIC horaire (4,5% l'an). Il y a eu un écrasement des grilles salariales vers le bas suite au passage aux 35 heures. Cela joue dans le sentiment de déclassement des classes moyennes. Ce sont elles qui sont le plus fortement touchées par la perte de pouvoir d’achat. Les classes aisées ont elles pu compter sur leurs revenus du patrimoine.

Peut-on déjà estimer l’effet de cette stagnation du pouvoir d’achat sur la consommation des ménages ?

La consommation des ménages a montré des signes très clairs d’essoufflement au quatrième trimestre 2007 : elle a crû de 0,2% seulement contre 0,8% au trimestre précédent. En particulier, les dépenses de biens manufacturés ont reculé fortement sur la période. Or ces dépenses comptent entre 25 et 30% dans la consommation totale des ménages.
Parallèlement, les dépenses énergétiques ont augmenté fortement, surtout en décembre, à cause du froid. Les dépenses de services restent aussi dynamiques. Au total, cela devrait compenser en partie la baisse des dépenses des produits manufacturés.
Ce ralentissement de la consommation des ménages n’est pas sans effet sur la croissance car la consommation contribue à hauteur de 50% du PIB.

A quoi doit-on s’attendre en 2008 ?

On s’attend à ce que l’inflation reste à un niveau élevé début 2008, au moins jusqu’au troisième trimestre. Le pouvoir d’achat des salaires (au premier trimestre 2008) va progresser de façon marginale par rapport au dernier trimestre 2007, le salaire réel n’augmentant que de 0,3%. Sur l’ensemble de l’année 2008, on s’attend à une hausse des salaires réels de 0,4% seulement contre 1,2% en 2007.

Comment peut-on inverser la tendance ?

Le déterminant principal du pouvoir d’achat à moyen terme, ce sont les revenus. Il est donc nécessaire de redresser la croissance moyenne en France et d’améliorer le fonctionnement du marché du travail.
Sur les marchés des biens et des services, une augmentation de la concurrence pourrait faire baisser les prix, surtout pour les services, dont les prix sont très dynamiques (ils progressent de 2,4% en glissement annuel).

Le « low cost » peut-il être un levier pour le pouvoir d’achat, comme le préconise le rapport Beigbeder ?


Il faut veiller à ne pas tomber dans une économie de la déflation. Il est encore plus difficile d’en sortir que de lutter contre l’inflation. La déflation pèse en effet sur l’activité et sur l’emploi. Le low cost, pourquoi pas, mais c’est comme faire des soldes toutes l’année. Est-ce soutenable pour l’économie à long terme ?

Recueilli par L.R.
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Vendredi 18 janvier 2008
par Louis
J'ai réalisé cette interview tout à l'heure pour mon cours de presse écrite économique. Comme je la trouve intéressante, je me permets de vous la faire partager.

Interview d'Eric Heyer


Eric Heyer est directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE).

index-pouvoir-achat.jpgLe pouvoir d'achat est une des préoccupations majeures des Français, que pouvez-vous nous dire sur sa réalité chiffrée ?

Le pouvoir d'achat, concrètement, c'est l'écart entre l'augmentation des revenus et l'inflation. Il se trouve qu'en France cet écart est positif, c'est à dire que les revenus augmentent un peu plus vite que les prix, donc qu'en moyenne le pouvoir d'achat ne recule pas et a même tendance à progresser légèrement. Mais ce constat soulève deux nuances. La première concerne les chiffres de l'inflation communiqués par l'INSEE, qui sous-estimerait la hausse des prix et qui fausserait donc le calcul du pouvoir d'achat. La seconde, qui est très importante, c'est que lorsque l'on parle de pouvoir d'achat, il s'agit de données macro-économiques, de moyennes nationales, qui gomment les disparités entre les différentes catégories au sein du pays.


Et ces disparités sont fortes en France ?

Tout à fait. Il y a en réalité des catégories qui voient leur pouvoir d'achat reculer, typiquement les ménages les plus démunis, alors qu'au contraire les plus riches l'ont vu progresser, parfois très fortement. En termes financiers la hausse de pouvoir d'achat des uns fait plus que compenser la baisse de pouvoir d'achat des autres, ce qui explique qu'en moyenne le pouvoir d'achat augmente. Mais en nombre d'individus, les perdants sont beaucoup plus nombreux que les gagnants, c'est pour cela que la question du pouvoir d'achat se pose si fortement.


Qu'est-ce qui peut expliquer de telles disparités ?

Cette différence s'explique surtout par des structures de consommation différentes. En effet, les ménages les plus riches ont en proportion plus de dépenses de loisir que les plus pauvres, et on constate par exemple que les prix des biens d'équipement audiovisuel (chaînes Hi Fi, écrans plats, etc.) ont fortement reculé. A l'inverse, les ménages les plus pauvres consomment en proportion plus de produits de première nécessité (viande, légumes, etc.), dont les prix ont le plus augmenté. Enfin, il y a un facteur qui joue beaucoup dans ces disparités : le tabac, dont le prix a explosé ces dernières années. Les catégories les moins aisées consomment beaucoup plus de tabac que les plus riches. Et lorsque l'on retire le tabac des statistiques, on se rend compte que les disparités sont bien plus faibles.


Les mesures du gouvernement pour redonner du pouvoir d'achat aux Français vous semblent-elles adaptées ?

Non. On voit bien que, du fait des disparités, il faudrait cibler les mesures censées redonner du pouvoir d'achat sur les catégories sociales les moins riches. Or le gouvernement s'est trompé de cible puisque les mesures prises depuis l'élection de M. Nicolas Sarkozy ont surtout bénéficié aux plus riches. Le gouvernement a baissé l'impôt sur le revenu, c'est une mesure qui ne concerne que les gens qui sont suffisamment aisés pour payer l'impôt. L'allègement des droits de succession, le bouclier fiscal vont dans le même sens. Il aurait au contraire fallu prendre des mesures qui concernent exclusivement les catégories ayant les revenus les plus faibles, comme par exemple augmenter la prime pour l'emploi (PPE).

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Dimanche 13 janvier 2008
par Q
Les caucus…. Un système étrange pour nous.
Un excellent article du Monde montrait récemment le côté bordélique de l’organisation d’un caucus dans l’Iowa.
Mais ce n’était pas aussi drôle que la critique de Lewis Carroll dans Alice au Pays des Merveilles.

Chapitre III
Une course au “Caucus”  et une longue histoire

"Étrange troupe, en vérité, que celle qui s’assembla sur la rive : oiseaux aux plumes mouillées, animaux dont la fourrure collait au corps, tous trempés comme des soupes, mal à l’aise, et de mauvaise humeur.
Naturellement, la question la plus importante était de savoir comment se sécher : ils tinrent conseil à ce sujet (…)
« Ce que j’allais dire, reprit le Dodo d’un ton vexé, c’est que la meilleure chose pour nous sécher serait une course au “Caucus”. »
Qu’est-ce que c’est qu’une course au “Caucus” ? » demanda Alice.
(…)
« Ma foi, répondit-il, la meilleure façon d’expliquer ce que c’est qu’une course au Caucus, c’est de la faire. »
Chacun se mit à courir quand il lui plut et s’arrêta de même, si bien qu’il fut assez difficile de savoir à quel moment la course était terminée. Néanmoins, lorsqu’ils eurent couru pendant une demi-heure environ et qu’ils furent tous bien secs de nouveau, le Dodo cria brusquement : « La course est finie ! » Sur quoi, ils s’attroupèrent autour de lui en demandant d’une voix haletante : « Mais qui a gagné ? » (…)
Le Dodo déclara : « Tout le monde a gagné, et tous, nous devons recevoir des prix. »
« Mais qui va donner les prix ? » demandèrent les autres en chœur.

« C’est elle, bien sûr » , dit le Dodo, en montrant Alice du doigt
(…)
 Alice ne savait que faire. En désespoir de cause, elle mit la main à la poche, en tira une boîte de dragées  et lAlice-par-John-Tenniel-09-copie-1.pnges distribua à la ronde, en guise de prix. (…)

« Mais il faut qu’elle ait un prix, elle aussi », dit la Souris.

 « Bien sûr, approuva le Dodo d’un ton très sérieux. Qu’as-tu encore dans ta poche ? » continua-t-il en se tournant vers Alice.

« Rien qu’un dé à coudre », répondit-elle tristement.

« Passe-le-moi », ordonna-t-il.

Une fois de plus, tous se pressèrent autour d’elle, tandis que le Dodo présentait solennellement le dé à Alice, en disant : « Nous te prions de bien vouloir accepter cet élégant dé à coudre ; » et, quand il eut achevé ce bref discours, les assistants poussèrent des acclamations.

Alice jugea tout cela parfaitement absurde, mais ils avaient l’air si sérieux qu’elle n’osa pas rire ; comme elle ne trouvait rien à répondre, elle se contenta de s’incliner et de prendre le dé, d’un air aussi grave que possible."
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Lundi 31 décembre 2007
par Q
1be4 continue, aujourd’hui, mode Le Figaro. Forcément caricatural.
 
La Chronique : Ségolène Royal ne sait plus quoi faire pour exister. La voilà sur l’île d’Oléron pour montrer sa différence avec Nicolas Sarkozy. Mais alors que la presse mondiale est captivée par les vacances du président français en Egypte et par son idylle avec Carla Bruni, il n’y avait que cinq journalistes pour suivre la visite de Ségolène Royal dans une ferme ostréicole. Elle a déclaré à nouveau que « Nicolas Sarkozy devait respecter la dignité de la fonction présidentielle. » Est-ce manquer de dignité pour un président que de partir en vacances une toute petite semaine après une année où il a été sur tous les fronts ?




Et sinon le dernier article sur Ségo dans Le Figaro et cette phrase géniale de Paul Nahon, directeur de l'information de France 3, selon lui, "Christine Ockrent  (ndlr, elle passe ses vacances là-bas avec Kouchner qui lui fait du jogging avec Sarko) ne sera jamais présente «physiquement» en Egypte, au même endroit et au même moment que Nicolas Sarkozy, qu'il s'agisse des activités privées du président à Charm el-Cheikh, ou de la suite de ses activités publiques au Caire."
Et moralement, ils sont dans la même pièce ?
Je plains Bernie-sac-de-riz. Pas facile de gérer son emploi du temps en partant en vacances avec deux personnes qui n'ont pas le droit de se fréquenter.
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Vendredi 28 décembre 2007
par Ecole de Journalisme de Sciences Po
Deuxième épisode de la série 1be4. Aujourd’hui, mode I was like. Because you know and the beau brun poivré. Hommage



9h. Seulement trois jours que je travaille et j’ai déjà du mal à me lever. Brouillard, froid et tout, relou. En plus, il n’y a rien à faire pour moi, comme il n’y a pas beaucoup de nouvelles genres breaking news à La Rochelle en ce moment, because les fêtes de fin d’année, bah, ils savent pas trop quoi me donner. Sauf que ce matin, un peu de beurre va fondre dans les épinards. Oui, oui. Tiens, tiens, coup de fil de l’attaché de presse de Ségolène, une ancienne de France 3, tiens tiens, Ségo visite une ferme ostréicole, tiens tiens, si on y allait. Tiens tiens, c'est comme le chalutier pendant le vyage à Malte de Sarko.
     10h. Ni une ni deux mon chef qui est chouette mais pas aussi chouette que Juliette m’envoie là-bas avec le photographe rejoindre la correspondante locale de Sud-Ouest. Enfin pas celle d’Oléron mais celle de Rochefort parce que  bon je vais pas vous résumer l’organigramme du journal. Et puis, mon chef qui est chouette, il me dit, tu prends ton cahier et tu le fais pour de faux, c’est un bon exercice. Moi je suis tout émoustillé.
    Et me voilà dans la voiture du photographe, qui parle pas beaucoup, un peu poivre et gris. Pas mal mais pas aussi beau que Patrick de Carolis ou le vieu beau de France Inter. Eux, c’est où ils veulent, quand ils veulent. Lui, il faut que je regarde dans mon agenda. Un voyage sur l’Île d’Oléron, c’est un peu l’aventure. C’est comme si Kékete allait  faire un reportage à Brooklyn, elle sait que c’est possible mais elle n’y croit pas vraiment.
On arrive devant la ferme ostréicole, sans se perdre, la classe, et en avance. Fortiche conducteur mon photographe. Il y a déjà deux gars France 3 et un gars de la radio. Sud-Ouest Rochefort se ramène et aussi une fille de Montauban. C’est loin Montauban ou pas ? Ca poiraute. Ca parle pas beaucoup.
    10h45. « De toute façon, elle est toujours en retard, râle un gars. Et encore si elle vient. »
« Ah bon, avec moi elle arrive toujours à l’heure », dit une autre.
Le silence.
« Et on lui connaît un chéri ? »
Alors là, j’ai l’oreille qui se dresse, qu'entends-je ?
« Oui, un médecin à La Rochelle »
« Pas un people quoi. »
« Nan »

s--go-3.JPGLe silence.
Bref ça voudrait balancer mais y a rien à balancer .
« Et sinon on a retrouvé des requins tigres près de l’île d’Aix cette été. »
 Ségo a cinq minutes de retard.
« Après le quart d’heure charentais voilà la demi-heure poitevine. »
    11h08. Elle arrive avec un gros gars sympa fort en gueule, le vice-président du conseil régional de Poitou-Charentes., François Patsouris. Je dresse la tête pour rejoindre mes oreilles. Elle est toute fine pas très grande mais bon elle a sorti les talons alors ça monte et puis aussi elle a les boucles d’oreille et tout, je me dis que des talons pour visiter une ferme ostréicole c’est pas le mieux, enfin moi je suis en basket, pas top aussi. C’est marrant ça, tous les jeunes journalistes sont en basket. Pas les deux plus vieilles de la presse écrite. Elle dit bonjour la Ségo et serre la main sans regarder dans les yeux.
Toute la petite troupe la suit.
    D’abord on écoute le speech du gars qui cultive les huîtres, une entreprise familiale et tout, mais bon la priorité c’est Sarko. France 3 demande à Ségo de se placer devant les parcs à huîtres tout moches.
« C’est beau là ? », elle demande.
« Oui, oui »
Et puis elle sort, dignité représentation indigne tout ça parce que quand même Sarko il abuse de se dorer la pilule en Egypte avec l’argent de Bolloré qui a des groupes de presse et est en Afrique (je résume). Trois questions du journaliste et c’est torché. En plus, moi qui lit la presse, je sais qu’elle l’a déjà dit hier. Mais bon là faut enfin des images.
« C’est bon là, vous en avez assez ? », demande Ségo. Elle agit en pro. Moi, je veux déjà poser des questions mais j’ose pas, c’est la période réservée à la télé.
 Le journaliste essaye de la taquiner sur Carla mais elle balance pas, elle dit que Sarkozy peut aller en vacances où il veut et avec qui il veut. Le problème c’est money money, la dignité de la fonction présidentielle, tout ça. Elle demande en off à France 3 de passer les images aux autres télés parce qu’ils sont tout seuls là.
    11h15. Après on va à l’intérieur, on regarde Ségolène ramasser les huîtres, les ouvrir, les manger. C’est Martine visite une ferme ostréicole. On nous apporte un plat d’huîtres, Ségo veut manger mais personne ne bouge. Moi je sais qu’elle ne veut pas être filmée ou photographiée en train de manger. Mais là, ça coince, alors elle en gobe vite fait une sous la mitraille.
Puis, on attaque tous. C’est à la bonne franquette, debout autour d’un tas de bourriche d’huîtres. Y a pas de vin. Et puis Ségo demande si la presse écrite a des questions. Personne ne bronche. Je me sens mal  pour elle. Elle redemande.
Bon bah alors moi je la mitraille. La première fois, elle me demande de répéter, je ne parle pas assez fort, puis je prends confiance. Un  peu tout ce qui me passe par la tête. Si elle se sent plus proche des gens que Sarko, les liens avec Bolloré, si présenter Carla après la semaine Khadafi n’est pas un problème, le coup du chalutier ("par hasard", elle dit, tout le monde rigole) et d’autres questions et puis elle elle parle « séquence de communication gênante», et  demande au président de s’occuper de nous et d’être vraiment le président du pouvoir d’achat, que le style peut changer mais faut remettre l’ordre des choses et l’ordre des choses c’est la dignité présidentielle. Bref, toujours rôder, elle innove pas après la télé. On a le droit à ordre quand même. Mais pas ordre juste. Dommage. Et puis, pas de off aussi, même quand la caméra est coupée.
Ca a lancé un peu les autres journalistes alors France 3 lui demande ce qu’elle pense de l’Arche de Zoé.
« Des pauvres gens qui se sont fait avoir. »
 Mouais. Les familles ou Breteau and co. J’ai un doute. Je me souviens pas. J’ai peut-être raté un épisode dans la réponse ou dans la question.
Et puis les gens se dispersent un peu, elle parle vite fait avec le radio-man de Rue de la banque et qu’elle n’y va pas parce qu’ils ne veulent pas être récupérés. Moi je pense à la visite de Hollande mais j’ose pas demander.
Et puis comme ça, je lance,
Et sinon vous pensez quoi du réseau RESF ?
Là, elle me regarde. J’ai peut-être pas parlé assez fort.
Le réseau RESF ?
Je vois rien dans son regard. Je perds un peu contenance.
Le réseau éducation sans frontière, vous savez, l’immigration.
Ah oui, c’est bien ce qu’ils font.
Vous les soutenez ?
Oui, je crois que leur action est plutôt efficace.
Vous les soutenez même si c’est illégal ?

11H45. Et là, elle a bloqué, j’ai pas insisté, j’avais l’impression d’avoir un doute et si, moi, je me trompais sur le réseau RESF, et si c’était une ONG comme d’hab genre MSF. Une fois rentré, j’ai vérifié, RESF, c’est bien le réseau qui cache des enfants sans papiers pour qu’ils ne soient pas expulsés. Techniquement, c’est bien illégal. CQFD. Bon après, est-ce qu’elle ne connaît pas ou est-ce que je n’étais pas clair. On saura pas. Il faut que je prenne de l’assurance mon général
    12h. Bilan, plutôt sympa la Ségo, respectueuse, rôdée sur son discours, veut pas une gaffe.
Je rentre avec mon photographe, il parle pas plus au retour. Je dors dans la voiture. C’est moins drôle que le conseil des ministres, y a pas de petites blagues genre Dati en robe rouge, elle se tape Sarko, Yade en robe noire, elle démissionne (la dernière j’invente, je rêve, que dis-je, j’affabule.)
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Vendredi 28 décembre 2007
par Kethou
Diamonds are a girl’s best friend
 
Fraîchement arrivée au bureau, sans avoir eu le temps de voir les infos du jour, je m’attarde sur une conversation entre ma boss et une des filles du desk éco.
Boss : « Je commence à avoir peur pour Giuliani [l’un des candidats républicains] »
Eco : « Pourquoi ? »
B : « Parce qu’apparemment, il est à l’hôpital pour syndrome grippal et comme il n’est plus tout jeune, qu’il a eu un cancer… »
Je me dis, bon elle doit être fan de Giuliani, mais que nenni !!
« Si il lui arrive un truc, ça va encore être pour ma pomme et je vais devoir bosser ce week-end. Ce genre de chose ça vous arrive au moment où on s’y attend le moins. »
E : « Tu n’as qu’à avoir un papier prêt juste au cas où ».
            Après avoir prédit la mort de Giuliani, on part faire un reportage sur le quartier des diamantaires qui se trouve à quelques « blocs » du bureau.
On ne peut pas rater l’entrée du quartier. Deux gros lampadaires surmontés de diamants (en plastique) trônent de part et d’autre de la 47e rue, entre la 5e et la 6e avenue. On se retrouve tout de suite dans un autre monde. Bizarrement, il y a très peu de touristes dans cette rue et aussi très peu de femmes. Sur le trottoir, on passe plusieurs petits groupes d’hommes, genre mafia, regroupés par nationalités. Il y a les juifs hassidiques, les Iraniens, les Indiens, les Russes et même les Géorgiens !
Le New York Jewelry Center, une sorte de marché de bijoux mais surtout de diamants, abrite plusieurs stands tenus chacun par une famille. On y retrouve la même diversité culturelle qu’à l’extérieur. Ca vend, ça achète, sans arrêt ; ici pas de pause déjeuner, on mange à même les diamants !
Ma boss s’aventure à demander le prix d’une paire de boucles d’oreilles à un stand. Le patron répond froidement qu’il « ne vend pas au détail », sans lever la tête. Je me rends compte que tout le monde nous regarde un peu de travers. Et les petits cahiers sur lesquels on prend toutes les deux des notes n’arrangent rien. On se dirige lentement vers la sortie.
Plus on s’éloigne de la 5e avenue, plus les magasins deviennent louches, avec des rabatteurs qui essayent de nous pousser dans leur boutique. On entre dans un autre « marché ». A peine entrées, un homme nous interpelle : « Can I help you ? » (Traduction : qu’est-ce que vous foutez là ?) On est la bienvenue, ça fait plaisir ! On admire les bijoux étalés sur les stands. Je m’éloigne un peu pour rêver d’une belle bague quand un des vendeurs m’appelle.
« Miss, Miss. I’ll buy you a diamond ring ! You choose !”. Euh, doucement mon chou. Faut qu’on apprenne à se connaître d’abord! Ce n’est pas le seul personnage atypique. Il y a aussi cette vieille dame, maquillée comme un pot de peinture et portant un boa rose fuschia ou l’homme aux doigts couverts de bagues clinquantes.
Malheureusement il faut partir, on doit aller voir les calèches de Central Park. Récemment, un cheval a fait une embardée, effrayé par des jeunes faisant du break dance, et blessé plusieurs personnes. Les associations de défense des animaux réclament l'interdiction de ces calèches. On doit donc enquêter. Mais d’abord on s’arrête pour déjeuner dans un restaurant avec vue sur le parc. Mais, coup de téléphone. On oublie le cheval, Giuliani devrait faire une conférence de presse dans l’après-midi concernant son séjour à l’hôpital. Retour au bureau, tout le monde y va de son pronostic : il se retire de la campagne, c’est un coup de pub pour qu’on parle de lui, il est mort… Une heure plus tard, on voit Giuliani sortir de l’hôpital en live sur CNN. Il marche, regarde les journalistes, leur fait coucou avec un grand sourire puis s’engouffre dans une voiture noire et disparaît.
Tout ça pour ça !
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Vendredi 28 décembre 2007
par Kethou
Million dollar paper
 
            Apres une journée passée à ne rien faire, ma boss me dit avant de partir : « Tu devrais aller à la vente aux enchères de ce soir chez Sotheby’s avec James », mon collègue so british. La vente est à 19h00, j´ai un anniversaire à 20h00, et surtout ça veut dire que je dois rester au bureau jusqu’à 18h30. Mais bon pourquoi pas, je ne suis jamais allée à une vente aux enchères.
            Mais pour pouvoir admirer la Magna Carta ou Grande Charte, (un document juridique anglais du 13e siècle limitant les pouvoirs de la royauté, qui dit en gros que personne n´est au-dessus des lois, même pas le roi), il faut trouver un taxi. Et trouver un taxi en début de soirée à la sortie des bureaux, c´est mission impossible. Heureusement après 15 minutes à me geler dans la rue me voilà enfin bien au chaud dans un taxi à faire la conversation à James.
            Arrivée chez Sotheby’s, je me rends compte que mes collants sont filés ! C´est pas très chic, surtout quand on est entouré de vieux et de vieilles tirés à quatre épingles ( d’ailleurs ils sont aussi tirés au sens litéral). Heureusement que les journalistes sont là, en jean/basket. Mais l’ambiance reste très formelle. Heureusement que James est là pour me dire la phrase adéquate : « On va se prendre un petit verre de vin ? ». Il me félicite d'avoir su utiliser mes talents d'enquête journalistique pour trouver le bar. A peine le temps de savourer mon verre que c’est déjà l’heure. A 19h pétantes, tout le monde se tait.
            Le vice-président de Sotheby’s fait une petite présentation. « La Magna Carta, que peut on dire…12 million de dollars ». Il me faut quelques secondes pour comprendre qu’il vient de lancer la vente. Moins de 2 minutes plus tard la vente s’achève. Prix final $19 millions plus la marge de la maison : au final l’acheteur déboursera $21,3 millions…par téléphone.
            Il est 19h04, la vente est finie. Les invités restent pour faire des mondanités pendant que les journalistes se ruent sur le vice-président pour connaître l’identité de l’acheteur mais rien. Un des journalistes retardataires vient me voir me prenant pour une collègue, dupé par mon petit cahier sur lequel je note activement mes impressions, pour me demander si on connaît le nom de l’acheteur. J’ai l’impression de faire partie de la grande famille du journalisme ! Ah, les petits plaisirs d’une étudiante en journalisme.
            « L’acheteur est là ! », je sors de ma rêverie et je suis le troupeau pour enfin apercevoir celui qui vient d’acquérir ce morceau de papier historique. Il était peut-être caché dans la salle avec son portable ? On attend regroupés autour de l’objet sous verre, gardé par deux molosses en costards noirs. Mais toujours aucun signe de l’acheteur.
            Au cas où vous douteriez de ma réelle présence aux Etats-Unis la suite va vous convaincre. Deux bimbos peroxydées au teint orange posent devant la Magna Carta comme si elles étaient à coté de Brad Pitt !
            Et voilà, pendant que j’observait avec effarement ces deux blondes, je n’ai pas vu arriver l’acheteur à coté de moi, essayant de se frayer un passage. Tout le monde se tait en voyant David Rubenstein, un Américain qui a acheté ce document pour qu’il reste sur le sol américain, "là où il doit être", et pour faire "un cadeau aux citoyens américains" en le faisant exposer aux archives nationales à Washington. A la fin du discours, on applaudit, on siffle, bravo…on dirait qu’on est face à une rock star.
            Il est 19h30, c’est fini, je vais pouvoir rejoindre mes amis.
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Vendredi 28 décembre 2007
par Kethou
  Shopping
Premier jour de stage à New York. Bureaux de l’AFP, 47e rue & 3e avenue, 35e étage. A l’entrée, entre les deux portes tournantes, premier choc : la statue d’une femme nue qui tourne sur elle-même, genre blonde à forte poitrine, éclairée par un spot. Je me dis, sympa l’ambiance. Dans le hall, un gardien qui ne vérifie absolument pas qui je suis et se contente de me faire un grand sourire et de me demander « How are you doing today ? », ce qu’il fera tous les matins d’ailleurs. J’arrive enfin dans le bureau, deuxième choc : un petit bureau, ils sont quatre au « desk éco » et trois pour le reste, mais deux sont absents. Ma boss qui se retrouve donc seule pour tout gérer me dit : « Je dois faire un reportage sur les européens qui dépensent leurs euros à New York. Je vais faire la 5e avenue, tu veux venir ? ». Faire les magasins pour le boulot ?!! Mais bien sûr !
            Malgré le froid et le vent glacials, des milliers de touristes, les bras encombrés de paquets, inondent cette fameuse avenue, s’arrêtant devant les vitrines et prenant des photos. Et il y a de quoi faire. Le manège en or et diamants qui tourne dans la vitrine de Tiffany’s, le joaillier ; les dizaines de branches de sapins, guirlandes et faux paquets cadeaux cachant les échafaudages devant chez Cartier ; ou encore la chatoyante vitrine de FAO Schwartz, le grand magasin de jouet.
            Premier arrêt, LE Apple Store, face à Central Park, avec son cube en verre servant d’entrée à ce magasin souterrain, « la version américaine de la pyramide du Louvre », disent certains touristes. Du haut des escaliers transparents, le magasin grouille d’acheteurs potentiels, entre lesquels se faufilent pleins de T-shirt rouges, les vendeurs qui sont toujours là pour vous aider et surtout vous faire acheter. En l’espace de vingt minutes on croise des français, des espagnols, des anglais, des allemands,…Merci l’euro fort ! Federico Sanchez, un Madrilène de 25 ans dit être « ravi d’être dans la capitale du monde" mais surtout "de pouvoir faire des affaires ».
            Le deuxième magasin qui vaut le détour, c’est bien sûr Abercrombie & Fitch, la marque jeun’s branchée et surtout très chère. Mais pour rentrer il faut faire au moins 15 minutes de queue. Un couple d’Allemands nous demande pourquoi les gens attendent dehors. Quand on leur dit qu’il ne se passe rien de spécial, que c’est juste parce qu’il y a beaucoup de monde, Marcus n’en revient pas : « Je ne comprends pas pourquoi ces gens font la queue dans ce froid glacial alors qu’on peut acheter cette marque sur internet ! ». Mais je dois bien avouer que l’attente valait le coup. Quand on entre dans ce magasin, on se croirait dans une boîte de nuit! Musique techno assourdissante, lumières hyper tamisées, genre on ne voit presque pas les fringues, mais peu importe, l’intérêt c’est les vendeurs. Oui, ici les vendeurs et les vendeuses sont en réalité des mannequins ! Donc au lieu de regarder ce qu’il y a sur les cintres, je m’attarde sur les beaux mecs. Surtout celui dans l’entrée qui passe sa journée torse nu, à être pris en photos avec toutes les petites minettes qui passent, un peu comme les enfants avec Mickey à Disneyland. Bon, heureusement qu’il a une doudoune pour se réchauffer. Mais interdiction de la fermer, il faut qu’on voit les tablettes de chocolat !!!
            Une petite explosion dans les studios de la Fox nous force à couper court à notre virée. Actualité oblige, il faut rentrer au bureau. Au revoir Monsieur Muscle.
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Jeudi 27 décembre 2007
par Quentin
Aujourd’hui, j’ai rencontré Ségolène Royal ! Enfin, bien sûr, je n’étais pas tout seul. Le matin, son attaché de presse appelle Sud-Ouest pour signaler que « tiens tiens » Ségolène Royal est en vacances sur l’île d’Oléron et « tiens, tiens », elle visite à onze heures une ferme ostréicole. Ni une, ni deux, je pars avec un photographe rejoindre la journaliste Sud-Ouest de Rochefort.
    Début de la série 1be4, un événement, quatre textes. Ce soir, mode Sud-Ouest, le texte ne va pas être diffusé, c’était pour de faux (moi je n’écris que les compte-rendus de spectacles pour enfants), mais il a été validé par le rédac chef.
Demain, une autre version…...

  S--gol--ne.JPG  « Je suis venue voir les travailleurs  et les travailleuses. », a expliqué Ségolène Royal devant une ferme ostréicole de l’île d’Oléron qu’elle a visitée jeudi matin en compagnie de François Patsouris, président des conchyliculteurs de Charente-Maritime et vice-président (PS/RPG) du conseil régional de Poitou-Charentes. Alors que Nicolas Sarkozy fait la une de tous les journaux, Ségolène Royal voulait montrer sa différence. Le lieu choisi pour ses vacances était un symbole tout trouvé. L’île d’Oléron en hiver, c’est beaucoup moins glamour que Charm el Cheikh ! Certes, elle a écouté attentivement Benoît Massé, un des exploitants. Ce sont les fêtes, la période d’activité la plus importante pour l’ostréiculture et il s’est réjoui de son chiffre d’affaires après « une bonne année ».
    Mais les journalistes étaient surtout là pour entendre les réactions de la présidente PS du Conseil régional de Poitou-Charentes sur les vacances de Nicolas Sarkozy. Mercredi déjà, elle avait accusé le président français de « mettre en cause l’indépendance et la dignité de la fonction présidentielle. » « Dignité », c’est son nouveau mot fétiche. Dignité de la France, des gens, de la fonction présidentielle. Le terme reviendra tout au long de la visite.
     Elle a demandé au président de la République de « payer ses vacances lui-même puisque comme il a triplé son salaire (ndlr, +172%), il a les moyens ». Elle a appelé également le président à « s’occuper de nous » et « à tenir ses promesses, c'est-à-dire à être vraiment le président du pouvoir d’achat. »
    Un souci. « Comment retrouver la confiance dans les politiques ? » a-t-elle questionné, tout en ouvrant et dégustant quelques huîtres. Elle a concentré ses critiques sur l’amitié entre Nicolas Sarkozy et Vincent Bolloré, le riche homme d’affaires qui lui a prêté son jet privé. Pour Patrick Balkany, ami intime du chef de l’Etat, le groupe Bolloré ne dépend pas des contrats publics, donc il n’y a pas de conflits d’intérêts. Au contraire, pour Ségolène Royal, la forte présence de ce groupe dans les médias et en Afrique constitue un « souci».
       Le groupe Bolloré possède la chaîne de télé Direct 8 et les quotidiens gratuits Direct Soir et Matin Plus. Par ailleurs, il est présent dans la publicité avec des parts dans le groupe Havas, d
S2.JPGeuxième groupe publicitaire de France, et dans Aegis. Depuis 2006, il est entré dans le capital de l’Institut CSA, un des principaux instituts de sondage français, à hauteur de 44%. Sa présence en Afrique à travers la logistique de sites portuaires et celle de nombreux projets miniers et pétroliers, des secteurs hautement stratégiques, est à signaler.
       « Évidemment que Nicolas Sarkozy doit quelque chose à Bolloré, a expliqué Ségolène Royal, mais en même temps Bolloré ne va jamais dire du mal de lui dans ses journaux. » En visitant une petite entreprise, elle veut se montrer plus proche des gens que Nicolas Sarkozy. Déjà, lors des vacances de ce dernier sur un luxueux yacht à Malte, propriété de M. Bolloré, elle avait fait un tour « par hasard », comme elle l’a redit elle-même hier, sur un chalutier  de la Rochelle au nom prédestiné, « Les deux tours.» Pour continuer d’exister dans le paysage médiatique, Ségolène Royal a besoin de ces mises en scène calculées. Toutefois, « nous, nous ne sommes pas des people » a conclu François Patsouris.



PS : sur la première photo, Ségolène Royal et François Patsouris.
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