Enjoy ! :)
Sur le site de Télérama, une série d'articles intéressante sur le traitement du conflit au Tchad par les JT de France 2 et TF1...
http://television.telerama.fr/television/25120-le_tchad_dans_les_jt_les_ressortissants_vont_bien_merci.php
Bonne lecture
Nouvelle divagation à propos de journalisme : l'épisode 7 de la saison 1 des nouveaux Dr Who ! Mais qu'est-ce que c'est ? Dr Who est une série anglaise culte produite par la BBC depuis les années 1960. Après un arrêt, la production d'épisodes a repris en 2005 et vous
pouvez les voir en français toutes les semaines sur France 4, qui diffuse actuellement la troisième saison de ces nouveaux Dr Who. Le synopsis de base : le Docteur est un voyageur temporel,
son vaisseau (le TARDIS) a la forme d'une cabine téléphonique londonienne, et il a embarqué Rose, une humaine de notre époque, dans ses aventures. Bref, c'est tout à fait britannique, à la fois
drôle et bien foutu (c'est pas Julie Lescaut quoi).
Comment transmettre l’information ?
Grave question qui empêche de dormir la plupart de mes camarades de classe.
Certaines personnes sont plus imaginatives que d’autres. Comme ce site créé par trois graphistes allemands,
Falling Times.
« C’ est un générateur persistant de news, réduites à leurs titres ou à leur manchette,
auxquelles sont associées de façon aléatoire des icônes ou des portraits de personnalités politiques.
Sur un mode de bande dessinée, des dessins blancs sur fond noir, tombent du ciel. » (fluctua.net)
Je n’ai pas mieux pour la définition. Quand on clique sur un icône on est renvoyé à l’article en question aussi.
Fluctua dit que c’est de façon aléatoire, je ne pense pas. Des mots-clés doivent être préalablement prêts.
Quand l’article titre sur nucléaire, il y a toujours un icône nucléaire et quand c’est sur Sarkozy
et le sexe, on voit deux personnes qui font l’amour.
A visiter, si on est pas épileptique.
A quand une version de Boulevard117 avec les photos de chaque élève associées à ses articles ?
Plus il aurait publié d'articles, plus ses chevilles seraient grosses et à la fin, sa tête exploserait.
On parle fréquement, à propos du journalisme, de
quatrième pouvoir, qui viendrait s'ajouter aux trois autres pouvoirs bien connus depuis Montesquieu, à savoir le législatif, l'executif et le judiciaire. C'est un thème galvaudé, maintes
fois rebattu, sans cesse discuté. Pourtant, j'ai eu l'occasion d'en faire l'expérience concrète tout récemment, dans le cadre du stage hivernal que j'effectue ces jours-ci...
Cette épiphanie ne se suffit cependant pas à elle-même et il
convient de ne pas sombrer dans la béatitude ou l'arrogance. Il me semble que deux contrepoints méritent particulièrement d'être soulevés, pas bien originaux non plus par ailleurs. Premièrement :
avec ce pouvoir viennent des responsabilités particulières. Parceque le journaliste est puissant, parcequ'il a le pouvoir de détruire beaucoup de choses, il doit faire particulièrement attention.
C'est une règle de base de la déontologie, je ne développe pas. Deuxièmement, plus intéressant : avec ce pouvoir viennent les emmerdes. Parceque le journaliste est puissant, parcequ'il détient un
pouvoir, d'autres acteurs -détenteurs ou aspirant à détenir un pouvoir- vont chercher à le lui ravir, ou du moins à le diminuer. L'histoire de la censure est aussi longue que celle de la presse,
et Reporters Sans Frontières ne cesse de rappeller, avec son baromètre annuel, que la situation des journalistes dans le monde n'est
pas toujours joyeuse : de l'emprisonnement à l'assassinat en passant par l'enlèvement. Et n'allons pas croire que tout va pour le mieux dans nos contrées pacifiées : les méthodes sont moins
violentes, mais la volonté de contrôle est bien la même.
Le journaliste, à l'instar de nombreuses autres professions (telles que l'agent secret, le mafioso ou la prostituée), a nourri l'imaginaire de nombreux auteurs à travers les âges,
aussi bien sur papier qu'à l'écran, et notamment en bandes dessinées. A l'approche des fêtes de fin d'année, pour changer un peu des sujets polémiques de cette rubrique, voici un petit guide tout
à fait subjectif de bandes dessinées ayant trait, de près ou de loin, au journalisme, à offrir ou à se faire offrir.
Commençons par l'incontournable
Tintin, qui cumule le double avantage d'être le reporter et le personnage de bande dessinée le plus connu dans le monde. Il a fait rêver des millions d'enfants à
travers ses voyages et ses aventures, et suscité plus d'une vocation de journaliste. Soulignons d'ailleurs qu'hormis de rares exceptions, on ne le voit quasimment jamais faire son
boulot de reporter. Pour ceux qui ont déjà tous les albums ou qui cherchent un beau cadeau, les éditions Casterman ont eu la bonne idée de ressortir depuis peu des fac-simile des anciennes
éditions des premiers albums. A ne pas manquer (antisémitisme, racisme et anticommunisme une fois mis de côté).
On retrouve aussi beaucoup de héros-journalistes dans la bande dessinée populaire américaine. Impossible de ne pas évoquer Peter Parker (alias Spiderman), photo reporter au Daily
Bugle quand il ne saute pas d'immeubles en immeubles dans un costume ridicule. Non moins ridicule, le costume moule-boule de Superman (alias Clark Kent), qui est à la ville
journaliste au Daily Planet de Metropolis. Le métier de journaliste est là aussi plus un prétexte qu'autre chose, même si dans les créations les plus récentes cet aspect des personnages est un
peu plus exploré.
Plus intéressants, les personnages de Ben Urich et Sally Floyd, qui officient respectivement au Daily Bugle et à The Alternative. Le premier est un personnage
récurrent des comics Spiderman et Daredevil, journaliste d'investigation rodé et solitaire (et un peu loser façon Woody Allen). La seconde est une jeune et pimpante journaliste, un poil
idéaliste. On les retrouve tous les deux dans la série de comics Civil War, sortie l'année dernière, et qui raconte la guerre civile (sans blague) entre superhéros après que
le gouvernement américain ait passé une loi de sécurité intérieure obligeant les vengeurs masqués à se découvrir. Les pro-gouvernement sont menés par Iron Man et affrontent les anti-gouvernement
emmenés par... Captain America. Je posterai de toutes façons quelques pages de ce comic tout bientôt.
Pour finir avec
les comics, citons le remarquable DMZ, dont le personnage principal, Matthew Roth, est lui aussi journaliste. "DMZ" pour De-Militarized Zone, ainsi que l'on
nomme Manhattan depuis quelle se trouve au coeur d'une guerre civile (décidemment) américaine, qui l'a complètement dévastée - genre Sarajevo en 1993 c'est rien à côté. Notre joyeux journaliste
novice se retrouve parachuté au beau milieu de cette jungle urbaine où snipers et attentats sont le lot quotidien des habitants de la zone. Et peu à peu, il apprend sur le tas son métier, se
met à faire des reportages, devient une figure reconnue, d'autant plus facilement qu'il est le seul journaliste sur place. C'est très bien réalisé graphiquement et remarquablement
écrit.
Revenons à la bande dessinée européenne, avec la sortie de Chroniques Birmanes, de Guy Delisle. L'auteur n'est pas journaliste, mais peut y être assimilé tant ses
récits autobiographiques sont comme de grands reportages édifiants. Guy Delisle n'en est en effet pas à son coup d'essai, puisqu'il a déjà pu raconter avec
Shenzen et Pyongyang l'expérience de deux autres dictatures asiatiques. A chaque fois, il raconte dans un style graphique simple et d'une écriture légère et
pertinente ses voyages dans des pays encore trop méconnus. Bref, c'est vraiment bien !
Dans la même
veine de ce que l'on commence à appeler le "journalisme de bandes dessinées", citons l'excellent Etienne Davodeau, qui s'est fait une spécialité des albums-reportages en province, avec des vrais
gens. Dans Rural ! il nous raconte l'histoire d'un groupe de jeunes agriculteurs du Maine qui décident de se convertir à l'agriculture biologique et responsable, alors
qu'une autoroute est en construction dans la région. Les Mauvaises Gens est consacré au passé militant et syndical de toute une génération d'habitants des Mauges, région très
traditionnelle comme on peut en trouver à l'ouest. Enfin on ne saurait que trop conseiller Un Homme est Mort, récit en collaboration avec Kris, à la précision
journalistique admirable, de la mort d'un militant méconnu lors des grandes grèves de Brest dans les années 50.
Pour finir, évoquons Le Photographe, bande dessinée de Guibert déclinée en trois tomes se basant sur les photographies de Didier Lefèvre, photo reporter en Afghanistan, décédé
cette année. Le dessin est épuré, le propos est particuièrement saisissant, la série récompensée cette année à Angoulème. Et surtout, je compte sur vous pour ajouter de nombreuses
autres bandes dessinées à cette liste, de Ric Hochet à Fantasio, les journalistes dessinés ne manquent pas !
Il y a trois semaines, en stage d'observation chez Gamma ("Dites bonjour! C'est Cécile, elle fait un stage de 3ème mais elle est à Sciences-Po!"), ils ont eu la gentillesse de m'envoyer suivre des photographes.
Mercredi 28 novembre, j'étais donc dans la cour de l'Elysée, derrière le cordon de sécurité qui parque les photographes (beaucoup plus de place qu'à l'avant première de Bee movie d'ailleurs)
Extraits:
Un groupe de quatre photographes assez jeunes s'ennuient (pas d'action entre 8h et 9h30 à l'Elysée), ça donne:
- Alors il sort avec Ferrari?
- Mais pas du tout il sort avec Dati! Nan attends je t'explique, vous avez vu cette image de Dati je sais plus où, ils étaient tous en costumes noirs et BAM Dati en rouge: Elle porte une petite robe rouge, c'est un signe, elle sort avec le président! En plus, elle a un prénom en "a"...
Deux mètres plus loin, les blagues fusent:
- Ma grand-mère a raté une marche!
- J'ai raté ma mayo!
- Pas de problème! J'appelle tout de suite le président!
Dans un coin, ça discute sec de l'annonce de Sarkozy "Ces jeunes [ceux qui ont tiré sur des policiers après les évènements de Villiers-Le-Bel) iront aux Assises!"
- Oui bon c'est un effet d'annonce, mais en même temps c'est l'évidence qu'ils vont aller aux Assises
- Seulement si c'est une tentative de meurtre
- Tirer sur quelqun avec un fusil à pompe c'est un peu une tentative de meurtre non?
Pendant ce temps-là, ceux qui ont suivi Sarkozy en Chine racontent leurs problèmes
- Le truc avec les Chinois, c'est que pour eux le contact c'est à 10 mètres, ils comprennent pas qu'on veuille être plus près. Du coup à la sortie du premier discours c'était chaud y a eu de la bousculade, y a même eu une fille de BFM qui s'est pris un taquet!
Et là, enfin, Sarkozy et les ministres arrivent. Le président en premier, mais pas avant que son équipe de sécurité s'approche de nous et lâche "Pas d'images! Pour Sarkozy pas d'images!". Les photographes et les cameramen regardent passer Sarkozy d'un air de quoi le fuck. Sarko fait coucou, réalise qu'il y a un truc étrange, ressort des portes de l'Elysée en levant la tête genre qu'est-ce qui se passe vous prenez pas ma photo? et les journalistes de montrer leur appareil puis l'équipe de sécurité. Sarko ne comprend rien mais il est pressé, il refait coucou et s'en va.
Cinq minutes plus tard c'est la révolution, jusqu'à ce qu'on apprenne l'erreur de communication: on avait dit "pas de direct, pas de plateau" et non pas "pas d'images". L'équipe de com' est pas contente fachée tout rouge contre la sécurité...
Fillon, Boutin, montent les marches après un petit salut, et là arrive Amara qui fonce droit devant. Les journalistes: "Bonjour! Bonjour! .... Aaah... Pas bonjour."
Dati enchaîne (pas en petite robe rouge = sort pas avec le président!) "Bonjour! Boooonjour! ... Au rvoir..."
Et là débarque MAM, comme une reine, à pied. Elle s'est faite lacher par son chauffeur devant la cour histoire de montrer qu'elle est vachement open aux médias, pas comme ses collègues. Les journalistes la hèlent "Un petit mot madame Alliot-Marie!" et elle de répondre "Je vous en ai dit plein des mots, hier soir, cette nuit, ce matin!".
Plus tard ressortiront les familles des deux jeunes morts à Villiers-Le-Bel. L'air paumé, ils s'arrêteront quand même pour les journalistes, mais leur avocat parlera pour eux.
10h30: frigorifiée, je ne sens plus mes doigts de pied. Le photographe de Gamma me dit de filer avec ses cartes mémoires, lui attendra le conseil des ministres. Je repars récupérer ma carte d'identité à l'entrée, dommage, j'aurais bien gardé le badge "visiteur". J'aurais surtout aimé rentrer dans l'Elysée, mais ça c'est juste pas possible. Les journalistes eux même ne peuvent pas tous rentrer ils sont obligés de s'organiser en pool. Pour oublier le froid les journalistes papotent, sautent sur place, s'échangent des conseils techniques, tapent la discute aux gens de la com' et à David Martinon, et me draguent (Je t'ai vu vieux beau de France Inter avec tes cheveux poivre et sel et tes yeux bleus!).

Commentaires récents